Édifice de 150 logements à Cowansville: le promoteur s'explique

Le groupe Pur Immobilia compte construire un édifice... (esquisse fournie par Pur Immobilia)

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Le groupe Pur Immobilia compte construire un édifice à quatre étages comptant 150 appartements pour des personnes âgées dans la rue Principale à Cowansville, tout près du lac Davignon.

esquisse fournie par Pur Immobilia

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Cowansville) L'édifice de 150 logements de quatre étages pour personnes âgées que veut construire Pur Immobilia rue Principale à Cowansville respectera les caractéristiques patrimoniales du secteur, assure Raymond Lessard, l'un des promoteurs.

«Ce n'est pas un projet improvisé sur le coin d'une table. C'est un projet réfléchi. On fait affaire avec des architectes spécialistes qui connaissent ça, qui travaillent dans l'intégration des bâtiments. On propose quelque chose de beau», a-t-il soutenu hier soir en entrevue à La Voix de l'Est. L'homme d'affaires de Frelighsburg dit compter une dizaine d'années d'expérience dans des projets immobiliers dans le Vieux-Montréal.

Le projet est prévu en deux phases. Une fois la maison Robinson, bâtie en 1900, démolie, une première phase au printemps 2016 prévoit la construction d'une centaine d'unités de logement. Les 50 autres seraient prêtes pour le mois de mai 2017, a dit M. Lessard. Il est question d'un investissement de 25 millions de dollars.

L'édifice n'occupera que 24% de la superficie du terrain de 14 115 mètres carrés (151 933 pieds carrés), insiste-t-il. Aucun arbre ne sera coupé sur le terrain, ni près des berges. Et tous les «matériaux utilisés seront nobles», a-t-il dit. Le style victorien du secteur sera favorisé, a-t-il expliqué. «Ça va être un style New England. On ne s'en va pas là pour défaire le paysage.»

L'édifice comptera un stationnement souterrain pouvant accueillir 80 véhicules ainsi qu'un stationnement hors-terre de 20 espaces. Il est question par ailleurs d'aménager un accès aux berges du lac en plus de terrasses pour les résidants.

La résidence pour personnes âgées vise une clientèle de retraités à revenus moyens, indique Raymond Lessard. Elle offrira des soins médicaux et sera dotée d'une salle à manger au quatrième étage, d'une bibliothèque et d'une salle de jeux. Le bâtiment comptera 105 appartements de trois pièces et demie, 30 de quatre pièces et demie et 15 de deux pièces et demie.

Accueil favorable

M. Lessard dit plancher sur ce projet depuis plusieurs mois avec son partenaire Philippe Bernard. Ce dernier l'a présenté à des représentants de la Ville en juin. L'accueil a été favorable, a-t-il dit. «On pense que c'est un bon projet pour la Ville. Ça comble un besoin en hébergement pour les personnes âgées», a-t-il dit, citant une étude de marché de la firme Raymond Chabot Grant Thornton d'avril 2015.

La nouvelle propriété rapportera environ 250 000$ par année en taxes foncières, estime-t-il.

Les deux promoteurs ont fondé une compagnie le 17 septembre dernier pour lancer leur projet. Leur entreprise, 9329-1078 Québec Inc, a ensuite acheté la propriété sise au 738 de la rue Principale, connue comme la maison Robinson, le 1er octobre, au coût de 800 000$. L'évaluation municipale de la maison construite en 1900 est de 680 700$, soit 518 300$ pour la maison et 162 400$ pour le terrain.

Les promoteurs avaient l'intention de rencontrer les médias lundi en matinée pour présenter leur projet. La rencontre a été reportée parce que les esquisses n'étaient pas prêtes, a dit M. Lessard. Lorsque nous avons réussi à le joindre, il a accepté de nous les envoyer.

Contrairement à ce que disaient les membres du conseil au début du mois, le groupe de M. Lessard n'avait pas l'intention de rencontrer les citoyens pour présenter leur projet. C'est la responsabilité de la Ville, estime-t-il. L'homme d'affaires se dit cependant prêt à le faire. Il prévoit entrer en contact avec les autorités municipales mardi pour discuter de la meilleure façon de procéder. «On sait que les citoyens ont des questions légitimes. On est prêts à y répondre. Mais on veut que ce soit un débat civilisé avec les gens.»

Contre-offensive des citoyens

Le projet de construire un tel édifice dans un secteur patrimonial et près du lac continue de soulever la grogne. Un groupe de citoyens s'est formé pour faire échec aux desseins des promoteurs pour le terrain où se trouve la Maison Robinson.

«Les gens ne sont pas contre le projet», assure Jean Yves Hinse, porte-parole du comité Robinson. «Les gens sont contre le projet à cet endroit», a-t-il dit hier en entrevue.

Plusieurs éléments font que construire un tel édifice est impensable à cet endroit, soutient-il. Il y a d'abord l'aspect de la protection du patrimoine du secteur, a-t-il dit. Comment peut-on bien intégrer un édifice de quatre étages dans un environnement où les autres bâtiments sont résidentiels et ne font qu'en majorité deux étages, demande-t-il. Comment aussi donner un style victorien à un édifice aussi immense, a-t-il ajouté. Il y voit «une fracture patrimoniale».

La densité du projet pose aussi problème, opine M. Hinse. Entre l'hôpital Brome-Missisquoi-Perkins et l'église Rose de Lima, une distance de 1 kilomètre calcule-t-il, on compte environ une cinquantaine de maisons. La présence de 150 unités de logements, sur un terrain de 14 000 mètres carrés (150 695 pieds carrés) pourrait faire en sorte que près de 300 personnes y habitent. L'arrivée d'autant de gens, soutient-il, nuira à la quiétude des résidants du secteur.

Des impacts sur le lac Davignon sont aussi à craindre, croit M. Hinse. Un édifice d'une telle dimension comptant un stationnement souterrain pourrait affecter les berges du lac, dit-il.

Des représentants du comité de citoyens ont rencontre hier matin la conseillère Lucille Robert ainsi que le directeur général de la Ville, Claude Lalonde, pour leur faire part de leurs inquiétudes. Ils leur ont posé une série de questions. Aucun engagement n'a été donné, a dit M. Hinse.

Lors de cette rencontre, les représentants des citoyens ont formulé trois demandes: que le maire Arthur Fauteux présente le projet immobilier aux citoyens; que la Ville tienne une consultation publique sur ledit projet et qu'elle sursoit à demander à la MRC d'approuver son nouveau plan de zonage découlant de sa refonte de son plan d'urbanisme.

Au début du mois, le conseil municipal a approuvé un nouveau plan d'urbanisme. Un des éléments modifié a trait au nombre d'étages permis dans le secteur patrimonial de la rue Principale. Il passe de trois à quatre étages. Cette modification ouvre la voie au projet présenté à la Ville par les promoteurs.

Le comité Robinson entend saisir la Commission municipale du Québec de l'affaire. Les membres du groupe sont d'avis que la Ville a manqué à ses obligations en matière de procédure pour changer un zonage.

Si cette avenue s'avère un cul-de-sac, M. Hinse n'écarte pas l'idée que le comité fasse campagne pour bloquer l'adoption du plan d'urbanisme. La pièce législative doit être soumise à un registre. Pour qu'un référendum soit tenu, 500 citoyens devront le réclamer en signant le registre.

M, Hinse souhaite ne pas se rendre jusque-là. L'enjeu est trop important pour créer des divisions dans la population. «On veut que la Ville travaille avec ses citoyens et non pas seulement avec les promoteurs», a-t-il dit.

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