Denis Coderre constate l'état des eaux

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Le Maire Coderre, après être descendu dans les entrailles de la ville afin d'inspecter les réparations.

Presse Canadienne

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La Presse Canadienne
Montréal

L'état de détérioration avancé de l'intercepteur sud-est a convaincu le maire de Montréal, Denis Coderre, qu'il avait fait le bon choix en autorisant le déversement d'eaux usées non traitées dans le fleuve Saint-Laurent, a-t-il déclaré, jeudi, quelques heures après être descendu dans les entrailles de la ville afin d'inspecter les réparations.

Accompagné par des représentants de la municipalité, M. Coderre est allé vérifier par lui-même l'importance des dommages et le déroulement de la réfection dans la conduite d'égout. Une expérience qui, selon lui, l'a persuadé du bien-fondé de sa décision.

«Les 30 minutes que j'ai passées en bas ont confirmé que ces travaux étaient vraiment nécessaires», a-t-il assuré devant les journalistes après être remonté à la surface.

Denis Coderre s'est défendu contre les accusations de Projet Montréal, qui soutient que le maire, en voulant descendre dans l'intercepteur, était davantage préoccupé par son image que par les conséquences réelles du déversement.

«Il me semble que tu es un petit peu plus crédible quand tu es sur le terrain pour voir ce qui se passe, puis dire aux gens comment ça fonctionne, a-t-il répondu. Moi, je vais être là tout le temps, moi je vais accompagner tout le temps. Je suis là pour les Montréalais, je suis là pour les travailleurs, et puis c'est comme ça que j'ai travaillé toute ma vie, et c'est pour ça qu'il y a un niveau de confiance entre la population et moi.»

M. Coderre, qui a précisé avoir été vacciné contre le tétanos et les virus de l'hépatite A, B et C avant de s'aventurer dans la conduite, a expliqué qu'il voulait, «par ce geste, premièrement, davantage apprendre ce qui se passe sur le terrain, mais en plus rendre hommage à ces travailleurs (...) des gens qui travaillent dans une situation hasardeuse».

La suite des choses

La Ville de Montréal a commencé mercredi après minuit le déversement de huit milliards de litres d'eaux usées directement dans le fleuve Saint-Laurent, sans passer par l'usine d'épuration, afin d'assécher puis de remettre à niveau un intercepteur d'égouts collecteurs. Ces travaux, qui doivent durer sept jours, permettront aussi des réparations à la chute à neige sous l'autoroute Bonaventure, qui est présentement démolie pour faire place à un grand boulevard urbain.

M. Coderre a indiqué que, sans les réparations, des fragments de matériaux provenant de la conduite auraient pu tomber dans l'eau, être transportés jusqu'à la station de traitement et potentiellement endommager l'équipement.

Jeudi, les responsables de l'opération ont affirmé que les équipes, qui sont à l'oeuvre 24 heures sur 24 dans l'immense infrastructure souterraine, progressaient plus rapidement que prévu. Environ 25 employés sont mobilisés pour cette tâche qui comprend l'inspection, la réparation, le retrait d'équipement détérioré et le nettoyage de débris accumulés.

Les villes comme Montréal pourraient bientôt recevoir des millions de dollars de la part du gouvernement fédéral afin de rénover leurs installations de traitement des eaux usées.

Le premier ministre Justin Trudeau a en effet réitéré, jeudi, sa promesse électorale de créer un fonds pour les infrastructures vertes. Prenant la parole devant les reporters à Ottawa, M. Trudeau a reconnu que la métropole québécoise se trouvait dans une situation «fâcheuse».

«Cela fait trop longtemps que le Canada a investi dans le traitement des eaux usées et c'est pour cette raison que nous nous sommes engagés à investir 20 milliards $ sur 10 ans dans les infrastructures vertes, incluant celles consacrées au traitement de l'eau.»

Denis Coderre a laissé entendre que Montréal réclamerait bientôt au fédéral un peu de cet argent afin de restaurer ses installations vieillissantes.

«M. Trudeau et moi avons discuté et c'est clairement quelque chose qui doit être fait», a-t-il révélé au sujet de la réfection du système d'égout montréalais.

Par ailleurs, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, croit que le déversement ne nuirait pas à l'image de Montréal et du Québec.

«Si on le regarde de façon superficielle, peut-être», a concédé M. Couillard, qui se trouvait en mission commerciale à Boston, jeudi.

«Mais lorsqu'on donne les explications, comme on fait actuellement partout, et qu'on se rend compte que tous les experts concernés ont confirmé qu'il s'agissait de la seule solution, je pense que les gens comprennent très bien.»

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