Projet d'accompagnement des familles syriennes

Jean-Luc Pitre, directeur de l'école primaire Eurêka, veut... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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Jean-Luc Pitre, directeur de l'école primaire Eurêka, veut recruter des familles prêtes à accompagner les réfugiés syriens qui arriveront bientôt à Granby.

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) «Ça doit être absolument effrayant d'arriver dans un autre milieu. Ne pouvons-nous pas être accueillants? Je pense que c'est important dans la vie de donner de la façon dont nous, on aimerait recevoir.» Jean-Luc Pitre s'est donné une mission. Le directeur de l'école primaire Eurêka, à Granby, veut créer un mouvement de familles québécoises prêtes à aider les réfugiés syriens à s'intégrer dans leur nouvelle communauté.

Fort de trois expériences de jumelage avec des familles congolaise, iranienne et camerounaise nouvellement arrivées à Granby, il veut donner de son temps différemment à Solidarité ethnique régionale de la Yamaska (SERY) afin de l'aider dans l'accueil de 100 Syriens. «Mon cadeau de bénévole que je veux faire avec SERY, c'est de vendre mon modèle d'accompagnement, de jumelage, à d'autres personnes pour leur donner le goût à elles aussi de faire ça», explique-t-il.

Loin du parrainage, le jumelage entre deux familles n'implique pas de recueillir chez soi les nouveaux arrivants et l'accompagnateur n'est pas responsable de la famille financièrement.

Il s'agit plutôt de les aider à s'installer dans leur propre maison, leur propre appartement, en trouvant des meubles à donner, des outils pour la cuisine, des vêtements pour les saisons du Québec, mais aussi en leur faisant connaître la culture d'ici. On parle d'un engagement d'un an, mais l'amitié qui en résulte n'a pas de limite.

Découvrir Granby

Ayant lui-même aidé trois familles, Jean-Luc Pitre raconte avoir branché leur sécheuse, leur avoir montré à faire une brassée de lavage, avoir réglé des problèmes de facturation du téléphone. Le travail consiste aussi à leur faire découvrir Granby et la région comme la piscine, la plage, les sentiers du Boisé Miner, les activités d'hiver et même les magasins et supermarchés. Mais attention: rien qui touche la paperasse légale. «Tout ce qui est revenu, ressources, passeport, tout le contexte légal, ce n'est pas notre job», dit-il, laissant ce soin à SERY.

«C'est des petits pas qu'on fait pour avoir une meilleure société où vivre ensemble, pour essayer d'éviter que la société dans laquelle on vit ait encore du racisme, parce que c'est quelque chose que je trouve aberrant», ajoute le directeur d'école. Déjà, cinq personnes avaient signifié lundi à M. Pitre un intérêt sérieux pour le projet de jumelage. Et depuis dimanche soir, la directrice générale de SERY, Joanne Ouellette, a recueilli une cinquantaine de noms.

Dans deux ou trois semaines, M. Pitre et Mme Ouellette organiseront une rencontre d'information pour présenter les tenants et aboutissants du projet. Il suffit d'avoir du temps pour aider ces Syriens, et de la débrouillardise pour communiquer, comme ce peuple parle l'arabe.

S'investir dans la communauté

Lorsqu'il était directeur de l'école de l'Assomption, Jean-Luc Pitre a voulu montrer à ses enfants que dans la vie, il faut s'investir. Il l'a fait en donnant l'exemple. Pour compléter son engagement dans sa communauté, il a présenté à SERY un programme de jumelage. Sa famille a vécu sa première expérience avec des Congolais, en décembre 2010.

«Quand je les ai rencontrés, la maman allaitait couchée sur le plancher du salon parce qu'il n'y avait pratiquement pas de meubles, raconte-t-il. Elle était bien contente quand même, mais quand j'ai vu c'était quoi arriver au Québec, on a mis nos contacts en marche pour trouver beaucoup de vêtements et du mobilier pendant le premier mois.»

Comme ils étaient arrivés en décembre, la famille de M. Pitre a invité ses nouveaux amis au réveillon de Noël. «Ça adonnait bien: cette année-là, on avait eu une bonne bordée de neige. On a pu aller glisser avec les enfants.» Il a par ailleurs aidé le père de famille à apprendre à conduire.

Leur plus jeune fille, née au Québec, porte comme deuxième prénom le nom de famille de M. Pitre, en guise de remerciement. Un geste qui l'a beaucoup ému.

Barrière de la langue

Jean-Luc Pitre a connu pour la première fois la barrière de la langue avec la deuxième famille, d'origine iranienne. Un interprète assistait à la première rencontre, mais les familles ont dû rapidement faire preuve d'imagination pour arriver à communiquer.

«On a beaucoup utilisé Google, pour les images, les traductions, les vidéos, les mains, le visage, les dessins. On s'est débrouillé», dit M. Pitre.

 Aujourd'hui, le garçon de la famille parle parfaitement français et le directeur d'école a beaucoup appris de leur culture.

Sa troisième expérience, il l'a vécue avec une mère et sa fille venues du Cameroun. «Ce n'était pas un jumelage officiel avec SERY. La dame a eu beaucoup de difficultés. Le directeur adjoint à l'école du Phénix et moi, on a pris un samedi pour aller chercher un paquet de meubles chez des gens qui en donnaient pour les aider à s'installer dans leur chez-soi. Bref je les ai beaucoup aidées et aujourd'hui je suis le parrain de la jeune fille. Je suis très touché de ça.»

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