Le surplus des conservateurs devient un déficit

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Le ministre des Finances, Bill Morneau, a soutenu que le plan fiscal avait été élaboré en tenant pour acquis que la faible croissance économique.

Adrian Wyld, La Presse Canadienne

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Andy Blatchford
La Presse Canadienne
Ottawa

Le gouvernement Trudeau affirme que le gouvernement conservateur précédent a laissé les finances publiques dans un état plus précaire que ce qui était anticipé et qu'il sera ainsi obligé de composer avec un manque à gagner de plusieurs milliards de dollars.

À la lumière des prévisions du nouveau gouvernement, les critiques de l'opposition se sont empressés de demander quelles parties de la plateforme électorale allaient être abandonnées pour que les libéraux puissent respecter leurs promesses budgétaires.

Mais en dépit de ces nouveaux obstacles, le ministre des Finances, Bill Morneau, a réitéré vendredi son intention de déposer un budget écrit à l'encre noire d'ici la tenue du prochain scrutin fédéral.

Dans sa mise à jour économique, le ministre Morneau prévoit que le gouvernement Trudeau devra composer avec environ 6 milliards$ de moins que ce qui était prévu dans le dernier budget conservateur déposé en avril dernier.

Par exemple, le surplus de 2,4 milliards$ prévu pour 2015-2016 - incluant la somme de 1 milliard$ en cas d'imprévus - prévu en avril dernier par les conservateurs sera plutôt un déficit de 3 milliards$.

Les libéraux fédéraux avaient proposé des déficits d'un peu moins de 10 milliards$ pour les deux premières années de leur mandat, puis un autre d'environ 5,7 milliards$ au cours de la troisième année.

M. Morneau n'a pas répondu clairement lorsque questionné sur la possibilité de voir les déficits budgétaires du pays dépasser le cap des 10 milliards$ dans les prochaines années. «Je crois qu'il est trop tôt pour que je réponde à cette question et que je vous donne des détails», a-t-il affirmé.

Selon le ministre, les données divulguées vendredi constituent un point de départ et le gouvernement a toujours l'intention de respecter ses promesses électorales.

«Nous voulons atteindre ces objectifs», a assuré M. Morneau, qui n'en est qu'à ses débuts dans la vie politique et qui a rappelé qu'il n'était ministre que depuis 16 jours.

Les plus récentes projections du ministère ne tiennent pas compte des coûteuses promesses figurant dans la plateforme électorale libérale ainsi que les bénéfices anticipés par le plan gouvernemental visant à stimuler l'économie.

Promesses respectées?

Pendant la campagne électorale, les libéraux de Justin Trudeau se sont engagés à faire redémarrer l'économie et à créer des emplois, notamment grâce à des réductions d'impôts pour la classe moyenne et à des dépenses de plusieurs milliards de dollars dans les infrastructures.

Maintenant au pouvoir, les libéraux affirment que le climat économique s'est détérioré depuis avril dernier en raison de dépenses plus élevées et de revenus inférieurs attentes à cause de la chute du prix des ressources naturelles, l'incertitude économique mondiale ainsi que la faiblesse de la reprise aux États-Unis depuis le début de l'année.

«Les risques liés à l'économie canadienne tendent à fléchir», indique le document, qui ajoute que l'économie a repris du poil de la bête au cours des derniers mois après s'être contractée au cours des deux premiers trimestres de 2015 - ce qui est considéré comme une récession technique.

Un PIB croissant

La mise à jour économique de M. Morneau dévoile également les prévisions de croissance du produit intérieur brut (PIB) du secteur privé.

Les économistes prévoient ainsi une croissance moyenne de 1,9% du PIB de 2015 à 2019, ce qui est en baisse par rapport à la prévision inférieure de 2,1%. La prévision pour la croissance économique de cette année est maintenant de 1,2%, tandis qu'elle était de 2,0% dans les prévisions émises en avril.

Les analystes ont également révisé à la baisse leurs attentes à l'endroit du prix moyen du baril de pétrole, qui devrait osciller aux alentours de 61$ US au cours de cette même période, en baisse par rapport à 70$ US.

L'opposition réagit

Réagissant aux nouveaux chiffres, le député conservateur Maxime Bernier a souligné que les libéraux devraient vraisemblablement ajuster leur plan, soit en affichant de plus gros déficits, en réduisant leurs programmes ou en augmentant les impôts.

«Quelles coupes vont-ils devoir faire dans leurs promesses électorales?» a demandé M. Bernier.

Selon M. Morneau, les libéraux ont élaboré leur plan fiscal en tenant pour acquis que la croissance économique avait été faible, mais il a insisté pour dire qu'à l'époque, ils n'avaient pas idée de l'ampleur des difficultés qui les attendaient.

«Clairement, personne ne peut savoir exactement comment les choses vont se dérouler lorsqu'on commence à élaborer une plateforme», a indiqué M. Morneau, qui présentera son premier budget dans la nouvelle année.

«Nous ne savions pas qu'il y aurait une difficulté significative avec les marchés chinois. Nous ne pouvions pas savoir qu'il y aurait tant de défis en Grèce. Nous ne pouvions pas savoir le prix du pétrole. Alors il faut toujours tenir compte de certains facteurs», a-t-il dit.

«Et je crois que ce que nous devons faire maintenant, c'est d'étudier ces facteurs, donner un compte-rendu de la situation aux Canadiens (...) et utiliser cela comme point de départ pour ce qui se trouvera dans notre budget en 2016», a-t-il ajouté.

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