L'aide médicale à mourir trouve un premier refuge

La présidente de la Maison Aube-Lumière Élisabeth Brière... (Frédéric Côté, La Tribune)

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La présidente de la Maison Aube-Lumière Élisabeth Brière et la directrice générale de la Maison Aube-Lumière Marie Bécotte, lors de l'annonce de mardi.

Frédéric Côté, La Tribune

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La Tribune

(Sherbrooke) La Maison Aube-Lumière est devenue, mardi, la première maison de soins palliatifs au Québec à annoncer qu'elle donnera accès à l'aide médicale à mourir aux patients qui en feront la demande, et ce, à compter du 1er février 2016. La décision du conseil d'administration a été unanime, a annoncé la direction de l'établissement qui accueille des personnes atteintes de cancer en fin de vie.

Alors que le Parlement canadien doit se pencher sur l'aide médicale à mourir, il s'agirait du même coup d'une première au Canada.

Selon la Loi 2 sur les soins de fin de vie, les maisons de soins palliatifs n'ont pas l'obligation d'offrir l'aide médicale à mourir, contrairement aux établissements de santé. C'est elles qui décident si elles offriront ce service ou non.

À la mi-septembre, la majorité des maisons de soins palliatifs (25 sur une possibilité de 31) avait fait savoir qu'elles n'offriraient pas ce service, selon l'Alliance des maisons de soins palliatifs du Québec. Six d'entre elles n'avaient pas fait connaître leur position officielle, incluant la Maison Aube-Lumière. «On est vraiment les premiers (à donner accès à l'aide médicale à mourir)», a souligné la directrice générale de la Maison Aube-Lumière, Marie Bécotte.

«L'aide médicale à mourir s'inscrit tout à fait dans notre philosophie de placer le patient au coeur de nos actions. Cela signifie pour nous que l'intérêt des patients prime et qu'ils peuvent décider de ce qu'ils souhaitent pour eux-mêmes (...) Le CA a également pris en considération le fort consensus social sur la question qui se dégage dans la population...» a commenté la présidente de la Maison Aube-Lumière, Élisabeth Brière, en rappelant la forte proportion de députés à l'Assemblée nationale qui a voté en faveur du projet de loi en 2014. Une consultation a été menée à l'interne.

Les patients favorables

«Soixante et un pour cent des personnes qui se sont prononcées étaient en faveur de l'aide médicale à mourir», a précisé Mme Bécotte.

La date du 1er février a été établie, car le ministère de la Santé et des Services sociaux tiendra des formations à la fin de ce mois-ci. L'établissement se donne décembre et janvier afin de s'approprier les nouveaux protocoles en lien avec la mise en oeuvre de l'aide médicale à mourir.

«On s'est donné le 1er février, car il reste plein de zones grises dans le "comment". La loi permet aux médecins de refuser de donner l'injection, donc on est à voir comment on va mettre ça en oeuvre, en collaboration avec le CIUSSS et les ressources qu'ils vont avoir à nous offrir», précise Mme Bécotte.

Il s'agira d'une «mesure exceptionnelle» utilisée en dernier recours, ont indiqué les deux porte-parole.

Elles ont précisé que les conditions d'admission resteraient les mêmes, soit des personnes atteintes de cancer en fin de vie, dont le pronostic est de moins de trois mois, et qui résident sur le territoire desservi par la Maison.

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