Contrôles systématiques aux frontières de l'UE

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Le Conseil de sécurité de l'ONU a pour sa part adopté à l'unanimité vendredi une résolution française qui permet de «prendre toutes les mesures nécessaires» pour combattre le groupe État islamique.

Bebeto Matthews, Associated Press

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Pauline Talagrand, Cédric Simon à Bruxelle
Agence France-Presse
Paris

L'Union européenne a décidé vendredi de durcir les contrôles à ses frontières extérieures pour répondre aux failles apparues après les attentats de Paris, pendant que l'enquête montrait qu'au moins deux de leurs auteurs avaient suivi le chemin des migrants pour venir en Europe.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a pour sa part adopté à l'unanimité vendredi une résolution française qui permet de «prendre toutes les mesures nécessaires» pour combattre le groupe État islamique (EI).

Une décision saluée, dans la nuit de vendredi à samedi, par l'Élysée. Le président français François Hollande «se félicite» de l'adoption de cette résolution qui «va contribuer à la mobilisation des nations pour l'élimination de Daech» (un acronyme de l'EI en arabe), selon un communiqué de la présidence.

Dans le même temps, en Belgique, le centre national de crise OCAM (organisation de coordination pour l'analyse de la menace) a annoncé avoir «élevé samedi au niveau maximal son niveau d'alerte terroriste pour la ville de Bruxelles, mentionnant «une menace imminente».

Dans la journée de vendredi, une attaque avec prise d'otages menée par des jihadistes présumés dans un hôtel de la capitale malienne Bamako, prisé de la clientèle internationale, faisait une trentaine de morts d'au moins 14 nationalités. Il n'y a a priori pas de Français parmi eux.

«Notre réaction collective doit être implacable. Il faut sortir (...) des atermoiements et des lenteurs. Sinon l'Europe se perdra», a prévenu Bernard Cazeneuve à Bruxelles, où s'est tenue une réunion des ministres de l'Intérieur et de la Justice de l'UE.

Emmenés par la France, les 28 ont obtenu l'instauration de contrôles systématiques à leurs frontières extérieures, y compris de leurs ressortissants. Et la Commission européenne proposera d'ici la fin de l'année une révision des règles de Schengen.

La France, a précisé son ministre de l'Intérieur, maintiendra le contrôle à ses frontières, rétabli il y a une semaine, «aussi longtemps que la menace terroriste le nécessitera».

L'illustration des défaillances de la lutte antiterroriste aura été le retour incognito en Europe du jihadiste belgo-marocain Abdelhamid Abaaoud, tué mercredi dans un assaut policier à Saint-Denis, dans la proche banlieue nord de Paris.

Comment cet homme a-t-il pu se déplacer librement alors qu'il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international? «Nous ne savons pas» comment Abaaoud, considéré comme un organisateur des attentats parisiens, est entré en France, a reconnu le premier ministre Manuel Valls.

Le soir des attaques terroristes, revendiquées par le groupe jihadiste État islamique (EI), il a été filmé vers 22H00 par une caméra de la RATP à une station de métro de Montreuil.

Une Seat noire, utilisée par le «commando des terrasses» pour mitrailler cafés et restaurants, a été retrouvée abandonnée non loin de là. Abaaoud faisait-il partie de ce commando? Selon une source proche de l'enquête, il a manipulé une kalachnikov retrouvée dans la voiture.

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Au moins un assaillant présumé du carnage parisien, qui a fait 130 morts et quelque 350 blessés, est toujours traqué: Salah Abdeslam, qui a joué a minima un rôle de logisticien des attentats.

Fournie par la Police fédérale belge, via Associated Press

La traque continue

Au moins un assaillant présumé du carnage parisien, qui a fait 130 morts et quelque 350 blessés, est toujours traqué: Salah Abdeslam, qui a joué a minima un rôle de logisticien des attentats. Il a sans doute été exfiltré, au moins dans un premier temps, par deux complices présumés depuis écroués en Belgique.

Outre ces deux hommes, un troisième suspect a été inculpé vendredi par la justice belge de «participation à des attentats terroristes» et «aux activités d'un groupe terroriste», puis placé en détention provisoire.

Les enquêteurs ont identifié vendredi, par ses empreintes digitales, Hasna Aitboulahcen, 26 ans, cousine d'Abaaoud, dans les décombres de l'appartement de Saint-Denis. Selon une source policière, elle n'est pas morte en kamikaze, contrairement à ce qu'indiquaient les premiers éléments de l'enquête. Un troisième homme mort en se faisant exploser dans l'appartement n'a pas été identifié.

En fin de journée, le parquet de Paris a également annoncé qu'un kamikaze qui s'était fait exploser près du Stade de France avait été contrôlé le 3 octobre en Grèce, en même temps qu'un autre, qui s'était mêlé aux migrants fuyant la guerre en Syrie.

Cet homme a été identifié par ses empreintes digitales, enregistrées lors de son passage sur l'île grecque de Leros.

Selon une source proche de l'enquête, il avait alors présenté un passeport au nom de Mohammad al-Mahmod, mais son identité réelle reste à établir, de même que celle de l'autre kamikaze du Stade de France contrôlé en Grèce, près duquel avait été retrouvé un passeport syrien au nom d'Ahmad al-Mohammad.

Parmi la dizaine d'auteurs des attentats, quatre kamikazes, tous Français, ont été identifiés avec certitude: Brahim Abdeslam (31 ans), Bilal Hadfi (20 ans), Samy Amimour (28 ans) et Omar Ismaïl Mostefaï (29 ans).

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Des musiciens se font applaudir après une prestation devant le restaurant «Le Petit Camboge».

François Mori, Associated Press

«On trinque au fait qu'on soit en vie»

À Paris, le Parlement a donné son feu vert vendredi, par un vote quasi unanime du Sénat, à la prolongation pour trois mois de l'état d'urgence décrété après les attentats et au renforcement de ce régime d'exception.

Ce texte élargit les possibilités d'assignation à résidence et permet la dissolution de groupes et associations extrémistes.

Dans ce cadre, les perquisitions administratives se poursuivent à un rythme soutenu: 793 réalisées depuis une semaine, 90 personnes placées en garde à vue, 164 assignées à résidence et 174 armes saisies.

Dans de nombreuses mosquées en France, des textes condamnant le «terrorisme» ont été lus vendredi, jour de prêche.

Et en soirée, des Parisiens ont défié la peur en levant leurs verres dans les cafés voisins de ceux frappés une semaine plus tôt par les attentats. «On va trinquer au fait qu'on soit en vie», disait Tiphaine, 22 ans.

A 21h20, heure de la première attaque une semaine plus tôt, quelques dizaines de personnes venues se recueillir devant un café visé se sont prises par la main pour entonner une timide Marseillaise, terminée par une longue salve d'applaudissements.

Un hommage national sera rendu aux victimes le 27 novembre aux Invalides. Le lendemain, le Parti socialiste reprendra la campagne pour les élections régionales de décembre.

Sur le front extérieur, François Hollande a ordonné l'«intensification» des frappes contre le groupe EI en Syrie et en Irak.

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