«Si on vient au Québec, on veut s'établir à Bromont»

Si 2050 Motors choisit l'ancienne usine de Hyundai... (photo Alain Dion)

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Si 2050 Motors choisit l'ancienne usine de Hyundai pour assembler deux véhicules électriques, la production pourrait débuter dès 2016.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) Une partie de l'ancienne usine Hyundai de Bromont pourrait reprendre sa vocation première, a appris La Voix de l'Est. En effet, 2050 Motors, une firme américaine spécialisée dans le créneau des véhicules électriques, envisage de s'établir dans le vaste bâtiment pour desservir le marché canadien avec deux de ses modèles. Les dirigeants de la compagnie de Las Vegas ont visité l'endroit, vendredi, avec des représentants d'Investissement Québec.

Le Plan d'électrification des transports, lancé en octobre par Québec, n'a pas tardé à avoir des échos chez nos voisins du Sud. L'initiative prévoit que 100 000 véhicules électriques ou hybrides rechargeables sillonneront les routes de la province d'ici 2020. Une véritable manne pour une entreprise comme 2050 Motors.

L'Association des véhicules électriques du Québec (AVÉQ) a évoqué, via son site web, le passage des dirigeants de la compagnie américaine à Bromont. La porte-parole d'Investissement Québec, Chantal Corbeil, a confirmé au journal que ceux-ci ont pris part à une visite de deux jours en sol québécois, soit jeudi et vendredi.

«Dans son rôle de prospection internationale, Investissement Québec accueille des entreprises étrangères pour leur montrer des sites potentiels. C'est le cas avec 2050 Motors. On leur a fait entre autres rencontrer des gens au gouvernement et à l'Institut du véhicule innovant (Saint-Jérôme), a-t-elle indiqué. Pour la compagnie, le site de l'ancienne usine Hyundai était potentiellement le plus propice à leurs activités.»

Selon Mme Corbeil, ni Investissement Québec ni la compagnie américaine n'ont dévoilé leur jeu pour le moment. «2050 Motors est en train de regarder des sites pour l'assemblage de ses voitures en Amérique du Nord. C'est très préliminaire. Ils ne nous ont pas encore posé de questions à propos du financement. Et nous n'avons pas vu non plus leur plan d'affaires», a-t-elle précisé.

De son côté, le porte-parole de l'AVÉQ, Robert Dupuis, voit dans la possible venue de 2050 Motors à Bromont une «formidable nouvelle». «Au Québec, on n'a pas nécessairement un problème d'achat de véhicules électriques, mais plutôt d'offre dans ce créneau. Les gens attendent souvent longtemps pour avoir leur voiture [chez les concessionnaires]. Un nouveau joueur viendrait changer la donne», a-t-il soutenu.

De plus, ce dernier a indiqué que la moitié des véhicules électriques au Canada sont au Québec, soit près de 7300 en circulation.

Opération séduction

Bien que le dossier en soit à ses balbutiements, l'opération séduction a porté ses fruits. «L'usine Hyundai est magnifique, a mentionné en entrevue George Hedrick, vice-président des opérations pour l'Amérique du Nord chez 2050 Motors. On a beaucoup de projets. Si on vient au Québec, on veut s'établir à Bromont. La situation [géographique] est idéale. Ce n'est pas très loin de Montréal sans avoir tout le trafic. Et la province est très intéressée par les véhicules électriques.»

La compagnie du Nevada pourrait assembler deux véhicules du constructeur chinois Jiangsu Aoxin New Energy, dont elle a les droits exclusifs en Amérique du Nord, dans l'usine de plus d'un million de pieds carrés qu'a quittée Hyundai en 1994. La première est la e-GO Electric Vehicle (EV), une petite citadine qui, au premier coup d'oeil, ressemble à la Scion IQ. Ce poids plume - elle est sous la barre des 680 kg - mise également sur son autonomie (320 km selon le fabricant) pour concurrencer la Nissan Leaf et la Mistsubishi I-Miev, entre autres. La seconde est la Axion Ibis, une berline de 1830 kg. Avec une autonomie estimée à près de 500 kilomètres, 2050 Motors veut rivaliser avec les ténors dans la catégorie. «La Ibis est semblable à la Tesla, mais elle est beaucoup moins dispendieuse (environ 50 000$ US) à cause des nouveaux procédés de fabrication de fibre de carbone», a indiqué M. Hedrick. D'ailleurs, le châssis des deux voitures de 2050 Motors est un amalgame de carbone et d'aluminium. Les motorisations du duo tout électrique sont alimentées par des blocs de piles au lithium. Une troisième voiture électrique à vocation plus sportive serait aussi dans les cartons. «Elle pourrait sortir deux ou trois ans [après le début de la production]», a précisé M. Hedrick.

Création d'emplois

La direction de 2050 Motors estime entre 150 000 à 200 000 pieds carrés l'espace requis dans le bâtiment du 88, boulevard de l'Aéroport, pour l'assemblage des deux véhicules. «L'endroit nous permettrait aussi d'avoir l'espace de stationnement pour nos voitures et y aménager une piste d'essai», a fait valoir le vice-président des opérations. Rappelons que le fabricant d'armoires de cuisine et de salles de bain Fabritec occupe déjà près du tiers de la superficie totale de l'usine.

M. Hedrick estime que l'entreprise pourrait employer environ 200 personnes ici dès la première année de production, qui pourrait démarrer dès 2016. Les véhicules assemblés à Bromont seraient destinés au marché canadien. Les États-Unis seraient desservis par une usine de Las Vegas. La compagnie compte présenter ses modèles à l'Electric Vehicle Symposium à Montréal, du 18 au 22 juin 2016.

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