Attentats: le mystère Abaaoud plane

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Abattu par la police française ou en fuite? Le sort d'Abdelhamid Abaaoud, cerveau présumé des attentats de Paris, reste incertain.

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Abattu par la police française ou en fuite? Le sort d'Abdelhamid Abaaoud, cerveau présumé des attentats de Paris, reste incertain, alors que les députés français doivent examiner jeudi un projet de loi renforçant l'état d'urgence instauré après les tueries.

Sur le front extérieur, les bombardements français en Syrie, accentués depuis dimanche, se poursuivent contre le groupe jihadiste État islamique (EI), qui a revendiqué les 129 tués et 352 blessés de Paris.

L'arrivée en fin de semaine en Méditerranée orientale du porte-avions nucléaire «Charles-de-Gaulle» triplera la capacité aérienne française, qui disposera alors de 38 avions dans la région, selon le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

Depuis dimanche, les chasseurs français ont largué «une soixantaine de bombes sur le centre névralgique (de l'EI) à Raqa», dans le nord de la Syrie, a affirmé M. Le Drian. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les raids aériens français et russes ont causé en trois jours la mort de 33 jihadistes.

En Syrie, ravagée par plus de quatre ans d'une guerre très complexe, la coopération inédite contre l'EI entre Moscou et Paris, qui s'opposent sur le sort du président syrien Bachar al-Assad, est la conséquence des attentats de Paris et contre l'avion russe dans le Sinaï égyptien.

À New York (États-Unis), la Russie, qui soutient le régime de Damas, a présenté mercredi au Conseil de sécurité de l'ONU une nouvelle version de son projet de résolution antiterroriste. La France continue de son côté de peaufiner un texte «court, fort et centré sur la lutte contre» l'EI, selon l'ambassadeur français à l'ONU, François Delattre.

L'EI a diffusé une nouvelle vidéo menaçant New York, et plus spécifiquement Times Square. La police locale a indiqué être au courant, mais qu'il «n'y a pas de menace actuelle et spécifique».

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Huit personnes ont été arrêtées, mais ni Abdelhamid Abaaoud, ni Salah Abdeslam, autre suspect-clé, n'en font partie, a déclaré le procureur de Paris, François Molins.

Kamil Zihnioglu, Associated Press

Huit arrestations

En France, l'assaut mené mercredi avant l'aube par la police antiterroriste contre un appartement à Saint-Denis, au nord de Paris, visait spécifiquement Abdelhamid Abaaoud, surnommé Abou Omar al-Baljiki («le Belge» en arabe) au sein de l'EI et soupçonné d'être l'organisateur des plus sanglants attentats de l'histoire française.

Huit personnes ont été arrêtées, mais ni Abdelhamid Abaaoud, ni Salah Abdeslam, autre suspect-clé, n'en font partie, a déclaré le procureur de Paris, François Molins.

Les enquêteurs doivent désormais identifier les corps retrouvés sur place, sévèrement abîmés par des fusillades nourries et des explosions.

M. Molins a évoqué «au moins deux morts» dans l'appartement: un «corps criblé d'impacts», non identifiable visuellement, et une personne qui s'est fait exploser à l'arrivée des policiers - vraisemblablement une femme «mais ce point devra cependant être vérifié», a-t-il précisé.

Le ministère français de l'Intérieur n'a «pas exclu» qu'un «troisième terroriste» ait pu être tué, au vu des morceaux de corps retrouvés.

La possible présence en France d'Abdelhamid Abaaoud, tête d'affiche du contingent des jihadistes francophones de l'EI, inquiète.

Son nom avait été évoqué par les services de renseignement américains dans un rapport en mai, qui mettait en garde contre une possible attaque structurée de l'EI en Europe. Le document émettait l'hypothèse qu'Abaaoud avait tenté de faire croire à sa mort fin 2014 sur le front syrien, afin que les autorités belges relâchent leurs efforts pour l'appréhender.

Selon François Molins, les enquêteurs français avaient recueilli lundi un témoignage «faisant état de la présence d'Abaaoud» en France. Ce témoignage, «qui a fait l'objet de nombreuses vérifications téléphoniques et bancaires», a abouti à l'assaut contre l'appartement de Saint-Denis.

La traque se poursuit également contre Salah Abdeslam, 26 ans, membre présumé du groupe qui a mitraillé vendredi les terrasses de cafés et restaurants parisiens, avec son frère Brahim Abdeslam qui s'est fait exploser.

Il est activement recherché, notamment en Belgique où, selon les autorités françaises, les attaques ont été organisées et où il aurait été exfiltré samedi matin depuis Paris. Deux complices présumés de cette fuite, Mohammed Amri (27 ans) et Hamza Attou (20 ans), ont été arrêtés à Bruxelles et inculpés par la justice belge pour «attentat terroriste». Un autre jihadiste, non identifié, serait peut-être aussi en cavale.

Quatre kamikazes ont déjà été identifiés, tous des Français, âgés de 20 à 31 ans. Il reste à mettre un nom sur un cinquième homme passé par la Grèce cet automne, auprès duquel a été retrouvé un passeport syrien à l'authenticité douteuse.

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Dans ce contexte pesant, les députés français votent jeudi un projet de loi renforçant l'état d'urgence, décrété par le président François Hollande au moment des attaques.

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État d'urgence renforcé

Dans ce contexte pesant, les députés français votent jeudi un projet de loi renforçant l'état d'urgence, décrété par le président François Hollande au moment des attaques.

Le texte devrait recevoir un large assentiment de l'Assemblée, avant d'être soumis vendredi au vote du Sénat en vue d'une adoption définitive.

Il prévoit la prolongation de l'état d'urgence pour trois mois à compter du 26 novembre, soit jusqu'à fin février, et élargit le régime des assignations à résidence à toute personne à l'égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l'ordre publics. Jusqu'à présent, la loi prévoyait, pendant l'état d'urgence, la possibilité d'assigner à résidence une personne «dont l'activité s'avère dangereuse» pour l'ordre public.

Alors que se multiplient les appels à fermer les mosquées et lieux de prières radicalisés et à expulser les imams étrangers extrémistes, le texte intègre aussi dans l'état d'urgence la dissolution de groupes et associations extrémistes participant à des actes portant une atteinte grave à l'ordre public, les facilitant ou y incitant.

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