Des jumeaux miracles !

Aujourd'hui, quatorze semaines après l'accouchement par césarienne, Louis... (photo La Tribune)

Agrandir

Aujourd'hui, quatorze semaines après l'accouchement par césarienne, Louis et Océane font 6 lb 2 onces et 5 lb 7 onces. Le poids de bien des bébés nés à terme (40 semaines), notent les parents Patricia Tremblay et Dino Charlebois avec satisfaction.

photo La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Voix de l'Est

(SAINT-VALÉRIEN-DE-MILTON) «On en rit aujourd'hui parce que notre histoire est super belle, mais ce n'est pas super facile. Avoir des jumeaux dans ces conditions-là, on ne souhaite à personne de vivre ça.»

Patricia Tremblay et Dino Charlebois sont les parents de véritables bébés miracles.

Nés à 23 semaines et 6 jours de gestation, le 14 août dernier, les petits Océane et Louis défient tous les pronostics et sont parmi les plus grands prématurés que le service de néonatalogie tertiaire du CIUSSS de l'Estrie - CHUS a soigné.

On craignait pourtant le pire quand Mme Tremblay a été transférée de l'hôpital de Granby au CHUS parce qu'elle perdait du liquide amniotique.

«On m'a dit que si j'accouchais cette journée-là, les médecins ne pouvaient pas sauver mes bébés», raconte-t-elle sur un ton très serein.

Les bébés avaient alors 23 semaines et 1 jour...

Après cinq jours clouée au lit avec interdiction complète de se lever, il a fallu prendre une décision difficile. L'infection qui avait touché la poche amniotique du bébé garçon devenait trop menaçante, il fallait les sortir de là.

«Pour la Dre Catelin (Céline Catelin), dit Mme Tremblay, c'était possible.»

«Les cinq journées de plus avaient fait la différence, reprend-elle. Je n'avais plus l'image de prendre mes bébés et de les jeter à la poubelle. J'avais vu les échographies. Je suis une mère et je voulais mes bébés.»

Océane pesait 700 grammes et Louis, 640 grammes.

«On nous a beaucoup mis en garde que le petit pouvait ne pas passer à travers, relate M. Charlebois. On a même dû faire des choix sur les soins qu'on permettait sur les bébés à l'accouchement, comme les masques respiratoires, l'injection d'adrénaline et les massages cardiaques. Heureusement on n'a pas eu à se rendre jusque-là. Les bébés respiraient à la naissance après qu'ils ont été intubés.»

Et ils n'ont pas présenté d'autres problèmes importants depuis, même si bébé Louis leur à fait peur à deux reprises en poussant l'appareil qui l'aide à respirer à ses limites.

«C'était à lui de décider», constate sa mère.

Extrêmement rare

À cause des tubes et des appareils auxquels les bébés sont branchés, les parents ont dû attendre 24 jours de vie avant de pouvoir prendre les petits dans leur bras. Et 45 jours de plus avant de pouvoir les prendre tous les deux ensemble, collés. «J'avais hâte», confie Patricia Tremblay.

Aujourd'hui, quatorze semaines après l'accouchement par césarienne, Louis et Océane font 6 lb 2 onces et 5 lb 7 onces. Le poids de bien des bébés nés à terme (40 semaines), notent les parents avec satisfaction.

Louis a pris un peu d'avance sur sa soeur jumelle. Comme s'il avait très hâte de rentrer à la maison. Océane semble bien décidée à ne pas se laisser distancer. Les jumeaux sont visiblement très forts, constate le personnel soignant. Il s'agit d'un cas extrêmement rare.

Mais ils ont encore besoin des soins en néonatalogie au CHUS et ils y resteront probablement jusqu'à 42, voire 44 semaines de croissance, soit en janvier.

Pour les parents, qui vivent à Saint-Valérien-de-Milton, en Montérégie, cela complique un peu les choses. D'autant qu'ils ont une famille reconstituée de cinq enfants dont les trois plus jeunes âgés de 6, 11 et 14 ans vivent évidemment sous leur toit.

En arrivant bien plus vite que prévu, Louis et Océane ont aussi déjoué toute l'organisation familiale. Mme Tremblay, une travailleuse autonome, a commencé très tôt ses prestations parentales et M. Charlebois a pu laisser son travail de manoeuvre pour quelques semaines grâce à des prestations spéciales d'aide-soignant.

Heureusement, le couple a un bon réseau d'amis et de parents autour de lui, assure-t-il.

«Mais on aurait besoin d'un commanditaire pour l'essence et les couches», glisse Mme Tremblay comme un appel à l'aide qu'elle ose à peine formuler.

Une semaine après l'accouchement, Mme Tremblay a pu rentrer à la maison. Les aller-retour Saint-Valérien-Sherbrooke sont quasi quotidiens pour être près des bébés, d'autant que maman fournit son propre lait puisqu'elle tient à les allaiter quand ils seront assez forts pour prendre le sein.

Toute la famille a pu à quelques reprises venir voir les poupons en néonatalogie, même si ce n'était que quelques minutes. La plus jeune des enfants, Laurence, a très hâte d'avoir les bébés chez elle, mais en attendant, elle patiente sagement devant les absences répétées de ses parents.

«On est chanceux, dira M. Charlebois, on a de bons enfants. Tout ce qu'ils veulent, c'est que les bébés aillent bien.»

Et les bébés sont chanceux, serait-on tenté d'ajouter, parce que tout ce que Patricia Tremblay et Dino Charlebois font, c'est pour qu'ils aillent bien.

Abonnez-vous à La Voix de l'Est ou à LaVoixdelEstSurMonOrdi.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer