Réfugiés : «Une seule voix» pour mieux se faire entendre

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«On y voit la force du milieu municipal, a déclaré le maire Pascal Bonin. On a les bras ouverts et un esprit de collaboration.»

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Le maire de Granby s'estime fort satisfait de la conférence téléphonique à laquelle les maires des municipalités choisies pour accueillir des réfugiés syriens ont pris part, mercredi. Selon Pascal Bonin, la formation d'un comité mis en place pour faciliter le processus permettra de bien amener celui-ci à terme.

«On y voit la force du milieu municipal, a déclaré d'emblée l'élu. On a les bras ouverts et un esprit de collaboration.»

Le comité créé par l'Union des municipalités du Québec sera formé des maires et mairesses de Longueuil, Sainte-Julie, Québec et Montréal. Le quatuor représentera les treize municipalités d'accueil auprès des instances impliquées et agira à titre de courroie de transmission.

Une solution plus efficace, qui permettra à toutes les municipalités d'avoir accès à la même information tout en évitant de multiplier des démarches similaires en parallèle. «Plutôt que d'avoir des dialogues séparés avec le fédéral, on va parler d'une seule voix à travers le comité», indique M. Bonin.

«Beaucoup de flou»

Les maires ont aussi eu l'occasion de faire part de leurs attentes. «On a tous des points cruciaux auxquels on tient dur comme fer. Moi, ce sont les listes d'attente pour l'office municipal d'habitation, poursuit le maire. Je ne voudrais pas que l'arrivée des réfugiés les court-circuite et que ça défavorise les gens locaux.»

Il demeure cependant «beaucoup de flou» concernant les modalités de l'opération. «On demeure très ouverts, très positifs et on veut bien faire les choses, mais on doit savoir dans quoi on s'engage. Il faut se rappeler que ceux qui vont accueillir les réfugiés et qui vont faire le travail sont les municipalités, et on prend notre rôle très au sérieux, note le maire de Granby. Quand le fédéral va sortir son plan, on verra comment on pourra pallier tout ça.»

Selon plusieurs sources, les propos tenus par le maire de Québec, Régis Labeaume, il y a deux jours, n'auraient pas fait l'unanimité au sein des élus. Rappelons que M. Labeaume avait exprimé sa préférence pour accueillir des réfugiés orphelins et des familles, parce que ceux-ci font «moins peur au monde que des gars de 20 ans frustrés». Le maire de Québec s'est toutefois repris jeudi, affirmant que c'était lui, «le vieux frustré».

S'il n'a pas commenté le choix de mots de son homologue de la Vieille Capitale, M. Bonin nuance le discours de celui-ci. «Je vais le défendre un peu, avance-t-il avec humour, avant de poursuivre plus sérieusement: ce que je retiens des propos de Régis, c'est surtout qu'il fait preuve de prudence. Pour ça, je l'appuie.»

«Business as usual»

À Granby, où on s'attend à accueillir environ une centaine de réfugiés, la chose n'est pas insurmontable. «On accueille déjà à peu près ce nombre-là d'immigrants par année, à Granby, rappelle le maire Bonin. Pour nous, avec environ 9 % de notre population qui provient de quelque 120 nationalités, c'est pratiquement business as usual.»

Le premier magistrat de Granby souligne cependant que l'arrivée des réfugiés ne se fera pas sans bouleversements pour eux, à commencer par la barrière linguistique qui se dressera entre eux et leurs futurs voisins. «Il faut donner un encadrement qui permettra de tout faire ça sans engendrer de coût à la municipalité, mais il ne faut pas laisser ces gens-là tous seuls dans la jungle», illustre-t-il.

M. Bonin accepte volontiers le coup de main offert par le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, aux municipalités d'accueil se trouvant à proximité. Comme Sherbrooke accueille bon nombre d'immigrants depuis longtemps, la Ville sera de bon conseil pour ses consoeurs plus petites, qui vivront peut-être la plus importante vague d'immigration de leur histoire.

«Toute aide que les organismes ou les municipalités peuvent se donner entre eux, c'est bon, commente le maire. On n'est plus à l'époque où le travail s'effectuait en vase clos.»

Il conclut en lançant un appel à la solidarité générale. «La pire des choses ce serait de tomber dans le racisme et dans la haine, croit M. Bonin. Il faut continuer à être ouverts.»

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