La France intensifiera ses opérations contre l'ÉI

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Le président français François Hollande, au centre, accompagné du premier ministre Manuel Valls et de la ministre de l'Éducation Najat Vallaud-Belkacem, se recueille pendant une minute de silence parmi les étudiants dans la cour de l'Université Paris-Sorbonne, lundi.

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Paris

La France est «en guerre» et intensifiera ses opérations en Syrie, a déclaré le président français devant les parlementaires, ajoutant qu'il convenait de modifier la Constitution pour répondre aux menaces actuelles auxquelles le pays fait face.

Les attentats de vendredi soir «constituent une agression» contre la France, «contre ses valeurs, contre sa jeunesse, contre son mode de vie», a affirmé François Hollande durant un discours prononcé lundi après-midi, et elle répondra «avec la détermination froide qui convient».

La France veut intensifier les frappes contre le groupe armé État islamique (ÉI), qui a revendiqué la responsabilité des attentats, avec le concert de la communauté internationale. Aussi le porte-avions Charles de Gaulle sera-t-il envoyé en Méditerranée orientale pour tripler les capacités de l'armée française au Moyen-Orient.

Dans la nuit de dimanche à lundi, Paris a lancé sa plus importante frappe aérienne contre des cibles de l'ÉI en Syrie. D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme, les frappes n'ont pas tué de civils et ont seulement touché des cibles militaires à Raqqa, la capitale de facto de l'ÉI. L'organisme a indiqué qu'il y avait eu des morts dans les rangs de l'ÉI, sans donner de bilan.

D'après le ministère français de la Défense, 12 appareils ont largué 20 bombes dimanche soir. M. Hollande rencontrera donc les présidents américain et russe «pour unir nos forces pour atteindre un résultat qui, pour l'instant, est encore renvoyé à trop long terme», pour «éradiquer le terrorisme».

L'état d'urgence prolongé

Il a annoncé qu'un projet de loi serait déposé dès mardi pour prolonger de trois mois l'état d'urgence décrété vendredi soir, tout juste après les attentats terroristes qui ont fait 132 morts de 19 nationalités et des centaines de blessés. L'état d'urgence permet aux autorités de procéder à des perquisitions et des arrestations.

L'évolution des menaces et des technologies a rendu désuets certains articles de la Constitution française, a affirmé M. Hollande. Mentionnant que c'était «des Français qui ont tué vendredi d'autres Français», il a dit souhaiter réformer la Constitution pour que le gouvernement puisse révoquer la citoyenneté des terroristes nés en France qui ont une double nationalité.

Les lois actuelles permettent seulement de révoquer la citoyenneté des binationaux naturalisés. L'Europe doit par ailleurs contrôler ses frontières extérieures. Si elle ne le fait pas, ce sera le retour aux frontières nationales, et la fin de l'espace Schengen, a fait valoir le président.

L'enquête progresse

Deux accusations et de nombreuses perquisitions ont été effectuées lundi, en France et en Belgique, en lien avec les six attentats.

Les informations des enquêteurs les ont rapidement menés notamment vers la Belgique, où plusieurs arrestations ont été faites depuis vendredi. Le bureau du procureur belge a indiqué lundi que cinq des sept suspects détenus durant le weekend ont été relâchés.

Deux autres ont été accusés d'attentat terroriste.

D'après un responsable français au fait de l'enquête, c'est un Belge, Abdelhamid Abaaoud, qui serait derrière les attaques coordonnées de huit assaillants. Les autorités croient qu'il a également des liens dans l'attaque d'un train, bloquée par des passagers américains, et d'une église de la région de Paris. Un appel à témoin a aussi été transmis internationalement pour retrouver la trace d'un Français d'origine belge qui serait impliqué dans les attentats. La police nationale de France fait circuler la photo de Saleh Abdeslam, âgé de 26 ans.

De plus, une opération majeure de trois heures s'est déroulée dans la commune de Molenbeek-Saint-Jean, en banlieue de Bruxelles, mais n'a mené à aucune arrestation. Déjà, samedi, trois personnes ont été arrêtées dans ce quartier. Il n'y a pas eu de blessé durant l'opération, mais deux explosions ont été entendues. La police n'a pas donné de détails.

Les autorités avaient recommandé aux résidants de rester loin de la rue, où des policiers masqués et lourdement armés ont établi un périmètre de sécurité.

Au moins deux des assaillants de vendredi soir étaient des Français vivant en Belgique, a-t-on appris dimanche. Un responsable judiciaire a dévoilé leur identité lundi. L'un d'eux, le second kamikaze du Stade de France, se nommerait Bilal Hadfi et serait âgé de 20 ans. L'autre, qui s'est fait exploser boulevard Voltaire, serait Brahim Abdeslam, 31 ans, le frère de Saleh Abdeslam, qui est recherché. Un troisième frère de la famille Abdeslam, Mohammad, a été relâché après avoir été mis en garde à vue durant le weekend. Son avocate, Nathalie Gallant, a affirmé au réseau RTL que son client «n'avait pas fait les mêmes choix de vie».

Le bureau du procureur de Paris a par ailleurs identifié lundi deux autres des kamikazes qui ont sévi vendredi soir dans le coeur de la capitale française.

L'un d'eux, Samy Amimour, est un Français de 28 ans qui a actionné son gilet d'explosifs après avoir fait irruption au Bataclan, une salle de spectacle où il y a eu le plus de morts, soit 89, après une longue prise d'otages. Amimour faisait l'objet d'un mandat d'arrestation international depuis qu'il avait échappé aux autorités alors qu'il était sous contrôle judiciaire, pour de possibles liens avec des entreprises terroristes. Trois membres de sa famille ont été placés en garde à vue lundi matin.

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