La philanthropie à l'ère du numérique

Le président directeur général du Groupe Capitales Médias,... (photo Alain Dion)

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Le président directeur général du Groupe Capitales Médias, Claude Gagnon, s'est adressé à une centaine de représentants d'une soixantaine de fondations du secteur de la santé, jeudi.

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Bromont) Médias et bonnes causes sont depuis longtemps intimement liés. Ils font également face à des enjeux similaires, d'où l'importance de savoir s'adapter pour rejoindre sa clientèle cible exactement là où elle est. Tel est le discours tenu par le président directeur général du Groupe Capitales Médias, Claude Gagnon, à une centaine de représentants d'une soixantaine de fondations du secteur de la santé dans le cadre du 16e Colloque annuel de l'Association des fondations d'établissements de santé du Québec (AFÉSAQ), jeudi.

«Au tournant des années 2010, il y a eu un choc dans l'univers médiatique. Un véritable tsunami, dont on ne pouvait pas deviner la hauteur, et qui vous concerne aussi» a déclaré le président-éditeur du quotidien Le Soleil au cours de son allocution durant laquelle il a dressé de nombreux parallèles entre l'industrie des médias écrits et le milieu philanthropique.

«Les nouveaux modèles d'affaires doivent être directs et évolutifs», a-t-il ensuite affirmé, faisant référence à la transformation des habitudes de consommation de contenu des plus jeunes auditoires.

Alors que l'achalandage des médias sociaux semble être demeuré stable ou en légère hausse au cours des dernières années, en 2012, à peine 17% des adultes québécois s'informaient sur un appareil mobile. Cette proportion est passée à 38% en 2014. L'usage de l'appareil dans la population a pour sa part cru de 24% au cours de la dernière année, a avancé le conférencier.

«On ne peut l'ignorer, car ça devient une manière incontournable de rejoindre une clientèle cible», constate M. Gagnon, avant d'y aller d'un bref tour d'horizon sur les nouvelles initiatives technologiques de différents quotidiens nord-américains. Il a bien sûr présenté à son public la nouvelle application des six quotidiens de Groupe Capitales Médias, qui bonifie l'offre de plateformes sur lesquelles il est possible d'avoir accès à une information régionale de qualité.

«Il faut suivre le lecteur où il va, en lui donnant le choix», a affirmé le PDG, mentionnant qu'à peine 138 désabonnements aux journaux papier ont eu lieu, six quotidiens confondus, depuis le lancement de L'incontournapp', le 14 octobre dernier. «Les habitudes des gens changent, alors nous devons changer nous aussi», a-t-il réitéré.

Se réinventer

Cette année, le thème du colloque était «Innover pour se démarquer». Les participants ont été invités à échanger et à réfléchir sur des manières originales de se réinventer alors que les besoins des hôpitaux sont toujours croissants.

«On doit s'adapter aux changements, que ce soit chez nous ou dans les médias. Les jeunes sont interpellés par plein de causes, mais ils délaissent les médias traditionnels, alors on doit revoir nos techniques pour les approcher», affirme André Larocque, directeur général de la Fondation du Centre hospitalier de Granby.

La technologie et les nouvelles tendances en collecte de fonds ont fait partie intégrante de ce rendez-vous de deux jours, alors qu'ont été explorées les coulisses du sociofinancement, des stratégies axées sur les réseaux sociaux et l'utilisation des bases de données, entre autres.

«Comme dans la consommation des médias, il y a un changement dans la consommation de la philanthropie, reconnaît Hugo Rivard-Royer, directeur général de l'AFÉSAQ. Nos donateurs plus jeunes s'intéressent moins aux tournois de golf; ils recherchent des expériences positives dont ils pourront parler à leurs proches.»

Qui plus est, les donateurs sont désormais plus exigeants et souhaitent savoir comment leur argent sera géré avant d'en faire don. «Maintenant, un don peut être considéré comme un investissement. Les donateurs veulent connaître l'impact de leur contribution, et il faut donc les cibler pour leur offrir ce qu'ils veulent», ajoute M. Rivard-Royer.

Notons aussi un forum au cours duquel trois présidents directeurs généraux des nouveaux centres intégrés de santé et de services sociaux ont échangé sur la réforme du système de santé et ses impacts. «La réorganisation, à court terme, freine la sollicitation, car elle provoque une certaine incertitude, explique le directeur de l'association. Mais la loi 10, c'est la recherche de l'efficience. Et si comme point de service, nous sommes plus efficaces, à moyen terme, ça pourrait amener plus de dons.»

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