Le prix Sakharov à Raïf Badawi

Le prix Sakharov pour la liberté de l'esprit... (Archives La Presse)

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Le prix Sakharov pour la liberté de l'esprit pour l'année 2015 a été remis à Raïf Badawi pour souligner la lutte pour la liberté d'expression.

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Associated Press
Bruxelles

Le blogueur Raïf Badawi, de l'Arabie saoudite, est le lauréat du prestigieux prix Sakharov pour la liberté de l'esprit pour l'année 2015.

Le prix lui a été décerné pour souligner la lutte pour la liberté d'expression, et l'annonce a été accueillie, jeudi, par une ovation debout lors d'une assemblée du Parlement européen à Strasbourg, en France.

«J'exhorte le roi d'Arabie saoudite à le libérer afin qu'il puisse accepter son prix», a déclaré le président du Parlement, Martin Schulz.

M. Schulz a décrit M. Badawi comme «un homme extrêmement bon, un homme exemplaire qui s'est vu imposer l'une des punitions les plus horribles qui existent dans ce pays, une punition qui ne peut être qualifiée que de torture brutale».

Raïf Badawi, dont l'épouse et les trois enfants sont réfugiés à Sherbrooke, au Québec, a été condamné à une peine de 10 ans d'emprisonnement dans son pays après avoir été reconnu coupable d'avoir insulté l'islam et d'avoir enfreint les lois saoudiennes sur la technologie avec son blogue. Il a également été condamné à recevoir 1000 coups de fouet - 50 d'entre eux lui ont déjà été assénés, il y a plusieurs mois -, une peine qui a suscité la colère à l'échelle internationale.

Les gouvernements occidentaux ont condamné la décision saoudienne, et des groupes de défense des droits humains, dont Amnistie internationale, ont fait campagne pour exiger sa libération.

«J'ai appris la nouvelle (lorsque) mon ami m'a appelée pour (m'offrir ses) félicitations», a raconté l'épouse de M. Badawi, Ensaf Haidar, en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne, jeudi matin.

«Ça fait trois jours, je crois, que je ne dormais pas bien. Mais ce prix, c'est très important pour Raïf. J'espère que ce prix sera la première étape pour que Raïf soit libre.»

Il y a quelques jours, Mme Haidar disait s'attendre à ce qu'il doive écoper d'une deuxième série de coups de fouet bientôt. Elle a écrit sur le site de la Fondation Raïf Badawi que les autorités saoudiennes avaient donné le feu vert pour que la peine de 1000 coups de fouet de son mari continue d'être exécutée.

Mme Haidar a indiqué qu'elle ne croyait pas que son époux, à qui elle a parlé il y a six jours, était au courant qu'il avait remporté le prix, ce qui ne l'empêche pas d'espérer qu'il en a été informé.

Le prix Sakharov a été nommé en 1988 par le Parlement européen en l'honneur du scientifique et dissident de l'ex-Union soviétique Andreï Sakharov. Le prix honore les personnes ou les organisations qui ont consacré leur existence à la défense des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Raïf Badawi était l'un des trois finalistes pour le prix cette année, aux côtés du parti politique vénézuélien Table de l'unité démocratique (Mesa de la Unidad Democratica) et le politicien russe assassiné Boris Nemtsov.

Parmi les lauréats précédents figurent le héros et ex-président sud-africain Nelson Mandela, la dissidente birmane Aung San Suu Kyi et la jeune Pakistanaise Malala Yousafzai.

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