Une ancienne serre de cannabis à vendre à Sainte-Sabine

À de nombreux endroits, on retrouve des trous... (photo tirée de Remax)

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À de nombreux endroits, on retrouve des trous dans les murs, des débris ou des marques d'humidité, vestiges des activités illicites qui y ont eu cours.

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Sainte-Sabine) Une résidence à vendre à Sainte-Sabine depuis quelques jours fait beaucoup jaser sur les médias sociaux. Autrefois utilisée comme serre de cannabis, cette grande maison aura besoin de beaucoup d'amour... ou d'une boule de démolition.

La résidence, sise au 475, rue André Nord et comptant entre autres trois chambres à coucher, deux salles de bain et une salle d'eau, avait fait l'objet d'une perquisition en juin 2014 par les agents de la Sûreté du Québec dans Brome-Missisquoi. Quatre hommes avaient alors été pris en flagrant délit en train de tailler des plants de cannabis destinés à la vente.

Cent livres de cocottes de cannabis avaient été saisies au terme de l'enquête de quelques jours, qui avait mené à l'arrestation du quatuor. La SQ avait alors indiqué que la maison servait exclusivement à la production de marijuana. Selon les policiers, les suspects, qui demeuraient à l'époque à Longueuil et Carignan, se rendaient occasionnellement dans la résidence transformée en usine de cannabis pour entretenir les plants et dormir sur place.

Selon le relevé de taxes produit jeudi par la municipalité à notre demande, le propriétaire de la maison est le Procureur général du Québec. Il s'agit donc d'une vente sous contrôle de justice.

Pour bricoleurs

La fiche descriptive de la maison de deux étages, vendue par des courtiers de la bannière Remax, est sans équivoque. «Immense propriété, vendue sans garantie légale et aux risques et périls de l'acheteur. Propriété ayant servi à la culture de drogue. Très endommagée et en mauvais état. [...] Vente au comptant seulement», peut-on y lire, tout en spécifiant que la maison construite en 1980 représente un «projet d'envergure pour rénovateur ou contracteur».

Quelques-unes des 24 photos appuient cette honnête description, alors qu'on peut apercevoir plusieurs pièces de la vaste demeure. À de nombreux endroits, on retrouve des trous dans les murs, des débris ou des marques d'humidité, vestiges des activités illicites qui y ont eu cours.

Les curieux pourront également en voir plus, ce dimanche, alors qu'une visite libre de la demeure aura lieu entre midi et 14 h.

On demande la somme de 143 900$ pour la propriété, qui repose sur un terrain de 85 846 pieds carrés.

Le détail de la valeur foncière de l'endroit ou des taxes n'est pas précisé sur la fiche descriptive. Toutefois, le relevé de taxes fourni par Sainte-Sabine indique que le bâtiment vaut 79 400$ alors que la valeur du terrain est estimée à 33 000$, pour une évaluation totale de 112 400$. Après uniformisation, la valeur foncière totale grimpe à 125 888$.

La transparence est de mise

Même si la vente de cette maison pourrait en rebuter plusieurs, celle-ci s'effectue en toute légalité et en vertu des critères édictés par l'Organisme d'autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ). «C'est un scénario délicat, alors il y a un devoir de transparence. Il y a simplement plus de précautions à prendre», précise Maude Bujeault Bolduc, responsable des relations de presse au sein de l'organisme.

En effet, pour que la transaction s'effectue sans anicroche, il importe que le vendeur ainsi que l'acheteur connaissent les risques et conséquences de la vente. «S'il est au courant de l'usage illégal qui a eu cours dans la maison, c'est important que le vendeur le déclare. Le courtier doit pour sa part aviser son client des obligations et responsabilités civiles qui découlent de la vente, explique Mme Bujeault. Le vendeur doit remplir la déclaration, obligatoire depuis 2012.»

«À l'inverse, poursuit-elle, si un acheteur est intéressé, son courtier doit l'informer par écrit de ces caractéristiques et il peut lui recommander de procéder à quelques inspections, par exemple sur la qualité de l'air, ou pour savoir s'il y a des moisissures. Le courtier doit aussi aviser son client des risques encourus s'il achète la propriété et qui pourraient nuire entre autres à sa revente. C'est encore plus important quand la vente se fait sans garantie légale.»

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