Pierre Paradis: 35 années de passion

Pierre Paradis et sa femme Anne, qui fêtaient... (photo Janick Marois)

Agrandir

Pierre Paradis et sa femme Anne, qui fêtaient également leur 35e anniversaire de mariage.

photo Janick Marois

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Bromont) C'était jour de fête, lundi, pour Pierre Paradis, sa famille, ses collègues et son équipe. Le politicien célèbre le 16 novembre son 35e anniversaire de vie politique. Député de Brome-Missisquoi depuis 1980, M. Paradis a accordé une entrevue à La Voix de l'Est pour parler du passé, mais aussi de l'avenir.

Heureux dans sa pratique du droit, rien ne laissait croire que Pierre Paradis allait sauter à pieds joints dans ce qui allait devenir une longue carrière politique. Il dit lui-même qu'il n'avait pas l'intention de faire de la politique active, l'année même où il était impliqué dans le camp du «non» du référendum de 1980. Il croyait alors que le président de l'association libérale de Brome-Missisquoi allait se porter candidat. Mais c'est plutôt son nom qui s'est retrouvé sur le bulletin de vote.

Il était alors âgé de 30 ans et on a tôt fait de lui faire confiance pour lui confier non pas un, mais... trois ministères.

«La première fois que j'ai été nommé ministre, c'est en 1985. J'avais eu trois ministères à l'époque en même temps. J'avais eu Main d'oeuvre et Sécurité du revenu, que Pauline Marois avait eu avant moi, j'avais eu Emploi et Concertation et j'ai eu Travail. On a provoqué un remaniement, Paul H. Gobeil et moi, en 1988. J'avais eu les Affaires municipales et Habitation. Avec trois ministères, je m'en venais essoufflé.»

Alors que les ministres de l'Environnement ne faisaient en général que six mois, Pierre Paradis s'est vu confier ce bureau pendant quatre ans et demi. Durant les derniers six mois, la Faune s'est ajoutée. «Je l'ai apprécié parce qu'à l'époque, je venais de déclarer certains végétaux comme espèces menacées. Et au lieu d'engager toute une série d'autres inspecteurs pour aller se promener dans le bois, j'avais fait une entente avec le syndicat des agents de la faune pour leur ajouter cette responsabilité.»

Les projets du comté

Le député a pu se consacrer entièrement à sa circonscription à partir de 2003, alors que le premier ministre Jean Charest ne lui avait confié aucun ministère. «Mais ça a été une période pour rééquilibrer ma vie et le comté, juge-t-il. Ça a été une période où on a agrandi l'hôpital, on a rénové le palais de justice à Cowansville, on a mis plus de 30 000 acres sous protection avec Conservation de la nature dans les monts Sutton, on a procédé à l'inauguration du Centre de développement en microtechnologie à Bromont.»

Être au service de sa circonscription et des électeurs de Brome-Missisquoi est d'ailleurs sa plus grande fierté. Trente-cinq ans en politique, c'est long. Peu y arrivent. Son le doyen de l'Assemblée nationale, François Gendron, a fait mieux, lui qui a été élu en 1976.

Quel est le secret d'une aussi grande longévité politique?

«Il y a un paquet de conjonctures qui fait en sorte que c'est possible pour certains. La durée moyenne d'un député, je pense que c'est 6 ans et demi. François Gendron et moi, on magane la moyenne, commente M. Paradis en riant. Il faut avoir la passion, il faut que chaque jour, quand tu te lèves, ça te tente. J'en ai vécu, j'en ai connu des gens de tous les partis confondus qui sont restés sans avoir la passion. Tu voyais dans leurs yeux qu'ils n'avaient plus le goût de se battre.»

Loin de la retraite

Pour le garder actif, les citoyens lui amènent les enjeux qui les préoccupent. Il donne en exemple une pharmacienne inquiète de ne plus pouvoir recycler convenablement les seringues souillées. «J'en ai d'autres qui sont dans les vignobles ces temps-ci qui me harcèlent, et à juste titre. Ça ne lâche jamais.»

Parlant de vins et du programme d'aide à la commercialisation du ministère de l'Agriculture, «l'historique est bien simple, le Parti québécois avait promis [de l'argent sur les bouteilles vendues en SAQ] deux mois avant la campagne électorale, mais il n'avait pas voté le budget. Il n'avait pas l'argent. Quand on est entrés au pouvoir, ils m'ont envoyé un chèque de plus ou moins 3 M$ et moi j'ai fait les chèques aux producteurs. Le programme a pris fin le 31 mars.» Les chèques ont été signés en fonction des informations obtenues à la SAQ sur les ventes faites par les producteurs de vins.

Pierre Paradis a toujours la passion de la politique et a déjà son lot de projets régionaux en tête. Le manque de places en hébergement pour aînés à Bedford et à Cowansville préoccupe l'homme politique. Tout comme une demande pour une école primaire à Shefford. Les postes de la Sûreté du Québec de Waterloo et de Cowansville sont «défraîchis», qualifie-t-il. Il s'agit là d'un autre enjeu pour le futur.

Les infrastructures sportives font aussi partie des demandes de la population, comme l'aréna à Bedford et ce qui entoure les Jeux équestres mondiaux qui se dérouleront à Bromont en 2018.

«Il faut continuer sur le plan de l'environnement. On est en train de finaliser le parc du Mont Orford, pour le doubler de superficie. Après ça on procède à des acquisitions entre le parc du Mont Sutton et le parc du Mont Orford en suivant le corridor de la rivière Missisquoi Nord, qu'on appelle le corridor bleu, avec Conservation de la nature. C'est emballant comme projet.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer