L'expertise de Perron et fils mise à profit du nouveau CHUM à Montréal

Pascal Perron, artisan professionnel en ferblanterie, travaille sur... (photo Alain Dion)

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Pascal Perron, artisan professionnel en ferblanterie, travaille sur ce qu'il considère comme le plus grand défi de sa vie: récréer, dans son atelier de Granby, le clocher de l'église Saint-Sauveur qui sera intégré au projet du CHUM, à Montréal.

photo Alain Dion

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Pascal Perron, artisan professionnel en ferblanterie, travaille depuis quelques mois sur ce qu'il considère comme le plus grand défi de sa vie: récréer, dans son atelier de Granby, le clocher de l'église Saint-Sauveur qui sera intégré au projet du nouveau CHUM, à Montréal.

«Là, c'est la période la plus excitante du projet parce qu'il est fait. On a eu le mandat en avril 2015 et on va livrer le clocher d'ici quelques jours», a expliqué hier M. Perron.

Le projet qui lui a été confié n'est pas banal. «Habituellement, on part d'une structure existante. Là, on n'avait rien. On est parti de zéro. Mais avec des architectes, le client et des artisans, on est retournés dans les années 1800 et on a créé un clocher», lance celui qui a commencé à développer son expertise de ferblantier dès l'âge de 16 ans.

Sa passion pour le patrimoine et l'histoire l'a amené à oeuvrer en restauration. Pascal Perron a entre autres travaillé au cours des dernières années à la restauration de l'église Saint-Frédéric, à Drummondville, et à celle de l'édifice du 357C de la Commune, à Montréal.

Selon l'artisan granbyen, plusieurs doutaient de la faisabilité de construire un clocher, hors chantier et préfabriqué. Mais Pascal Perron a eu recours à l'expertise des Produits Fraco, à Saint-Mathias-sur-Richelieu, et à celle de Structures Yamaska, à Saint-Césaire, pour mener à bien son projet. Chacun a son rôle à jouer, dit-il. Si Fraco dirige le projet et Structures Yamaska assemble la structure, l'atelier Perron et fils, qui compte huit employés, voit entre autres à la production des lucarnes, des ornements, à la finition en acier inoxydable et à la pose du revêtement à joints plats.

Vieilles techniques

Mais le mandat de Pascal Perron ne s'arrête pas à la production du clocher. Il a aussi eu à reproduire certains ornements et corniches de la maison Garth, également intégrée au projet du CHUM. Il doit par ailleurs restaurer la vieille porte en bois de l'église St-Sauveur et ses vitraux, un ouvrage qui daterait de 1870. Pour ce faire, la grande minutie d'un artisan ébéniste a été mise à profit. La restauration des vitraux, elle, a été confiée à une artisane passée maître dans l'art de manier le verre.

Tous les travaux, précise Pascal Perron, sont réalisés selon les «mêmes techniques de travail d'il y a cent ans».

Pour le clocher d'église, M. Perron dispose de plans produits par des architectes, mais il s'est aussi grandement inspiré d'une photo d'archives de la flèche d'origine du bâtiment qui a été détruit par le feu dans les années 1920. «C'est très, très près de la réalité. On n'a négligé aucun détail», dit-il.

Dans environ une semaine, le clocher réparti en neuf modules - dont la flèche à elle seule fait 12 pieds de diamètre et 48 pieds de hauteur - prendra donc la route de Montréal, par l'entremise de transport spécialisé, afin d'être assemblé à l'angle des rues Saint-Denis et Viger, à l'aide de grues.

Travail à promouvoir

La réalisation de ce projet de restauration, hors chantier, a l'avantage de permettre à des artisans professionnels de démontrer leur savoir-faire, se réjouit Pascal Perron. Autrement, les chantiers leur sont limités, car ils ne disposent pas d'une licence d'entrepreneur.

Depuis un an, note M. Perron, le Conseil des métiers d'arts du Québec (CMAQ) a cependant entrepris de répertorier les différents artisans professionnels qui oeuvrent à la restauration du patrimoine, tels les maçons, les ébénistes et les ferblantiers. Les compétences de chacun doivent être approuvées par un comité de sélection; comité sur lequel Pascal Perron siège.

Plusieurs artisans apprivoisent leur art «sur le tas». Mais éventuellement, le CMAQ aimerait former des artisans professionnels dans tous les corps de métier. Car, selon Pascal Perron, il y a une importante pénurie de main-d'oeuvre à l'heure actuelle. «La route est longue... Mais on veut à tout le moins que les jeunes sachent que ces métiers existent. Et il y a beaucoup de patrimoine à restaurer au Québec», dit-il. Avis aux intéressés...

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