Négos du secteur public: contre-proposition mercredi

Le président de la FTQ, Daniel Boyer.... (archives La Voix de l'Est)

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Le président de la FTQ, Daniel Boyer.

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne
Montréal

Le front commun intersyndical du secteur public déposera mercredi sa contre-proposition au gouvernement Couillard, une contre-proposition qu'il promet significative.

Le président de la FTQ, Daniel Boyer, l'a confirmé en entrevue, lundi, alors qu'il participait à LaSalle à une marche des syndiqués du front commun qui débraient, lundi et mardi, dans la région de Montréal.

En entrevue, aux côtés de quelques centaines de piqueteurs et syndiqués, M. Boyer a indiqué qu'il espérait que cette contre-proposition soit de nature à relancer les négociations qui piétinent avec le Conseil du trésor.

«On pense que oui. Contrairement à la dernière proposition de M. (Martin) Coiteux (président du Conseil du trésor), on va faire un pas significatif. On veut régler; on le dit depuis le début. On ne veut pas faire la grève; on veut une convention collective négociée pour nos membres. Et on va déposer une proposition qui fait beaucoup de sens et qui va rapprocher les parties dans le but de trouver un règlement», a confié M. Boyer.

Interrogé à savoir si le front commun serait prêt à accepter des gels de salaires, puisque Québec en propose pendant deux ans sur cinq et qu'il martèle qu'il doit demeurer à l'intérieur de son enveloppe budgétaire, M. Boyer a laissé entendre que non.

Aucun gel salarial

«On n'acceptera pas de gel. Bien, écoutez, M. Coiteux, ce qu'il propose, c'est un appauvrissement de nos membres, les travailleurs du secteur public. Donc, on va déposer une proposition qui, bien sûr, ne vise pas l'appauvrissement. Il y a un certain rattrapage à avoir par rapport aux autres travailleurs québécois. Donc, la proposition va aller dans ce sens-là», a-t-il répondu.

La contre-proposition syndicale ne portera pas seulement sur les salaires, puisque Québec, dans son offre, a aussi proposé de faire passer progressivement de 60 à 62 ans l'âge auquel il sera possible de prendre sa retraite sans pénalité.

«Ça va englober l'ensemble des propositions qui sont discutées à la table centrale», a précisé M. Boyer. À la table centrale sont négociées les questions de salaires et de retraite.

Québec a bonifié son offre, il y a une dizaine de jours, mais cela a été jugé insuffisant par l'ensemble des syndiqués des secteurs public et parapublic. Il a maintenu son offre de deux années de gel et de trois années avec des augmentations de 1 %, mais en modifiant l'ordre de ces années, de manière à ce qu'une augmentation de 1 % soit versée plus tôt. De même, il a ajouté 550 millions$ dans un exercice de relativité salariale dans le but de rehausser les échelles de salaires de milliers d'employés de l'État.

Tant les syndiqués du front commun - 400 000 des 500 000 employés de l'État - que les autres organisations syndicales ont rejeté publiquement ces offres, la journée même. Pour le front commun, sa contre-proposition de mercredi constituera sa réplique officielle à la table de négociation.

«Qu'est-ce que le front commun demande depuis le début des mobilisations? Le front commun demande qu'il n'y en ait pas juste pour les médecins, mais qu'il y en ait pour les enseignants, le personnel de soutien, les professionnels», a lancé de son côté Jacques Létourneau, président de la CSN, qui motivait ses troupes derrière les piquets de grève à l'Hôpital LaSalle.

La grève tournante du front commun touche lundi et mardi les régions de Montréal et Laval, dans les commissions scolaires, les hôpitaux et autres établissements, comme le Palais des congrès. Il s'agit d'une grève de deux jours comme dans les autres régions qui ont précédé.

Grève générale?

Le front commun prévoit ultimement une grève générale les 1er, 2 et 3 décembre si les négociations avec Québec ne portent pas leurs fruits.

D'ailleurs, des syndiqués ont réussi à retarder les allocutions que prononçaient le premier ministre Philippe Couillard à Sherbrooke et le ministre des Finances, Carlos Leitao, à Montréal.

Le premier ministre Couillard a encore une fois exclu, pour le moment, l'adoption d'une loi spéciale pour imposer le retour au travail et décréter les conditions des employés de l'État. Il a interprété comme une bonne nouvelle le fait que le front commun s'apprête à déposer une contre-proposition mercredi.

«Je pense qu'on peut avoir une entente négociée, par contre les moyens financiers du Québec ne sont pas élastiques. Le cadre financier est celui qu'on a annoncé», a commenté le premier ministre, ajoutant qu'il n'allait pas remettre en question l'équilibre budgétaire du Québec et l'abolition promise de la «Taxe santé». Mais, a-t-il dit, «on peut faire des réaménagements».

Quant à la loi spéciale, «tant que je vois qu'il est possible, de bonne foi, d'arriver à une entente négociée, (je garde espoir)», a-t-il laissé entendre. «S'il y a un arrêt de progression et que je vois que c'est difficile, là, c'est une autre question», a-t-il ajouté.

M. Couillard a pris soin de rappeler que la session parlementaire prenait fin exceptionnellement tôt, cette année, soit le 4 décembre.

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