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Projet controversé de 150 logements à Cowansville: des citoyens exigent une consultation publique

La maison Robinson dans la rue Principale à... (photo Alain Dion)

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La maison Robinson dans la rue Principale à Cowansville fera place à un édifice de 150 logements pour des personnes âgées.

photo Alain Dion

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Granby) La construction d'un édifice de 150 logements dans un segment patrimonial de la rue Principale à Cowansville et près du lac Davignon continue de soulever la grogne. Un groupe de citoyens formé pour faire échec aux desseins des promoteurs exige que la Ville tienne une consultation publique.

«Les gens ne sont pas contre le projet», assure Jean Yves Hinse, porte-parole du comité Robinson, le nom trouvé par une cinquantaine de citoyens en lien avec la maison Robinson, là où le projet controversé est prévu. «Les gens sont contre le projet à cet endroit», a-t-il dit mardi en entrevue.

Plusieurs éléments font que construire un tel édifice est impensable à cet endroit, soutient-il. Il y a d'abord l'aspect de la protection du patrimoine du secteur, a-t-il dit. Comment peut-on bien intégrer un édifice de quatre étages dans un environnement où les autres bâtiments sont résidentiels et ne font qu'en majorité deux étages?, demande M. Hinse. Comment aussi donner un style victorien à un édifice aussi immense? ajoute-t-il. Il y voit «une fracture patrimoniale».

La densité du projet pose aussi problème, estime M. Hinse. Entre l'hôpital Brome-Missisquoi-Perkins et l'église Sainte-Rose-de-Lima - une distance d'un kilomètre, calcule-t-il -, on compte environ une cinquantaine de maisons. La présence de 150 unités de logement, sur un terrain de 1,4 hectare, pourrait faire en sorte que près de 300 personnes y habitent. L'arrivée d'autant de gens, soutient-il, nuira à la quiétude des résidants du secteur.

Des impacts sur le lac Davignon sont aussi à craindre, croit M. Hinse. Un édifice d'une telle dimension comptant un stationnement souterrain pourrait affecter les berges du lac, dit-il.

Trois représentants du comité de citoyens ont rencontré lundi matin la conseillère du quartier Sweetsburg Lucille Robert ainsi que le directeur général de la Ville, Claude Lalonde, pour leur faire part de leurs inquiétudes. Ils leur ont posé une série de questions. Aucun engagement n'a été donné, a dit M. Hinse.

Lors de cette rencontre, les représentants des citoyens ont formulé trois demandes: que le maire Arthur Fauteux présente le projet immobilier aux citoyens; que la Ville tienne une consultation publique sur ledit projet et qu'elle sursoit à demander à la MRC d'approuver son nouveau plan de zonage découlant de sa refonte de son plan d'urbanisme.

La publication mardi par La Voix de l'Est des esquisses, des détails du projet et des propos d'un des promoteurs, Raymond Lessard, ne change rien aux demandes du comité Robinson, a dit M. Hinse. «Le promoteur a fait valoir ses arguments économiques, mais ça ne nous regarde pas. On n'a pas à dire si c'est beau. Ce qui nous intéresse, c'est que ce secteur soit protégé. La Ville doit nous dire en quoi un tel projet a sa place à cet endroit.»

Jointe mardi, la conseillère Robert s'est dite sensible aux craintes formulées par les citoyens. Elle estime toutefois que le projet présenté s'avérera un plus pour la Ville parce qu'il permettra de répondre à un besoin en matière d'hébergement de personnes âgées. L'endroit choisi est idéal, selon elle. «Les personnes âgées ont aussi le droit d'avoir un beau milieu de vie, des services médicaux à proximité», a-t-elle dit en référence à l'hôpital BMP situé tout près.

La Ville mettra tout en oeuvre, assure Mme Robert, pour protéger le lac, ses berges et le couvert forestier du terrain. «On s'est posé toutes ces questions-là aussi. On peut faire le projet et conserver tout cet environnement.»

Fait à noter, la fille de l'époux de Mme Robert, Nicole Raymond, était une des deux propriétaires de la maison Robinson avant sa vente à la compagnie de M. Lessard, le 1er octobre dernier. La conseillère assure n'avoir participé à aucune rencontre en lien avec le projet avant cette date pour éviter tout conflit d'intérêts. Elle se sent à l'aise d'être impliquée depuis la transaction. Il s'agit de son quartier, a-t-elle rappelé.

Modification

Au début du mois, le conseil municipal a approuvé un nouveau plan d'urbanisme. Un des éléments modifiés a trait au nombre d'étages permis dans le secteur patrimonial de la rue Principale. Il passe de trois à quatre étages. Cette modification a été ajoutée au plan d'urbanisme par le conseil municipal quelques semaines après le dépôt du projet en juillet par les promoteurs de la firme Pur Immobilia, a-t-on appris.

Le comité Robinson entend saisir la Commission municipale du Québec de l'affaire. Les membres du groupe sont d'avis que la Ville a manqué à ses obligations en matière de procédure pour changer un zonage.

Si cette avenue s'avère un cul-de-sac, M. Hinse n'écarte pas l'idée que le comité fasse campagne pour bloquer l'adoption du plan d'urbanisme. La pièce législative doit être soumise à un registre. Pour qu'un référendum soit tenu, 500 citoyens devront le réclamer en signant le registre.

M. Hinse souhaite ne pas se rendre jusque-là. L'enjeu est trop important pour créer des divisions parmi la population. «On veut que la Ville travaille avec ses citoyens et non pas seulement avec les promoteurs», a-t-il dit.

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