La contre-offre syndicale rejetée

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Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, juge la contre-proposition des syndicats «inacceptable» et y voit une impasse.

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

C'est «l'impasse» dans les négociations dans le secteur public: les syndicats du front commun ont fait une contre-offre mercredi qui a été aussitôt rejetée par le gouvernement.

Le front commun reportait sa grève générale de trois jours prévue pour les 1er, 2 et 3 décembre, pour laisser place à la négociation, et demandait un minimum de 6,9 % de hausse salariale sur trois ans. Toutefois, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, juge la contre-proposition «inacceptable» et y voit une impasse.

«On est à des années-lumière de nous entendre, a-t-il affirmé en conférence de presse à l'Assemblée nationale. (...) C'est totalement irréaliste. On ne peut pas bouger, c'est trop loin.»

La nouvelle demande salariale du front commun se chiffre à 2,9 % pour 2015-2016. Pour chacune des deux années suivantes, le front commun exige un minimum de 2 %. Auparavant, le front commun réclamait 4,5 % d'augmentation par année pendant trois ans.

«Somme colossale»

Or pendant ce temps, le Conseil du trésor offre dans sa contre-proposition deux années de gel et trois années avec des augmentations limitées à 1 % par année, soit un contrat d'une durée de cinq ans.

M. Coiteux estime à 12,4 milliards $ l'écart entre les deux offres, en extrapolant sur cinq ans.

«Avons-nous les moyens de verser cette somme colossale? La réponse est non. Ils (les syndicats) le savent, parce qu'ils suggèrent qu'on le prenne dans le Fonds des générations. Ils disent que c'est un choix politique. Oui, c'est un choix politique, mais (le Fonds) c'est le choix de s'occuper des jeunes», a-t-il dit.

Du même souffle, il a mandaté le négociateur en chef du gouvernement pour discuter avec les leaders syndicaux dans les prochains jours afin d'évaluer s'il est possible de «dénouer l'impasse».

Dans les signes qu'il juge encourageants, il y a l'ouverture à la discussion sur le principe de la relativité salariale, ainsi que sur la pérennité des régimes de retraite, mais encore là, il n'y a «aucun signal clair», selon lui.

«Signaux positifs»

Le premier ministre Philippe Couillard a quant à lui perçu des signaux positifs dans la contre-offre des syndicats, en faveur de la poursuite du dialogue, pourvu que le cadre du gouvernement soit respecté. Et il écarte encore actuellement le scénario d'une loi spéciale.

«Pas question de ça, je travaille pour une entente négociée, a dit M. Couillard au cours d'une conférence de presse. Mais il faut qu'on reste dans les paramètres qui mènent à une entente. J'ai de la difficulté à voir la voie vers une entente négociée. Mais je crois qu'on pourrait réussir si chacun y met du sien.»

Pour leur part, les syndicats jugent que leur contre-offre «tient la route», protège leurs membres contre l'appauvrissement, et contribue à rapprocher leurs salaires de ceux du secteur privé.

«On espère que le geste qu'on pose sera vu comme une considération des salariés du secteur public qui tient compte des objectifs du gouvernement d'arriver à une entente négociée et conclue», a indiqué la présidente de CSQ, Louise Chabot.

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