Clinique d'accès: la réorganisation repoussée

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La clinique d'accès de la rue Saint-Jacques a un sursis d'au moins six mois avant que s'opère la réorganisation de ses services et un changement d'adresse.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) La clinique d'accès pour les patients sans médecin de famille, située rue Saint-Jacques, devait être implantée ailleurs à Granby avant l'automne, avait appris La Voix de l'Est en juin. Une refonte des services et du personnel de l'établissement était également dans les cartons. Or, l'échéancier de la réorganisation a été repoussé, a indiqué le Centre intégré de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie.

La clinique est toujours opérationnelle et le bail vient d'être renouvelé pour six mois, a confirmé Chantal Gariépy, de la direction des services généraux du CIUSSS. «On avait des scénarios de relocalisation des activités qui n'ont pas pu se réaliser dans l'échéancier qu'on avait prévu, a-t-elle précisé. On a plusieurs options sur notre tableau. On regarde le meilleur choix pour limiter les impacts à la clientèle durant une fermeture temporaire.»

Lors de l'inauguration de la clinique en 2011, un objectif de 4000 visites par année avait été fixé. L'établissement n'a jamais offert le rendement escompté. En 2014, 1739 visites y ont été enregistrées et 2015 s'annonce similaire à ce chapitre. «Ce n'est pas le premier projet qui n'atteint pas sa cible malgré des investissements, somme toute, considérables. La sagesse, c'est de le reconnaître et de faire les choses autrement, avait indiqué en entrevue Stéphane Tremblay, responsable des programmes de santé physique généraux et spécialisés au CIUSSS. On vise à répondre aux 1300 à 1400 visites annuelles parce qu'on est conscients que c'est un besoin.»

De son côté, Mme Gariépy a indiqué que «pour l'instant, la cible [évoquée par M. Tremblay] est maintenue.»

Budget

En septembre 2014, Granby a mis un terme à son aide financière de 120 000 $ à la clinique d'accès, soit la moitié du budget annuel de l'organisation. La municipalité avait décidé d'agir ainsi en raison de la performance décevante de celle-ci depuis son ouverture. Le CSSS de la Haute-Yamaska (maintenant dans le giron du CIUSSS) assumait l'ensemble de la facture depuis que la Ville avait retiré ses billes. M. Tremblay avait mentionné que la perte de cette «importante enveloppe» mènera à la restructuration qui pointe à l'horizon. À ce propos, le haut dirigeant avait laissé entendre que la somme consentie à l'établissement de soins de santé sera revue à la baisse. Toutefois, tant que le CIUSSS n'aura pas statué au sujet de l'avenir de la clinique, le budget sera maintenu, a fait valoir Mme Gariépy.

Équation

Plusieurs données pèsent dans la balance dans la réorganisation des services de la clinique d'accès. Le nombre de patients sans médecin dans la région fait partie de l'équation. En septembre 2011, cette statistique atteignait 4761 personnes en Haute-Yamaska. À ce jour, cette liste compte près de 7139 inscrits. La quantité de patients orphelins doit également être prise en considération, en croissance depuis quelques années, notamment en raison des départs de médecins à la retraite. «[Les départs d'omnipraticiens], c'est une situation chronique dans le réseau de la santé. On va regarder quels sont les gestes à poser pour donner un médecin de famille à ceux qui n'en ont pas. Et faire en sorte que ceux qui le perdent soient transférés à un autre collègue sans tomber entre deux chaises, avait imagé l'ex-dirigeant du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS). On compte sur tous les leviers pour y arriver, que ce soit via un médecin ou une autre ressource professionnelle.»

Actuellement, la clinique d'accès granbyenne a deux employées à temps plein : une agente administrative et une infirmière. Huit médecins y pratiquent en moyenne trois jours par semaine, soit l'équivalent de trois omnipraticiens à temps complet. «Pour le moment, les médecins ont manifesté l'intérêt à poursuivre leur implication dans la clinique d'accès», a fait valoir Mme Gariépy. De son côté, M. Tremblay avait soutenu qu'«en ce qui concerne les ressources du réseau de la santé pour répondre à la demande, en terme d'efficience, on peut faire mieux».

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