Des wagons à pétrole inquiètent à Bromont

Le Bromontois Pierre Messier a tiré la sonnette... (Alain Dion, La Voix de l'Est)

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Le Bromontois Pierre Messier a tiré la sonnette d'alarme. «Est-ce qu'on a retenu des leçons de ce qui s'est passé à Lac-Mégantic? Il semble que non .»

Alain Dion, La Voix de l'Est

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) Des dizaines de wagons contenant entre autres des produits pétroliers hautement explosifs, stationnés tantôt derrière l'école de la Chantignole à Bromont, tantôt au coeur d'un quartier domiciliaire, font craindre le pire aux résidants du secteur. Pierre Messier est du nombre. L'homme a tiré la sonnette d'alarme pour éviter que l'irréparable survienne.

«Est-ce qu'on a retenu des leçons de ce qui s'est passé à Lac-Mégantic? Il semble que non quand je vois des wagons de pétrole sur une voie de stationnement à 150 pieds d'une école primaire. On ne peut pas tolérer ça comme citoyen responsable. C'est un non-sens!», a clamé en entrevue Pierre Messier.

Le policier à la retraite dit avoir observé ce convoi garé à plusieurs reprises derrière l'établissement d'enseignement au cours des derniers mois. Idem à l'arrière de la rue des Golfeuses, au coeur d'un vaste quartier résidentiel. L'homme dit avoir fait part de la situation à la Ville il y a quelques semaines. Toutefois, le Bromontois a rapidement compris que la municipalité n'a pas le pouvoir requis pour légiférer, car la voie ferrée, qui appartient à la Central Maine&Quebec Railway (CMQ), est de juridiction fédérale. «La Ville m'a dit qu'ils prennent le dossier au sérieux, mais qu'ils ne peuvent pas faire grand-chose. Il y a aussi des odeurs semblables à du diesel chez nous quand le vent vient de l'ouest. J'ai parlé à des gens au ministère de l'Environnement, mais c'est comme une patate chaude. Tout le monde se renvoie la balle.»

Selon M. Messier, le piètre état des infrastructures ferroviaires a de quoi laisser pantois. «Il suffit de marcher un peu à côté des wagons [stationnés] près de l'école pour constater que la majorité des traverses de bois qui supportent les rails sont pourries. S'il y a une pluie soudaine et que le terrain s'affaisse, les wagons vont tomber. Il y a un risque de déversements toxiques et d'explosion», a-t-il déploré.

Au moment du passage de La Voix de l'Est dans le secteur, aucun wagon n'était à l'arrêt derrière l'établissement scolaire du chemin de Gaspé. Par contre, des dizaines s'imbriquaient dans le paysage près de la rue des Golfeuses. Natasha Godmer, une résidante du coin, déambulait avec la marmaille dans un sentier aménagé à quelques pieds de ceux-ci. «Je marche ici toutes les semaines et il y a toujours des wagons arrêtés. C'est inquiétant quand on sait [qu'ils contiennent] du pétrole, a-t-elle dit. Pourquoi les laisser près d'un quartier résidentiel? S'il fallait qu'il arrive quelque chose, un accident... j'avais l'intention d'appeler la Ville à propos de ça.»

Les mains liées

La municipalité est aux faits de la problématique concernant les wagons stationnés derrière l'école de la Chantignole, a confirmé au journal le directeur général de Bromont, Jean Langevin. Ce dernier a indiqué que la collaboration avec la CMQ est bien meilleure qu'avec l'ancien propriétaire du chemin de fer, la Montreal Maine&Atlantic Railway (MMA), celle-là même qui était impliquée dans la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic. «On a eu des rencontres avec [la CMQ] et on a demandé à deux ou trois reprises de ne pas tenir les wagons en stationnement près de l'école. Il y en a beaucoup moins qu'avant», a-t-il mentionné.

«Ils ont investi dans les rails. Au niveau de la sécurité, ils sont à l'écoute, a poursuivi M. Langevin. Mais ils ont des droits et ils les utilisent.»

La Ville a «les mains liées» dans le dossier, a admis le directeur général. «On a eu des gains selon les lois fédérales. Les compagnies ferroviaires doivent déclarer les produits [qu'elles transportent]. On est bien contents de savoir ça, mais ça ne nous donne pas plus d'outils pour contrer [les risques]. On sait qu'on a des produits hautement corrosifs ou explosifs qui transitent sur notre territoire. On peut parler, mais on n'a pas la juridiction pour agir.»

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