Transport interurbain dans Brome-Missisquoi : trois arrêts pourraient être retirés

Un avis de modification d'horaire touchant les points... (photo archives La Voix de l'Est)

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Un avis de modification d'horaire touchant les points de service de Ski Sutton, du Dépanneur Rouge de Lac-Brome et de la Tabagie Super Club Vidéotron de Farnham a été affiché entre le 12 et le 22 novembre derniers.

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Sutton) Limocar souhaite supprimer dès janvier ses points de service de Farnham, de Lac-Brome et de Ski Sutton. Le tout dépendra toutefois de la Commission des transports du Québec (CTQ).

La ligne locale de Limocar relie Sherbrooke à Montréal. Dans la région, elle compte des arrêts à Rougemont, Saint-Césaire, Saint-Paul-d'Abbotsford, Granby, Bromont, Waterloo, Stukely-Sud et Eastman, entre autres.

Une boucle relie aussi Granby à la sortie 74 de l'autoroute 10, à Bromont, Farnham, Cowansville, Ange-Gardien, Sutton et Knowlton. C'est ce second trajet qui pourrait être amputé de trois arrêts.

Un avis de modification d'horaire touchant les points de service de Ski Sutton, du Dépanneur Rouge de Lac-Brome et de la Tabagie Super Club Vidéotron de Farnham a été affiché entre le 12 et le 22 novembre derniers. Selon le document, dont La Voix de l'Est a obtenu copie, la suppression de ces arrêts sur le parcours qui sillonne Brome-Missisquoi pourrait entrer en vigueur dès le 9 janvier, si la commission donne son aval.

La demande de modification sera acheminée à la Commission des transports du Québec au cours des prochains jours, si ce n'est pas déjà fait, a fait savoir Dominique Lemay, responsable des relations avec les médias chez Transdev, la compagnie qui possède Limocar.

La requête n'était toutefois pas parvenue à l'organisme en date de mercredi, a indiqué Guy Mailhot, responsable des communications à la CTQ. Celui-ci juge la date du 9 janvier «très hâtive» pour la mise en service du nouveau parcours, mais pas impossible. «Dans le cas de la suppression partielle ou totale d'un service, il doit y avoir un avis public de notre côté qui permet aux gens et aux organisations de nous envoyer dans les 10 jours leurs observations sur le sujet. Ensuite, on détermine une date d'audience publique, et une décision est rendue par la suite», explique-t-il.

Faible achalandage

Le coût du service et le faible achalandage à certains de ces arrêts peuvent expliquer la décision de Limocar, explique par ailleurs M. Lemay. «Toute l'industrie du transport interurbain se trouve un peu dans la même situation difficile, notamment avec la compétition du covoiturage, détaille le porte-parole. Dans les dernières années, notre stratégie a été d'augmenter le service, mais ça n'a pas eu le succès escompté.»

«À Sutton, il y a un autre arrêt, qu'on ne touche pas. À Lac-Brome, on pense qu'il y a une moyenne de six clients par mois. Il y en a un peu plus à Farnham, environ une soixantaine, reconnaît-il ensuite, ce qui a rendu la décision plus difficile. Mais pour assurer la pérennité de la ligne - parce que c'est notre intention de la maintenir -, il a fallu prendre les décisions qui s'imposaient.»

Tous les autres arrêts de la boucle seront maintenus, confirme-t-il. «Sur ce tronçon-là, ça s'arrête là.»

Aucune hausse de tarifs n'est en vue l'an prochain, assure-t-on également. «L'an passé, on a ajusté les prix pour qu'ils soient comparables d'une destination à l'autre, mais on prévoit garder les tarifs tels quels pour 2016», note M. Lemay.

Peu d'impact pourles commerçants

Jean-François Malette, propriétaire du Dépanneur Rouge, un terminus servant aussi de point d'expédition de colis, se dit partagé devant cette probable interruption de service. «C'est vrai que ça a baissé, que ce n'est plus rentable, mais on continue de recevoir beaucoup de colis. On en envoie au moins un chaque jour. Ce qu'il faut se demander, c'est si [l'enjeu] est une question économique, ou de rendre service à la population», note l'homme d'affaires qui relève que déjà, certains arrêts avaient été retirés du parcours au fil du temps, comme celui de Mansonville.

Si la Commission des transports du Québec approuve l'interruption de services, cela ne mettrait pas significativement à mal son entreprise. «Je perdrais des sous, je n'aurais plus de colis, mais personne ici ne perdrait son emploi et l'impact économique ne serait pas énorme, reconnaît-il. C'est une décision d'affaires que je peux comprendre, mais il faut garder en tête qu'il y a des gens qui voudraient garder le service.»

Même son de cloche du côté de Mario St-Pierre, propriétaire de la tabagie de Farnham. «Ça n'aura pas d'impact pour nous. Déjà, avec le changement d'horaire, avec l'autobus qui part en fin d'avant-midi, plus personne ne prend l'autobus, ou presque», note celui qui affirme ne pas avoir été avisé par Limocar à propos des changements au parcours.

Le commerçant déplore cependant l'effet que la suppression de son arrêt pourrait avoir à plus long terme. «Il y a déjà des gens qui sont obligés d'aller à Ange-Gardien pour prendre l'autobus, à cause de l'horaire. Il y en a même qui doivent prendre le taxi, et ça leur coûte très cher, croit-il. Si on veut que la ville se développe, il ne faut pas perdre les services qu'on a déjà, parce qu'on ne sera plus capables de les ravoir.»

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