Ponceaux de l'Estrie dans le rapport Charbonneau

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«L'impact général des méthodes adoptées par les Ponceaux de l'Estrie n'est pas négligeable. Pendant des mois, voie des années, personne ne veut plus vendre de ponceaux, ne veut plus soumissionner pour concurrencer l'entreprise délinquante», décrit la juge France Charbonneau.

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(Shefford) La série d'incendies criminels dans des entreprises de ponceaux en Estrie autour de 2010 occupe une place dans le volumineux rapport de la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction.

La commissaire France Charbonneau fait état des conséquences du stratagème mis en place par Raymond Coulombe où Les Ponceaux de l'Estrie, à Stukely-Sud, voulait garder le contrôle de ce domaine dans l'objectif de camoufler leurs activités criminelles de trafic de stupéfiants.

«Une entreprise qui avait subi pour près d'un million de dollars de dégâts a vu ses primes d'assurances augmenter fortement. Pendant des mois, plus personne ne voulait soumissionner pour concurrencer l'entreprise délinquante», explique la commissaire Charbonneau dans les faits saillants du chapitre 11 de son rapport intituléAutres organisations criminelles.

Jocelyn Anctil, du Groupe Anctil de Saint-Denis-de-Brompton, avait été appelé à la barre de la commission Charbonneau à l'automne 2013 pour faire état des conséquences sur ses trois commerces lorsqu'il a pris de l'expansion dans le commerce de la vente de ponceaux.

La juge relate les épisodes où les commerces de Jocelyn Anctil sont la proie des flammes.

«L'impact général des méthodes adoptées par les Ponceaux de l'Estrie n'est pas négligeable. Pendant des mois, voire des années, personne ne veut plus vendre de ponceaux, ne veut plus soumissionner pour concurrencer l'entreprise délinquante», décrit la juge Charbonneau.

Opération Hégémonie

Le groupe de Ray Coulombe a été arrêté et condamné dans le cadre de l'opération Hégémonie réalisée en juin 2011. L'enquêteur Stéphane Viens de la SQ s'était rendu témoigner devant la commission en septembre 2013 à ce sujet.

Se basant sur le témoignage de Jocelyn Anctil, la commissaire rappelle que l'impact est «beaucoup plus important» pour cette entreprise.

«L'ensemble des pertes frôle le million de dollars. Il a fallu notamment déplacer certains stocks d'une entreprise à une autre, payer des services de sécurité pour surveiller tous les magasins et engager des enquêteurs privés. M. Anctil et des membres de sa famille ont eux-mêmes passé des nuits entières à surveiller leurs installations. Certains employés consacraient à un moment, tout leur temps à l'enquête», relate la commissaire France Charbonneau.

À cette époque, les entreprises du groupe Anctil ont choisi délibérément de soumissionner trop haut sur plusieurs contrats de crainte de représailles de la part des dirigeants des Ponceaux de l'Estrie.

«(...) Ce qui les a forcées à mettre fin à l'emploi de vendeurs désormais inutiles (...) La principale conséquence est cependant reliée aux assurances», indique France Charbonneau.

Survie en péril

Cette situation a mis en péril la survie du Groupe Anctil.

«Son assureur a finalement accepté de l'assurer une année supplémentaire considérant l'engagement pris par le courtier et l'état d'avancement de l'enquête policière. Une hausse de primes de 25 pour cent a toutefois été imposée. L'entreprise n'aurait probablement pas eu cette chance si elle n'avait pas existé depuis aussi longtemps et n'avait pas eu les reins aussi solides», estime la commissaire France Charbonneau dans le rapport publié mardi.

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