Mali: la prise d'otages aurait fait 20 morts

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Des extrémistes islamistes ont pris 170 personnes en otages, dont 140 clients de diverses nationalités, dans l'hôtel Radisson Blu de Bamako, vendredi, mais les troupes maliennes, appuyées par des forces spéciales américaines et françaises, ont rapidement repris l'édifice et libéré les captifs terrifiés.

Baba Ahmed, Associated Press

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Baba Ahmed
Associated Press
Bamako

Des extrémistes islamistes ont pris 170 personnes en otages, dont 140 clients de diverses nationalités, dans l'hôtel Radisson Blu de Bamako, vendredi, mais les troupes maliennes, appuyées par des forces spéciales américaines et françaises, ont rapidement repris l'édifice et libéré les captifs terrifiés. Au moins 20 personnes, dont une Américaine, sont mortes, en plus de deux assaillants, lors du siège qui a duré plus de sept heures, a indiqué un commandant militaire malien.

Un groupe issu de la branche nord-africaine d'al-Qaïda, les Mourabitounes, a revendiqué la responsabilité de l'attentat, réclamant la libération de ses combattants détenus dans des prisons maliennes et la fin des attaques contre les Maliens du nord.

Ce groupe s'est formé en 2013 après que le chef, Moktar Melmoktar, eut quitté al-Qaïda. Selon le communiqué, les Mourabitounes ont coordonné l'attaque avec un autre groupe, affilié à al-Qaïda, qui se nomme «l'Émirat du Sahara».

Puisque le Mali est une ancienne colonie française, plusieurs personnes en France ont vu ce geste comme un autre assaut contre les intérêts du pays, une semaine après les attentats de Paris. Le président français, François Hollande, n'a pas fait de lien entre les deux attaques, mais il a tout de même déclaré que la France allait être solidaire avec le pays d'Afrique de l'Ouest.

Des coups de feu ont retenti durant toute la journée à l'hôtel Radisson Blu, une destination populaire auprès du personnel des lignes aériennes et des hommes d'affaires étrangers de passage dans la capitale malienne.

Le calme était revenu à la tombée de la nuit, mais les dirigeants n'ont pas confirmé que le bâtiment était redevenu sécuritaire même si les seules personnes présentes étaient des pompiers transportant les corps des victimes vers les ambulances.

La télévision d'État malienne a révélé, tard vendredi soir, que le gouvernement avait décrété l'état d'urgence pour 10 jours à compter de minuit et annoncé une période de trois jours de deuil national à partir de lundi.

Le commandant de l'armée malienne Modibo Nama Traoré a pour sa part déclaré que 20 personnes avaient été tuées, dont un agent de la gendarmerie du Mali. Cinq autres personnes ont été blessées, incluant deux policiers.

Une américaine tué

Le département d'État américain a confirmé qu'un citoyen des États-Unis figurait parmi les victimes.

Selon un communiqué publié par la famille, il s'agit d'Anita Datar, une résidante de Takoma Park, en banlieue de Washington, qui travaillait pour une agence de développement international.

En raison du chaos provoqué par l'attaque, divers bilans ont été avancés au courant de la journée. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a affirmé que 19 personnes avaient été tuées, dont un soldat malien. Plus tôt jeudi, un représentant des Nations unies avait révélé sous le couvert de l'anonymat que l'assaut avait fait 27 morts tout en reconnaissant que le bilan fluctuait d'une source à l'autre. Il avait précisé que l'ONU collaborait avec les autorités locales afin d'obtenir un nombre exact.

Michaëlle Jean devait s'y rendre samedi

Dans un discours prononcé une fois la prise d'otages terminée, la Secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean, a salué la «rapidité et le courage» des forces maliennes.

Plusieurs membres de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie, et de l'Université Senghor se trouvaient au Radisson Blu pour le Forum francophone sur la diversité des expressions culturelles, qui devait débuter dans deux jours. Un expert francophone du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles en Belgique a trouvé la mort au cours de la prise d'otages, a annoncé Mme Jean, sans nommer la victime.

Mme Jean et son équipe devaient se rendre samedi à l'hôtel de Bamako.

L'OIF a mobilisé une cellule de crise qui était «en contact direct avec nos équipes retenues au Radisson afin de coordonner les opérations de sécurisation».

«Nous avions constamment de leurs nouvelles, nous étions en contact direct avec eux, sans jamais cesser d'être là pour les réconforter et savoir exactement comment se déroulaient les choses pour eux au Radisson», a raconté Mme Jean d'une voix éteinte par l'émotion.

«Ce fut, je ne vous le cache pas, une très dure journée.»

Elle a condamné «cette stratégie de terreur, ces agressions haineuses contre les libertés, contre l'État de droit, contre la paix, contre la stabilité».

Une dizaine s'assaillants

Selon ce qu'a expliqué, plus tôt en journée, le commandant Traoré, une dizaine d'hommes armés ont fait irruption dans l'hôtel en criant «Dieu est grand», ou «Allahu Akbar», avant de tirer sur les gardiens de sécurité et d'entreprendre la prise d'otages.

Dans les alentours, les gens s'enfuyaient sur une route de terre, escortés par des soldats en combinaison de combat qui les menaient en sécurité.

Les soldats mobilisés ont libéré les otages, un étage à la fois, a détaillé le commandant Traoré. Au moins un client a rapporté que les assaillants lui avaient ordonné de réciter des versets du Coran avant de le libérer.

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a interrompu un voyage diplomatique au Tchad pour revenir d'urgence au pays.

La mission de l'ONU au Mali a envoyé des renforts et du matériel médical à Bamako. Des ambulances se sont précipitées à l'hôtel et un hélicoptère militaire survolait la scène.

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