La guerre fantôme

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«On est en train d'importer en Europe ce type de guerre qui, depuis plusieurs années, se déroule de cette manière dans les pays arabes, et je pense que le Canada devrait se méfier énormément», affirme l'historien Laurent Busseau, un résidant de Dunham d'origine française.

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Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Le monde est à un tournant, en ce début de 21e siècle, avec un nouveau type de guerre qui assaille maintenant l'Occident. Selon Laurent Busseau, Québécois d'origine française et historien sans frontières, les attaques terroristes perpétrées à Paris vendredi sont «une tactique qui a déjà été utilisée dans les pays du Moyen-Orient.»

«Je pense notamment à Beyrouth, au Liban, explique-t-il. Je pense qu'on est en train d'importer en Europe ce type de guerre qui, depuis plusieurs années, se déroule de cette manière dans les pays arabes, et je pense que le Canada devrait se méfier énormément. Là, on vient de l'importer sur le sol français, mais aussi sur le sol européen. Puis, il y a eu des avant-gardes. On a arrêté une personne qui voulait faire des attentats contre l'arsenal militaire de la marine nationale à Toulon dans le sud. Je viens de voir qu'on a arrêté quelqu'un avec un transport d'armes en Allemagne destiné à la France.»

Bouleversé, le résidant de Dunham ne mâche pas ses mots. «Il ne faut pas se leurrer: les vrais acteurs sont les pays arabes pétroliers qui veulent réinstaurer un ordre islamiste intégriste. Et l'État islamique n'est juste qu'un pantin. Il faut viser ceux qui paient véritablement ces pantins.»

M. Busseau parle d'un type de guerre qui se fait sans uniforme et croit que le Canada n'est pas prêt à faire face à la menace. Les attentats contre le journal satirique français Charlie Hebdo, en janvier, ont créé un état de crise et un important sentiment de solidarité. Mais avec les attaques du 13 novembre, on parle de guerre, dit-il.

«J'ai encore beaucoup d'amis en France et à Paris. Je sais qu'ils ne sont pas touchés directement, mais je me sens concerné par les jeunes du Bataclan, même si je ne les connais pas. Ce matin encore (samedi), chose qui est très rare pour moi, je pleurais beaucoup. J'estime qu'on a passé un stade. On vient de rentrer de plain-pied dans un conflit. On est véritablement en guerre cette fois-ci.»

«Charlie Hebdo, c'était une attaque contre un symbole de liberté. Là, c'est la peur et l'incompréhension.»

Après le symbole, la terreur

Anne Marie Comparot, dont le père, le frère, ainsi que des oncles, tantes et cousins habitent en France, est atterrée. Vendredi, la résidante de Saint-Joachim a fait tout son possible pour éviter que ses enfants réalisent l'horreur des événements. Mais une fois son conjoint revenu à la maison, elle a pu évacuer les émotions.

«J'étais super émue, laisse-t-elle tomber. J'ai pleuré.» Son cousin François habite tout près de la salle de spectacle Le Bataclan, qui a été la cible de tireurs à la Kalachnikov. Sa famille a vécu un stress important en se demandant s'il se trouvait au spectacle.

«Je pouvais très bien m'imaginer être avec mon conjoint et mes amis au Bataclan pour prendre un verre, dit-elle. On est attaqués! C'est la guerre!»

En écoutant les infos à la télévision, elle a envoyé un courriel à son père afin de prendre des nouvelles. Ils se sont parlé au téléphone samedi matin, pendant une heure, pour discuter du drame.

L'ennemi invisible

La famille qui exploite Tartes et Clafoutis, à Granby, a aussi été touchée par les attentats perpétrés vendredi dans son pays d'origine. La famille de Catherine Pannier a choisi le Canada comme terre d'accueil, il y a quinze ans, et n'est jamais depuis retournée en France. La dame se montre donc plus critique face à la situation, jouissant d'un certain recul.

«On trouve que c'est une guerre fantôme parce qu'on ne voit pas l'ennemi. Et on sait que le gouvernement français a fait pas mal d'erreurs au départ. C'est triste parce que ce sont toujours des innocents qui payent. On ne voudrait pas que ça se reproduise dans d'autres pays, mais c'est sûr que ça va se passer.»

Luc Perron, président de l'Association Québec-France régionale Haute-Yamaska, s'est dit effaré par les attaques, et solidaire du peuple français. «C'est totalement abominable, c'est totalement inacceptable», lance-t-il. Les attaques font preuve d'une négation du droit fondamental à la vie, ajoute-t-il.

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