La loi antitabac s'applique partout

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<p>Michel Corbeil</p>

Députés et attachés politiques qui fument seront désormais privés de leur plaisir coupable de griller une cigarette aux portes de l'Assemblée nationale.

Un des nouveaux éléments de la législation bannit l'usage du tabac à moins de neuf mètres d'un édifice public, dont celui de l'auguste enceinte où siègent les élus.

Au point de presse pour souligner la fin du débat parlementaire, la ministre Lucie Charlebois a confirmé en souriant que l'interdit s'appliquera à ses collègues fumeurs. «Je les taquine depuis un certain temps» quand elle les croise, agglutinés à l'entrée de la porte no6 du Parlement, à tirer une bouffée de nicotine.

«Mais je n'ai pas de commentaire ni positif ni négatif», a poursuivi la ministre déléguée à la Santé publique. «Tout le monde fait des sourires. Tout le monde est prêt à aller fumer plus loin.»

Les abonnés de la porte6 bénéficient cependant d'un délai de grâce. L'interdit ne prendra effet que dans 12 mois.

Il aura fallu attendre 10 ans pour réaliser une refonte qui aurait dû se produire en 2010. En matinée, la loi a été endossée à l'unanimité par l'Assemblée nationale. Les 118 députés présents - libéraux, péquistes, caquistes et solidaires - se sont levés en chambre à tour de rôle pour signifier leur accord.

Les groupes de santé qui font pression depuis des mois pour durcir la lutte contre le tabagisme n'ont pas manqué d'applaudir la ministre Charlebois, lorsqu'elle s'est présentée devant les journalistes. Flory Doucas, de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, a dû réfléchir un moment avant de dire ce qu'il manque à la réforme.

«L'interdiction de fumer en tout temps dans les garderies en milieu familial, c'est avec un peu de regret que cela n'a pas passé l'étape de l'étude détaillée [du projet législatif]. Ceci dit, les projets de loi ont toujours fait l'objet de compromis. Dans ce cas-ci, nous n'avons pas fait beaucoup de compromis.»

Lucie Charlebois a affirmé que la mouture 2015 d'une législation d'abord mise en vigueur en 1998 en fait une des lois du genre «les plus avancées au monde». Elle ne doute pas de l'acceptabilité sociale de cette avancée. Elle s'est notamment promenée sur les terrasses de restaurants, où il sera interdit de fumer dans six mois, et «j'ai été étonnée de voir à quel point les citoyens sont prêts» à se conformer à la nouvelle règle.

Mme Charlebois s'est montrée convaincue que la loi passera le test des tribunaux, si les fabricants de cigarettes s'avisent de la contester. La ministre n'a pas voulu se prononcer si elle demandera à la Caisse de dépôt et placement du Québec de se départir de ses actions dans les compagnies de tabac, comme le stipule un traité international auquel son gouvernement souscrit. «Cette problématique ne relève pas de mon ministère», a-t-elle répondu en renvoyant la balle au ministre des Finances Carlos Leit‹ão.

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