• La Voix de l'Est > 
  • Actualités 
  • > Les centres de la petite enfance de la Montérégie dénoncent les compressions dont ils sont la cible 

Les centres de la petite enfance de la Montérégie dénoncent les compressions dont ils sont la cible

De futures compressions font craindre le pire à... (photo Alain Dion)

Agrandir

De futures compressions font craindre le pire à la directrice générale du CPE L'Amus'Ailes, Julie Tremblay.

photo Alain Dion

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Saint-Paul-d'Abbotsford) Les centres de la petite enfance (CPE) sonnent l'alarme. Impuissants devant les millions de dollars en compressions qui leur sont imposés, plusieurs établissements de la région affichent désormais en façade l'ampleur des efforts budgétaires qu'on exige de leur part.

Cette année seulement, les 143 CPE de la Montérégie ont absorbé 8,5 millions de dollars en coupes. Ceux qui avaient des surplus ont dû piger dans leur cagnotte pour joindre les deux bouts.

À l'échelle québécoise, les CPE doivent composer au cours de l'année 2015-2016 avec 49,2 millions de dollars en moins, auxquels s'ajouteront d'autres coupes l'an prochain. Pour la région, cela pourrait représenter jusqu'à 13,8 millions$, estime Claudette Pitre-Robin, directrice générale du Regroupement des CPE de la Montérégie (RCPEM).

«Déjà, ils ont fait l'analyse de ce qu'ils pouvaient couper, affirme-t-elle. Les heures de certains employés, la cuisine, le soutien et la préparation pédagogique, tout ça y est passé, et ça fait partie de ce qui est essentiel. 13,8 millions de moins l'an prochain, c'est déjà plus que ce que les CPE ont absorbé cette année. C'est impossible de couper sans que ça ait d'impact.»

La campagne d'affichage vise à faire prendre conscience à la population de l'importance des compressions qui touchent le réseau. «Mais c'est aussi pour démontrer que c'est collectif (comme impact), renchérit-elle. Ce n'est pas que le CPE du quartier, c'est partout.»

Marge de manoeuvre inexistante

Au CPE L'Amus'Ailes de Saint-Paul-d'Abbotsford, qui compte 55 places, c'est 23 000$ que Québec a retranchés de son financement cette année.

En plus de réduire les sommes consacrées à quelques sorties et au matériel, le conseil d'administration de l'établissement a réduit de moitié les heures de travail de sa secrétaire-comptable. Il a diminué le nombre de réunions d'équipe, amputé le budget alloué à la formation des employés, et annulé la rencontre de groupe annuelle avec les parents. Tout pour ne pas toucher à la qualité des services offerts aux enfants.

La marge de manoeuvre est désormais inexistante. D'autres compressions font craindre le pire à la directrice générale, Julie Tremblay.

«On s'attend à une coupure de 46 000$ l'an prochain et on est très inquiets, souligne-t-elle. On se demande quelles sont les intentions réelles du gouvernement, mais aussi où on va aller chercher l'argent qui va nous manquer.»

Mme Tremblay, comme d'autres collègues, dénonce l'approche de Québec, qui coupe les vivres sans pour autant assouplir les règles entourant la gestion des CPE. «On n'a pas le choix de se faire des scénarios. Comme on est syndiqués, on a peu de jeu sur les heures de travail. [...] Quand on regarde notre budget, 80% des dépenses sont en salaires et les 20% restants servent à entretenir l'immeuble, à payer l'électricité et le matériel. Mais on doit respecter les normes que nous impose le ministère [de la Famille] et qui sont plus élevées que les garderies privées.»

«Acharnement»

D'autres CPE vivent une situation similaire. Les centres de la petite enfance Les jeunes pousses, de Waterloo, et Le Bambin Club, d'Ange-Gardien, voient leur subvention respective fondre de 26 240$ et de 56 000$, indique Mme Tremblay.

À Granby, le CPE Nez à Nez devra se passer de 61 000$ pour ses deux installations. «C'est beaucoup de sous, note la directrice générale, Nathalie Lavallée. On a coupé dans le matériel éducatif, révisé le menu offert aux enfants, tout ça en même temps qu'on voit le nombre d'enfants avec des besoins particuliers augmenter. On gratte ici et là, mais il viendra un moment où les CPE ne pourront plus encaisser.»

Et avec le coût de la vie qui ne cesse de grimper, la perte financière fait encore plus mal. «Le Ministère nous donne des barèmes de financement qui n'ont jamais augmenté alors que les salaires sont normés par les conventions collectives. L'électricité et la nourriture coûtent beaucoup plus cher qu'il y a quelques années», affirme Mme Lavallée.

«Je ne comprends pas l'acharnement du [gouvernement] sur les enfants, lance Julie Tremblay, qui dresse le parallèle avec les compressions dans le système scolaire. Les CPE, ça a été bâti collectivement, c'est un beau projet de société.»

Les CPE n'ont pas dit leur dernier mot. D'autres actions sont à prévoir d'ici les prochaines semaines pour mettre en garde le gouvernement contre d'autres compressions.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer