Plaidoyer pour des règles de sécurité accrues

Robin Moore, un ingénieur chimiste de formation.... (photo archives La Voix de l'Est)

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Robin Moore, un ingénieur chimiste de formation.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) Robin Moore circule souvent à vélo près de la rue des Golfeuses à Bromont. Ingénieur chimiste de formation, l'homme a été maintes fois stupéfait d'y apercevoir autant de wagons stationnés contenant des produits potentiellement explosifs.

En novembre 2013, Robin Moore avait interpellé les autorités, inquiet qu'un wagon contenant des produits dangereux eût été laissé sans surveillance à Bromont, près des terrains de tennis et de l'aréna. Or, il est maintenant question d'un convoi entier de wagons. Une situation inconcevable, selon lui.

«Si un wagon est plein, il y a une affiche en losange dessus. S'il n'y en a pas, c'est qu'il est vide. Les gens ne réalisent pas la capacité explosive des produits [pétroliers] quand ils sont sous pression. C'est une bombe en puissance!», a-t-il indiqué.

La Voix de l'Est a fait parvenir la photo d'un des wagons comportant un «losange» au chimiste. Les commentaires de celui qui a évolué durant plusieurs années dans l'industrie pétrochimique ont été sans équivoque. Il s'agit bel et bien de produits hautement dangereux. «Ce qu'il y a là-dedans, c'est pire que ce qui se trouvait dans les wagons à Lac-Mégantic. Je ne suis pas un spécialiste des sinistres, mais selon moi, si une explosion survenait, une bonne partie du village de Bromont serait touché.»

La fiche signalétique de ce composé de dérivés pétroliers a corroboré les propos de M. Moore. La citerne contient notamment du butane, de l'isobutane, du propane, du propylène et du butylène. «Hautement inflammable. Peut facilement s'allumer par la chaleur, une étincelle ou une flamme. Va former un composé explosif s'il est exposé à l'air», peut-on lire dans le document accessible via internet.

«Un soudeur qui travaillait pour la même compagnie que moi est mort quand son briquet a explosé dans sa poche, s'est remémoré M. Moore. Une seule étincelle a suffi pour le faire fondre. Le butane qui était dedans a fait une boule de feu de 20 à 30 pieds de diamètre. Imaginons avec un plein wagon comme celui [qui se trouve près de la rue des Golfeuses]. Si ça explose, qu'on soit à 300 pieds, ça ne fera pas de différence.»

Selon le résidant de Lac-Brome, il est grand temps que les règles de sécurité ferroviaires soient resserrées. «Quand tu es propriétaire d'une compagnie, pourquoi tu ferais quelque chose qui n'est pas obligatoire? Au fédéral, les députés de la région devraient mettre de la pression pour qu'on adopte des normes minimales [de sécurité]. Il faut éloigner ce type de wagons des zones résidentielles et faire en sorte que leur accès soit contrôlé. Tout le monde devrait se sentir concerné par ce problème.»

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