Patricia : des Granbyens ont craint le pire

Jacques et Jacqueline Robidoux font partie des Granbyens... (photo fournie)

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Jacques et Jacqueline Robidoux font partie des Granbyens qui se trouvaient à Puerto Vallarta lors du passage de l'ouragan Patricia.

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) On prédisait la plus grande tempête de tous les temps. Finalement, l'ouragan Patricia, qui a touché terre au Mexique vendredi, s'est rapidement mué en une simple tempête tropicale, causant beaucoup moins de dommages que prévu. Malgré tout, l'arrivée imminente du déluge a causé bien du stress à certains Granbyens, qui se trouvaient sur place vendredi dernier.

«On nous disait que c'était la tempête du siècle, l'ouragan avec le plus de pouvoir qu'on n'avait jamais vu», raconte Line Lemieux, une Granbyenne établie au Mexique depuis cinq ans. Elle demeure à Puerto Vallarta depuis un an.

Le petit village paradisiaque était sur un pied d'alerte. «Dès notre réveil, vendredi matin, les sirènes de police résonnaient régulièrement, et le gouvernement recommandait à tout le monde d'évacuer Puerto Vallarta», note par courriel Jacqueline Robidoux, qui se trouve sur place avec son mari Jacques.

«J'avoue que nous étions un peu stressés; nous avons des grandes vitrines face à la mer et tous les gens autour de nous posaient des panneaux dans les fenêtres [...] Nous avons décidé de rester chez nous et de coucher dans la chambre arrière lorsque l'ouragan Patricia arriverait, ajoute la dame de Granby, qui avait assisté au passage de l'ouragan David, en 1979 alors qu'elle et son conjoint se trouvaient en Floride. Nous ne souhaitions pas revivre cette situation!»

De leur côté, Guy et Claudette Cloutier ont vécu de longues heures fertiles en émotions. «Ils annonçaient le pire, avec des vents de 325 km/h, nous a écrit le Granbyen qui partage son année entre le Mexique et le Camping Mon Repos, à Ange-Gardien. Le [ciel] était très noir, les Mexicains couraient d'un bord à l'autre pour se préparer. Notre stress a monté d'un coup.»

Pénible attente...

Ainsi, dès la veille, les commerçants, le personnel de bureau, mais surtout les résidants se préparaient au pire. «De notre côté, on a acheté de la viande, de la nourriture et de l'eau. On s'est fait aviser de préparer de la glace, car ils prévoyaient couper l'électricité», raconte Mme Lemieux au cours d'un entretien téléphonique. Rapidement, indique-t-elle, les magasins se sont retrouvés en pénurie d'eau potable et de chandelles.

«J'avais un peu peur, renchérit-elle. Pas vraiment pour moi, parce que j'ai une bonne maison, mais j'étais plutôt inquiète pour les sans-abri, les enfants qui n'ont pas de chaussures, les plus démunis.»

Dans les heures précédant l'ouragan, l'incertitude et l'anxiété ont rongé les touristes. «Le vendredi, on était dans l'attente de savoir quand ça frapperait, se souvient pour sa part M. Cloutier. Pendant 15 heures, on écoutait le silence à l'extérieur. Là, c'était le stress de l'attente. Serions-nous blessés? Allions-nous mourir? Je pensais à mes enfants, mes petits-enfants et amis. Tout ça en même temps.»

... en vain

Mais le déluge anticipé n'a pas eu lieu. «Ça n'a pas brassé du tout, a lancé Mme Lemieux au cours d'un entretien téléphonique. La tourmente a frappé les montagnes [qui entourent le village] et ça a dévié la tempête», explique la dame, qui a quand même constaté quelques dommages sur place.

«Il y a eu beaucoup de pluie, témoigne Line Lemieux. La mer et la plage sont très sales. La rivière Ameca a débordé. En conséquence, le pont qui relie Puerto Vallarta à Nuevo Vallarta [ndlr: une voie d'accès principale au village] est fermé à la circulation.»

«Vers 19 h, le gouvernement a levé l'embargo et Patricia est passée à 180 km au sud de Puerto Vallarta, à notre grand soulagement! s'exclame Mme Robidoux. Le lendemain, tout était redevenu calme, souligne Mme Robidoux, mais les commerces sont demeurés fermés jusqu'à lundi.»

Depuis, la vie a repris son cours au village. «Ça s'est bien passé. Les gens ont été bien dirigés dans des refuges et ont bien été nourris. Ce sont les gens dans la rue qui étaient frustrés. C'était triste, note Mme Lemieux. Plusieurs avaient perdu deux jours de travail, et comme certains sont très pauvres, c'était grave pour eux.»

«C'était un peu comme ici, quand on annonce une grosse tempête de neige ou une température très froide, et que ça n'arrive pas. On est fâchés d'avoir annulé nos plans, poursuit-elle. Mais maintenant, j'ai peur que s'ils annoncent une autre tempête, les Mexicains ne prennent pas l'avertissement au sérieux et se préparent moins.»

Pour sa part, Guy Cloutier tirera une importante leçon de cette mésaventure. «Maintenant, quand je regarderai un reportage sur les effets d'une tempête de ce genre, je ne verrai plus cela du même oeil. Tout ce que l'on peut dire après, c'est merci mon Dieu et profitez de la vie au max, car on ne sait jamais!»

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