La sûreté municipale de Bromont onéreuse

La sûreté municipale de Bromont coûtait 443,96$ par... (photo Alain Dion, archives La Voix de l'Est)

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La sûreté municipale de Bromont coûtait 443,96$ par citoyen en 2014. C'est près de quatre fois plus que dans des villes de tailles similaires desservies par la Sûreté du Québec.

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Bromont) Conserver un service de police coûte cher aux petites municipalités qui ont fait ce choix. Les coûts vont du quadruple au quintuple lorsqu'on les compare à celles qui ont préféré recourir aux services de la Sûreté du Québec.

Dans le deuxième volet de notre dossier sur les coûts des services policiers, La Voix de l'Est s'est intéressée aux municipalités de moins 10 000 habitants. Notons d'emblée que seulement deux municipalités québécoises dans cette catégorie ont encore un corps policier: Bromont et Mont-Tremblant. Toutes deux défraient des coûts très élevés pour maintenir leur service policier. Dans le cas de la Ville de Bromont en 2014, les coûts étaient de 443,96 $ par habitant. Pour la Ville de Mont-Tremblant, ils étaient de 682,03 $ par habitant.

Les municipalités de taille similaire qui ont fait appel à la Sûreté du Québec en démantelant leur service de police au début des années 2000 consacrent beaucoup moins d'argent. Les écarts sont considérables. La facture à Farnham équivalait en 2014 à 120,81 $ par citoyen. Elle était de 106,72 $ à Acton Vale et de 126,08 $ à Cowansville.

Des villes avec des populations similaires à Bromont et Mont-Tremblant, et qui possèdent elles aussi d'importants attraits touristiques, font appel à la SQ à moindres coûts. La Malbaie paie l'équivalent de 127,46 $ par citoyen, Baie-Saint-Paul, 170,74 $ et Lac-Beauport, 220,25 $. Dans le cas de Lac-Beauport, le prix facturé par la SQ est attribuable à sa grande richesse foncière (de 1,1 milliard). Le ministère de la Sécurité publique (MSP) se base sur une série de facteurs pour calculer les coûts de sa desserte policière dans les municipalités. Le plus important critère demeure cependant la valeur de leur richesse foncière.

C'est sur cette base que les coûts des services municipaux de police doivent être considérés, soutient Pauline Quinlan. La mairesse de Bromont reconnaît que les coûts de la sûreté municipale de Bromont dépassent de beaucoup ceux des municipalités associées à la SQ.

Toutefois, fait-elle remarquer, sa municipalité compte un important parc industriel et un parc scientifique. Cette réalité fait que la Ville accueille tous les jours 5000 travailleurs qui se rendent travailler sur son territoire. Elle fait en sorte également que sa richesse foncière s'élève à 1,8 milliard. «On ne peut se comparer à aucune autre ville», dit-il.

La richesse foncière de la Ville de Mont-Tremblant est de 3,8 milliards. La Ville compte une population de 9658 personnes. Elle grossit à plus de 25 000 en comptant les résidants non permanents, note France Léonard, directrice des communications de la municipalité. «Quand on calcule ça sur notre richesse foncière, ça représente 7 ¢ par 100 $ d'évaluation. C'est raisonnable.»

En entrevue hier, Mme Quinlan a expliqué que dans la foulée des attentats du 11 septembre, des industriels lui ont fait part de leurs préoccupations en terme de sécurité. Elle les a rassurés. «Ils savent que nos policiers seraient sur place en quelques minutes.»

Le fait que Bromont soit également une destination touristique populaire exige une présence policière constante, estime la mairesse. Elle signale que le mont Brome accueille 800 000 skieurs par saison.

Bromont a fait son choix

La décision de garder son corps policier appartient aux municipalités, dit Mme Quinlan. Elle comprend le choix d'autres municipalités de faire appel à la SQ en raison des économies possibles. Ce n'est pas la voie que Bromont a choisie, a-t-elle dit. «Les gens se rendent compte que oui, il y a un prix à payer. Mais ils se rendent compte aussi de la qualité de notre service de police. Les gens se sentent en sécurité.»

Sur le système de péréquation du MSP, qui permet aux villes desservies par la SQ de ne pas payer les vrais coûts de leur desserte policière, Mme Quinlan le considère inéquitable envers les autres municipalités. Sur ce point, elle rejoint le maire de Granby, Pascal Bonin, qui a décrié cet état de fait la semaine dernière. «Je suis tout à fait d'accord avec M. Bonin. Nos citoyens paient pour notre service de police et ils paient aussi pour les services de la Sûreté du Québec. Je vais en parler à M. Bonin la prochaine fois que je le verrai.»

Mme Quinlan pense que les municipalités affectées par ce système devront revenir à la charge par l'entremise de leurs regroupements municipaux.

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