Le PQ accusé de conflit d'intérêts

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Amir Khadir salue le «geste politique» du Dr Barrette, heureux de le voir s'inspirer du projet de loi de Québec solidaire sur Pharma Québec.

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Irrité qu'il se soit opposé au dépôt d'un amendement au projet de loi 20 visant à faciliter les achats groupés de médicaments, qui permettrait à Québec de réaliser des économies substantielles, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, accuse le Parti québécois (PQ) de protéger les intérêts de certains de ses députés au détriment de ceux de la population.

De son côté, Amir Khadir salue le «geste politique» du Dr Barrette, heureux de le voir s'inspirer du projet de loi de Québec solidaire sur Pharma Québec.

Devant la presse, mercredi matin, le ministre Barrette a reproché au PQ d'avoir demandé la veille en commission parlementaire l'irrecevabilité de son amendement visant à permettre au gouvernement d'avoir une assise juridique «encore plus solide» pour faire des achats groupés de médicaments et négocier de meilleurs prix (l'idée étant que si les hôpitaux et les pharmacies achetaient leurs médicaments ensemble plutôt que séparément, l'important volume d'achat permettrait de négocier avec les compagnies pharmaceutiques une baisse marquée de l'ensemble de la facture).

Jusqu'à 1,3 milliard d'économies

«Tout le monde sait au Québec que ça nous coûte trop cher, tout le monde me demande de poser un geste dans les médicaments génériques, entre autres, tout le monde me demande d'aller en achats de groupe. Je dépose un amendement [...], mais le PQ et sa députée Diane Lamarre, une pharmacienne propriétaire, demande l'irrecevabilité de l'amendement. Le PQ joue sur tous les tableaux, c'est de la petite politique irresponsable», a ragé le ministre Barrette, selon qui le PQ travaille contre les finances publiques. «Quels intérêts le PQ protège-t-il? Ceux de la population ou ceux de certains députés?» a-t-il demandé.

Le Dr Barrette évalue à des dizaines, voire des centaines de millions par année (jusqu'à 1,3 milliard $, selon le député Khadir) les économies possibles avec les achats groupés de médicaments.

Le député péquiste Jean-François Lisée a tenu mercredi à répliquer aux propos «extraordinairement déplacés» du ministre Barrette, lui qui, comme ancien président de la Fédération des médecins spécialistes, n'a de leçons à donner à personne en matière de conflits d'intérêts. «Il est en conflit d'intérêts permanent. C'est un conflit d'intérêts ambulant», a laissé tomber le député Lisée.

Selon lui, le PQ s'est opposé au dépôt de l'amendement parce que «le ministre Barrette a voulu faire une politique très importante en quelques minutes alors qu'il faudrait faire un vrai débat» sur la question des achats groupés.

«Il est clair qu'il faut modifier notre façon d'acheter des médicaments. Mais là, le ministre Barrette est arrivé avec une proposition qui est controversée au Canada, qui est dénoncée par l'Association canadienne des pharmaciens parce qu'elle induit des pénuries de médicaments. On est en faveur d'une politique sur le médicament, mais il faut en débattre avec des gens qui connaissent ça», a insisté le député de Rosemont.

«Bouillie pour les chats»

À l'argument voulant que les achats groupés puissent entraîner des pénuries de médicaments, le député de Québec solidaire Amir Khadir a répondu en entrevue au Soleil que c'était «de la bouillie pour les chats» et «de la propagande dont le PQ a été saturé pendant des années».

«Ce n'est pas vrai. C'est sûr que les grandes compagnies pharmaceutiques vont y perdre en profits démentiels qu'ils font depuis des années, mais les pharmaciens, non [...]. Le jeu de la concurrence n'a occasionné aucune pénurie de médicaments en Nouvelle-Zélande, en Colombie-Britannique, en Ontario et ailleurs dans le monde où on fait des achats groupés», assure le député de Québec solidaire, rappelant que l'Ontario, qui fait des achats groupés depuis bientôt 10 ans, obtient des prix jusqu'à deux fois moins chers pour les mêmes médicaments.

S'il y a des pénuries actuellement, «c'est parce qu'il n'y a que le privé», ajoute M. Khadir. Il faut selon lui s'inspirer de pays (comme la Suède) qui se sont dotés d'au moins une entreprise de production pharmaceutique étatique pour remplacer les compagnies qui abandonnent des lignes de production parce qu'elles ne sont pas assez profitables. «C'est ça, le scandale et la honte. C'est qu'on laisse tout ça entre les mains du marché privé», déplore le député de Mercier.

Amir Khadir espère du reste que M. Barrette est sincère dans sa démarche. Dans un communiqué diffusé mercredi après-midi, M. Khadir a dit avoir certains doutes sur les véritables intentions du ministre. «S'il était sérieux, le ministre ne s'y prendrait pas comme ça pour discipliner les pharmaceutiques. Ça prend bien plus qu'un amendement présenté à la dernière minute dans un projet de loi fourre-tout», croit le député de Québec solidaire.

- Avec Michel Corbeil

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