La plus vieille section sauvegardée : l'usine Stanley démolie en janvier

«J'ai proposé plusieurs projets, mais ça n'a pas... (photo Alain Dion)

Agrandir

«J'ai proposé plusieurs projets, mais ça n'a pas fonctionné. Oui, ça me fait quelque chose de savoir que ça va disparaître. C'est une belle et bonne bâtisse. Mais j'ai fini par faire mon deuil», explique Patrick Charbonneau, propriétaire de l'ancienne usine Stanley.

photo Alain Dion

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Roxton Pond) L'usine Stanley, symbole du passé industriel de la municipalité de Roxton Pond, sera démolie en janvier. La plus vieille partie des installations sera épargnée, rénovée et transformée en bureaux.

Les travaux de démolition confiés à la compagnie Dexen s'annoncent longs et complexes, indique Patrick Charbonneau, propriétaire de l'immense bâtiment centenaire. Ils pourraient durer six semaines. La récupération de plusieurs matériaux explique cet échéancier, a-t-il dit.

Le bâtiment est construit de pierres des champs taillées, de poutre de bois, d'acier et de ciment. L'homme d'affaires est confiant de pouvoir récupérer ou revaloriser 99 % des matériaux. «Ça peut encore être utilisé. On va tout démonter, tout classer et en faire la meilleure utilisation possible. Quand on va avoir terminé, on pense qu'on va seulement avoir deux conteneurs pour l'enfouissement», a-t-il assuré lors d'une visite des lieux hier avec La Voix de l'Est.

La section visée par la démolition est celle qui longe la rue Stanley. D'une superficie de 5575 mètres carrés (60 000 pieds carrés), elle compte deux étages ainsi qu'un demi sous-sol. Fermée depuis 1984, cette partie a été la proie de squatteurs, de vandales et de voleurs. «Ils ont enlevé tous les fils électriques, toute la tuyauterie, la plomberie. Il ne reste plus rien», dit M. Charbonneau en exhibant les boîtes électriques vides.

M. Charbonneau a acheté le complexe industriel en 1998. Son entreprise Dura-bac occupe 3716 mètres carrés (40 000 pieds carrés) dans la section la plus récente du bâtiment, du côté sud. Il loue l'autre moitié de cette section à une compagnie manufacturière.

S'il manifeste un grand intérêt pour l'architecture et le patrimoine, M. Charbonneau est à court d'idées pour sauvegarder le reste de l'usine. Il l'a offerte gratuitement à la municipalité, il y a quelques années, pour qu'elle y aménage son hôtel de ville, sa salle communautaire et une bibliothèque. Le conseil n'a pas été convaincu du projet. L'idée de la transformer en centre pour personnes âgées a ensuite été explorée. Les exigences étaient trop élevées. Impossible par ailleurs de conserver une vocation industrielle, la capacité portante des planchers ne répondant plus aux normes.

Rénovation impossible

L'ancienne usine s'est beaucoup détériorée ces cinq dernières années, a-t-il dit. Au point où la rénover est devenu presque impossible. «J'ai proposé plusieurs projets, mais ça n'a pas fonctionné. Oui, ça me fait quelque chose de savoir que ça va disparaître. C'est une belle et bonne bâtisse. Mais j'ai fini par faire mon deuil», dit-il.

Tout ne sera pas perdu, fait remarquer M. Charbonneau. La plus vieille section de l'usine, d'une superficie de 557,5 m2 (6000 pi2) sur deux étages, sera sauvegardée. Il compte la rénover et l'offrir en location pour des bureaux. Cette section aurait été construite tout juste avant le 20e siècle. «On va conserver une belle partie, celle qui donne sur la rivière (Mawcook). Ça va être très beau.»

La superficie dégagée par la démolition de l'usine sera en partie gazonnée. Un stationnement sera aussi aménagé. M. Charbonneau songe aussi à ériger un monument rappelant l'usine Stanley. «On prendrait des pierres des champs pour le construire. Je pensais mettre des photos montrant les activités de fabrication d'outils. Il faut rappeler ce qui s'est passé ici».

Les travaux de démolition, la récupération, la revalorisation des matériaux ainsi que la rénovation de la plus vieille section coûteront entre 600 000 $ et 700 000 $, calcule M. Charbonneau.

L'usine Stanley a amorcé sa production en 1907. Elle a fermé ses portes en 1984.

Le complexe industriel, construit au tournant des années 1900 au coeur du village de Roxton Pond, est fait de pierres des champs, de poutres de bois et d'acier et de ciment.

Abonnez-vous à La Voix de l'Est ou à LaVoixdelEstSurMonOrdi.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer