Une fonderie a pollué des cours d'eau pendant 50 ans

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Selon des tests menés en 2012, tous les poissons sont morts en moins de 24 h au contact de la substance verdâtre.

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Ian Bickis
La Presse Canadienne
Sudbury

Environnement Canada tente de déterminer si la fonderie de la société métallurgique Vale à Sudbury a laissé échapper des rejets toxiques dans les cours d'eau de la région -, et ce depuis au moins 1963.

Les allégations sont contenues dans le mandat de perquisition obtenu par le ministère de l'Environnement afin de saisir, dans les bureaux de Vale à Sudbury, des documents, des ordinateurs et autre matériel, le 8 octobre dernier, dans le cadre d'une enquête sur de présumées violations à la Loi fédérale sur les pêches.

Dans le mandat de perquisition, Environnement Canada soutient que des tonnes de déchets à l'usine de Vale laissent couler des substances «à létalité aigüe» dans des petits cours d'eau où vivent des poissons, et que l'entreprise en était consciente depuis au moins 1997.

Aucune de ces allégations n'a encore été prouvée en cour. Environnement Canada précise par ailleurs que ces infiltrations ont débuté bien avant que la compagnie Vale achète Inco, en 2006.

Environnement Canada avait amorcé son enquête en octobre 2012 après qu'un résidant de Sudbury a remarqué la présence d'«une mousse vert lime» dans une crique. Des agents du ministère sont ensuite remontés jusqu'à l'amas de scories de la fonderie de cuivre de Vale, selon les documents. Le dépôt de scories, créé en 1929, couvre aujourd'hui 200 hectares et contient plus de 115 millions de tonnes de déchets de fonderie.

Gordon Moore, un des agents d'Environnement Canada qui avaient fait enquête en 2012, écrit dans les documents juridiques qu'il a vu de l'eau de couleur verdâtre filtrer du dépôt de débris à l'usine de Vale, puis se retrouver dans les égouts pluviaux de la ville. Ces canalisations se déversent ensuite dans des criques où vivent des poissons, selon Environnement Canada. La compagnie nie cette dernière assertion, et soutient que les infiltrations sont diluées lorsqu'elles atteignent la dernière crique.

M. Moore écrit aussi que selon des tests menés en octobre 2012, tous les poissons sont morts en moins de 24 heures au contact de la substance verdâtre. Les échantillons prélevés dans la crique ont révélé des concentrations en nickel 68 fois plus élevées que la limite permise, et des concentrations en cuivre 2,6 fois plus importantes. Dans des eaux prélevées sur des terrains appartenant au Conseil scolaire catholique de Sudbury, les concentrations en nickel étaient 68 fois plus élevées que la limite permise par la loi.

«J'ai de bonnes raisons de croire que Vale était au courant de cette infiltration, mais n'a rien fait pour corriger la situation» jusqu'à ce qu'Environnement Canada intervienne en 2012, écrit M. Moore.

Cité dans les documents de 2012, l'avocat de Vale plaide que l'infiltration n'est pas attribuable au dépôt de scories de la fonderie. Or, après les observations d'Environnement Canada, en 2012, «la compagnie a immédiatement pris des mesures pour remédier à la situation», indiquait la porte-parole de Vale, Emily Robb, lors de la perquisition du 8 octobre dernier.

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