Climat tendu au sein de la police de Granby

«La marmite bout très fort»

Le président de la Fraternité des policiers et... (Photo archives La Voix de l'Est)

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Le président de la Fraternité des policiers et policières de Granby, Frédéric Boulet, n'est pas à court d'images chargées d'émotions pour illustrer l'ambiance de travail.

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Jérôme Roy
La Voix de l'Est

(Granby) L'ambiance est loin d'être à son meilleur au Service de police de la Ville de Granby. En fait, le président de la Fraternité des policiers et policières de Granby affirme sans détour que les relations de travail n'ont jamais été aussi mauvaises et tire à boulets rouges sur la direction.

«La marmite bout très fort»; «On a un ras-le-bol général»; «Quand on se compare, on se console, mais pas nous, on ne peut pas»: Frédéric Boulet n'est pas à court d'images chargées d'émotions pour illustrer l'ambiance de travail. Contacté mardi soir par La Voix de l'Est, il n'a pas hésité à répéter que les syndiqués qu'il représente bénéficient des pires conditions de la province depuis la sentence arbitrale rendue en septembre concernant le renouvellement de leur convention collective pour la période de 2011 à 2013.

«On est les policiers les moins bien rémunérés au Québec, aucun doute là-dessus, a martelé M. Boulet. Et si ce n'était que ça, mais non. Au niveau normatif, l'arbitre nous a renvoyé à la table des négociations».

La décision avait alors jeté une douche froide sur les syndiqués.

Une décision favorisant la Ville

À ce moment, La Voix de l'Est rapportait que le régime de retraite était l'une des principales pierres d'achoppement des négociations entourant le renouvellement de la convention collective des policiers, échue depuis le 31 décembre 2010.

La Ville souhaitait que les policiers soient inclus dans l'entente qu'elle a conclue en 2010 avec ses différents groupes d'employés et de retraités pour établir un nouveau partage des coûts et des risques.

Les policiers refusaient, arguant que leur réalité n'est pas la même que celle des autres employés municipaux.

L'arbitre avait cependant tranché en faveur de la Ville, positionnant les policiers et policières au même niveau que les autres employés.

Retour à la table des négociations

Clairement, le Syndicat ne l'a toujours pas digéré. Ce qui augure donc mal pour les nouvelles négociations, puisqu'il faut maintenant s'entendre pour la période couvrant de 2014 à 2016.

À ce sujet, les discussions qui se sont déroulées vendredi dernier n'ont rien fait pour apaiser les tensions.

«On n'a pas d'oreille de la part du directeur (Marco Beauregard), déplore Frédéric Boulet. Aucun indice ne me laisse croire qu'on en a plus aujourd'hui. On n'a pas confiance que notre directeur veut le bien-être de ses employés (...) Il me dit qu'il ne peut rien pour nous (...) S'il n'a rien pour nous, ça n'ira pas bien.»

Le président de la Fraternité précise que, pour l'heure, les policiers continuent de «faire du bon travail», mais il prévient que l'exaspération est au rendez-vous.

«Avant, les policiers avaient une grande fierté d'avoir un ''G'' sur le coeur, mais ce n'est plus là», image-t-il.

«C'est dur à décrire un climat de travail malsain, mais c'est ce qu'on vit, un climat de travail malsain. Ce n'est pas la première fois qu'on vit des bas, mais là, on a atteint le plancher».

Responsabilité de tous

Le directeur général de la Ville, Michel Pinault, a dit comprendre hier «la déception» des policiers par rapport à la décision rendue par l'arbitre, «qui ne correspond pas à leurs attentes».

«Le climat de travail dans une organisation relève de chacun des membres qui la composent, que ça soit les représentants de l'employeur ou les employés. C'est la responsabilité de chacun», a-t-il par ailleurs commenté brièvement.

«Je sais que nos cadres au service de police, particulièrement notre directeur, font tout pour assurer un climat de travail harmonieux dans un contexte où une décision arbitrale crée une grande déception auprès de nos policiers. Je crois qu'il faut se tourner vers l'avant pour le bien des citoyens», a-t-il ajouté.

 

- Avec la collaboration de Marie-France Létourneau

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