Service pour aînés SMA3D : l'hôpital à la maison

Selon la Dre Debora Andriuk, coordonnatrice de l'équipe... (Janick Marois)

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Selon la Dre Debora Andriuk, coordonnatrice de l'équipe SMA3D, le concept devrait faire des petits ailleurs au Québec à moyen terme.

Janick Marois

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Cowansville) Prévenir les visites à l'urgence et les hospitalisations de personnes âgées en perte d'autonomie n'est pas une mince tâche. Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie a trouvé un filon en mettant sur pied le projet SMA3D (soins médicaux aigus pour aînés à domicile). L'initiative a été lancée officiellement, jeudi, sur le territoire desservi par l'hôpital Brome-Missisquoi-Perkins (BMP).

«L'idée de base de SMA3D, c'est de donner aux patients le service de soins à domicile sur une courte période. Dans un premier temps pour désengorger l'urgence, mais aussi pour supporter et rassurer les proches aidants. C'est donc une question d'être efficaces en coordonnant le personnel médical au bon endroit au bon moment», a indiqué en entrevue le Dr Denis Lesieur, un des initiateurs du projet.

En fait, la démarche a pris naissance sous forme de projet pilote sur le territoire de l'ancien CSSS La Pommeraie. Ainsi, du 17 décembre 2012 au 24 août 2013, 81 usagers ont été pris en charge par l'équipe multidisciplinaire, composée d'infirmières, de médecins, d'inhalothérapeutes et de physiothérapeutes. Plus de 500 visites à domicile ont eu lieu au cours de cette période et 89 % des patients ont été vus le jour même. La durée moyenne des interventions était de 30 minutes. Une subvention de 50 000$ avait été octroyée par le ministère de la Santé pour orchestrer le service.

Rentabilité

Malgré les compressions budgétaires dans le réseau de la santé, l'initiative, un amalgame de pratiques éprouvées tant aux États-Unis qu'en Ontario, a été reconduite en raison du franc succès qu'elle a connu durant la période d'essai. D'ailleurs, ceux qui ont chapeauté le projet pilote ont calculé que la démarche est rentable dès que six hospitalisations sont évitées, a mentionné en point de presse la Dre Debora Andriuk, coordonnatrice de l'équipe SMA3D. «Ce qui est offert, c'est un peu comme l'hôpital à la maison», a-t-elle illustré.

Michèle Bernier a pris part au programme SMA3D en tant que proche aidante auprès de sa mère. Selon elle, l'initiative a fait «toute la différence» pour le maintien à domicile de celle dont elle prenait soin. «Ma petite maman vient d'avoir 98 ans. Il y a deux ans, elle a été inscrite au projet pilote. Tout à coup, les problèmes ont commencé à la maison, s'est-elle remémoré. Elle avait de la difficulté à respirer. Elle avait mal. J'essayais de la calmer tant bien que mal. Je ne savais plus quoi faire. Normalement, j'aurais appelé l'ambulance pour l'amener à l'hôpital. Comme ma mère était dans le programme, en 45 minutes une infirmière était auprès d'elle. Peu de temps après, le médecin est arrivé. Ils ont fait un suivi durant cinq à six jours. Vraiment, je leur lève mon chapeau.»

Clientèle

Le programme SMA3D s'adresse principalement aux personnes de 75 ans et plus en perte d'autonomie, ne pouvant avoir accès à leur docteur. Ceci dans un délai de 24 heures. Les référencements se font notamment par l'entremise du médecin de famille, à l'urgence ainsi que par les infirmières. Sept docteurs assurent le service sept jours sur sept. Pour ce faire, chacun d'eux réserve une plage horaire hebdomadaire d'environ une demi-journée au programme. Mme Andriuk estime par ailleurs qu'une douzaine de patients pourront être pris en charge chaque semaine. «SMA3D permet de faire des économies [pour l'hôpital], a-t-elle fait valoir. Je suis certaine que c'est un modèle qui est reproductible dans plusieurs régions du Québec.»

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