Stéphane Bédard quitte le Parti québécois

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Aux journalistes, M. Bédard a affirmé que son départ n'avait aucun lien avec les nouvelles responsabilités qui lui ont été confiées, au début du mois de septembre.

Jeannot Lévesque, Le Quotidien

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
Québec

Un mois et demi après avoir été écarté du poste de leader parlementaire, le député péquiste Stéphane Bédard a annoncé, jeudi, sa décision de quitter la politique.

M. Bédard, élu pour la première il y a 17 ans dans la circonscription de Chicoutimi, a exercé plusieurs fonctions de premier plan dans l'aile parlementaire péquiste, tant dans l'opposition qu'au gouvernement.

Leader parlementaire adjoint dès 2003, M. Bédard a été promu cinq ans plus tard au poste de leader parlementaire par la chef Pauline Marois, qui l'a maintenu à ce poste jusqu'à la dernière élection.

Durant cette période, M. Bédard a été aux côtés de la chef péquiste quand son leadership a été contesté, en 2011, relativement au dossier de la gestion de l'amphithéâtre de Québec, confiée à Québecor.

Au sein du dernier gouvernement Marois, M. Bédard a exercé les fonctions de président du Conseil du trésor pendant 18 mois. Après la défaite d'avril 2014, ses collègues l'ont choisi pour être chef intérimaire jusqu'à l'élection de Pierre Karl Péladeau à la tête du parti.

En septembre dernier, M. Péladeau a choisi de lui retirer le poste de leader parlementaire de l'opposition officielle pour le confier à Bernard Drainville, un ancien adversaire dans la course à la direction.

En annonçant jeudi sa démission, en Chambre, M. Bédard n'a fait aucune référence au fait qu'il a dû se contenter du dossier de la justice, à la suite du remaniement.

M. Bédard, âgé de 47 ans, a plutôt parlé de l'énergie exigée par son engagement au cours des dernières années, tant pour sa famille que pour lui.

«Je ne vous cacherai pas que les quatre dernières années ont été éreintantes, épuisantes, a-t-il dit. Certaines de ces années ont compté pour double. Je manquerais à mon devoir auprès de mes électeurs si je continuais sans la fougue et la détermination qui ont marqué mon parcours.»

Aux journalistes, M. Bédard a affirmé que son départ n'avait aucun lien avec les nouvelles responsabilités qui lui ont été confiées, au début du mois de septembre.

«Si ça avait été le cas, j'aurais quitté bien avant, a-t-il dit. De l'opposition, j'en ai fait quand même pas mal, plus qu'à mon tour.»

M. Bédard a plutôt insisté sur les exigences de la vie politique et les horaires qui ne conviennent pas «à une vie familiale saine».

«J'ai besoin de ce temps pour panser quelques plaies et passer tout le temps avec ceux qui comptent le plus pour moi», a-t-il dit.

En Chambre, M. Péladeau a souligné qu'il avait profité de l'expérience de M. Bédard, depuis son arrivée en politique et son élection comme chef en mai dernier.

«Il l'a fait en toute amitié, il l'a fait en toute efficacité, et je lui reconnaîtrai un apport considérable toute ma vie», a-t-il dit.

Le chef péquiste a affirmé que l'annonce de la démission de M. Bédard a causé une onde de choc dans les rangs péquistes, jeudi matin.

«Je me fais un petit peu le porte-parole de cette vive émotion qui a été celle qui nous a secoués tout à l'heure au salon des députés, au deuxième étage, où plusieurs d'entre nous ont eu l'occasion de prendre la parole et de souligner son apport considérable aux travaux parlementaires», a-t-il dit.

Lors d'un point de presse qui a suivi, M. Péladeau a affirmé que le départ de M. Bédard n'avait aucun lien avec son remaniement.

«Je suis personnellement convaincu que ce sont des raisons familiales qui l'ont amené à prendre cette décision», a-t-il dit.

En faisant ses adieux à la Chambre, M. Bédard a rappelé qu'il a participé aux travaux qui ont mené à l'adoption d'un code d'éthique pour les députés, en 2010.

Alors qu'il a décidé de toucher sa prime de départ, M. Bédard a enjoint ses collègues à demeurer prudents lorsqu'ils examineront la réforme prochaine de leur rémunération.

«Ayez aussi à l'esprit que vous avez besoin d'une indépendance à toute épreuve pour bien assumer vos responsabilités, a-t-il dit. Nos conditions de travail sont un rempart qui nous permet à chaque instant d'agir, de décider, de voter avec l'indépendance requise.»

Le chef caquiste François Legault a déclaré que le PQ perd «un gros morceau». Son départ signifie selon lui que l'option souverainiste est en déclin.

«Si M. Bédard avait pensé que la souveraineté arriverait relativement à court terme après l'élection de 2018, je pense qu'il serait resté, au-delà du poste qu'on lui a confié, a-t-il dit. Il aurait voulu participer à ce grand projet.»

Le premier ministre Philippe Couillard a exprimé la même analyse que son adversaire caquiste.

«C'est un élément qui s'ajoute à ce que j'ai dit l'autre jour sur le déclin du mouvement souverainiste, c'est une perte majeure, de toute évidence, pour ce mouvement et ce parti», a-t-il dit.

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