Église Notre-Dame : l'orgue divise les élus

Gilles Baron et Placide Rodrigue affirment qu'il importe... (photo Alain Dion)

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Gilles Baron et Placide Rodrigue affirment qu'il importe d'investir dans l'orgue pour lui permettre de continuer à résonner dans l'église Notre-Dame.

photo Alain Dion

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Les réparations dont aurait besoin l'orgue quasi centenaire de l'église Notre-Dame à Granby divisent le conseil municipal. Une majorité d'entre eux a refusé de donner suite à une demande d'aide financière de 25 000$ déposée par le Palace de Granby qui, lui, est prêt à assumer l'autre moitié de la facture.

Un comité spécial «Les Amis de l'Orgue» a par ailleurs été mis sur pied avec pour mandat d'impliquer les amateurs de musique dans le financement et la réparation de l'orgue, notamment en offrant 10 000$ en temps de travail bénévole pour aider au nettoyage de l'instrument.

À l'heure actuelle, l'orgue Casavant, entre autres au coeur des Grands concerts Desjardins, fonctionne à 30% de ses capacités à cause de son état d'usure, affirme le président du conseil d'administration du Palace de Granby, Gilles Baron. «Il y a des modifications à apporter et de l'entretien à faire», dit-il.

«Il y a un souci de conserver cet orgue, renchérit Placide Rodrigue, responsable du comité "Les Amis de l'Orgue". Il n'est pas comparable à n'importe quel autre orgue dans la grande région. Il est un des seuls, avec celui de la cathédrale de Saint-Hyacinthe, de cette qualité-là.»

«Je défie n'importe qui de ne pas avoir de frissons quand on joue de cet orgue», renchérit l'organiste granbyen Jean-Luc Hébert, également vice-président chez Casavant et Frères.

Si les conseillers Michel Mailhot, Serges Ruel, Jocelyn Dupuis et Jean-Luc Nappert ont donné leur appui à la demande du Palace, Éric Duchesneau, Stéphane Giard, Joël Desmarais, Robert Riel et Robert Vincent s'y sont cependant opposés.

Pour et contre

«Il y a déjà un autre orgue à vendre (celui de l'église Saint-Joseph). (...) Même pour 5000$, on ne trouve pas preneur», a laissé tomber Stéphane Giard en affirmant que dans, les circonstances, il est «difficile» pour lui d'investir 25 000$ à court terme dans celui de l'église Notre-Dame.

Joël Desmarais a pour sa part fait valoir qu'il importe d'être d'abord fixé sur le sort de l'église, propriété de la Ville, et de savoir si elle accueillera ou non l'institut technologique du cégep de Granby avant d'investir dans l'orgue.

Jocelyn Dupuis, lui, est plus catégorique. Il est «gêné» de la décision du conseil. «Le mois dernier, le conseil municipal a accepté d'hypothéquer les citoyens pour les cinq prochaines années en donnant une subvention de 425 000$ à un golf déficitaire (golf Miner). Aujourd'hui, on refuse d'aider l'église pour réparer un orgue, avec une première phase de 25 000$. Où sont nos priorités? Je me pose de sérieuses questions. C'est le monde à l'envers. C'est pathétique», a-t-il laissé tomber.

Le conseiller municipal responsable des dossiers culturels à Granby, Serges Ruel, a aussi vivement dénoncé la position du conseil municipal. «Vendez-le, l'orgue, si c'est ça que vous voulez. Franchement, vous n'avez pas plus d'intérêt pour un patrimoine comme celui-là; je trouve ça désolant d'entendre ça. C'est triste de voir qu'il y a des gens qui ne croient pas à la culture», a-t-il lancé.

Une affirmation qui a toutefois fait bondir le maire, Pascal Bonin. «Il faut arrêter de crier au loup quand on ne veut pas investir dans un projet. (...) En 2016, plus de 2 millions$ vont être investis dans la bibliothèque. Arrêtez de dire les mêmes affaires. La cassette est usée», a-t-il rétorqué.

Pas comparable

Selon l'organiste Jean-Luc Hébert, il faut cependant éviter de comparer les orgues des églises Saint-Joseph et Notre-Dame. «Celui de Saint-Joseph est comme un orchestre de trois instruments, tandis que celui de l'église Notre-Dame est un orchestre symphonique. Il a une grande valeur pour tout ce qu'on peut faire avec», dit-il.

Il invite d'ailleurs les élus à aller prendre la mesure de l'instrument «pour savoir de quoi on parle». Même si les organistes arrivent à «faire des miracles» dans son état actuel, l'orgue a minimalement besoin de soins pour lui permettre de demeurer fonctionnel à court et moyen terme, dit-il.

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