Turcotte: une dose mortelle de méthanol dans son sang

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Guy Turcotte avait une dose mortelle de méthanol dans son sang, selon une chimiste et toxicologue judiciaire.

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La Presse Canadienne
Saint-Jérôme

Guy Turcotte avait une dose mortelle de méthanol dans son sang, a témoigné mercredi une chimiste et toxicologue judiciaire au procès de l'homme accusé du meurtre prémédité de ses deux enfants.

Anne-Marie Faucher, qui travaille au laboratoire de sciences judiciaires de Montréal, a analysé les 11 prélèvements sanguins effectués à l'hôpital de Saint-Jérôme, où l'accusé a été traité au lendemain du double meurtre. Il n'y avait pas de drogue ni de médicaments dans son sang, mais «une concentration létale de méthanol qui aurait entraîné de façon certaine le décès de M. Turcotte s'il n'avait pas été soigné», a-t-elle dit.

Le méthanol - un alcool toxique - est un produit qui se retrouve entre autres dans le lave-glace. L'accusé dit avoir bu du lave-glace pour s'enlever la vie, avant et après avoir poignardé à mort Olivier et Anne-Sophie. La preuve présentée jusqu'à présent n'a pas établi quelle quantité de lave-glace il aurait bu.

Selon Mme Faucher, Guy Turcotte avait une concentration de 310 mg de méthanol par 100 ml de sang. À titre de comparaison, la limite légale d'alcool dans le sang - pour conduire un véhicule - est de 80 mg par 100 ml, a-t-elle illustré.

Un couteau introuvable

Guy Turcotte a dit ne pas s'être enlevé la vie avec le couteau qui a servi à poignarder ses enfants à mort, car il ne le trouvait plus après le double meurtre.

Mercredi, le procureur de la Couronne, René Verret, a mené un contre-interrogatoire ferme et serré de l'accusé.

«Vous avez donné 46 coups de couteau à vos enfants, pourquoi ne pas avoir eu le courage et la force de vous en donner un seul?», lui a demandé le procureur.

«Je cherchais le couteau, mais je ne le trouvais pas», a répondu l'accusé.

Me Verret lui a alors fait remarquer qu'un couteau a été retrouvé sous Olivier, dans son lit, mais qu'une partie était visible et qu'un autre couteau a été retrouvé sur le bord du bain, dans la salle d'eau adjacente à la chambre de Guy Turcotte. Les photographies prises par les policiers sur la scène du crime le démontrent.

«Comment voulez-vous que j'explique cela?», a répondu l'accusé, qui dit depuis lundi qu'il n'a que des souvenirs fragmentaires de la soirée du 20 février, ce qu'il appelle des «flashes».

Il a ensuite fait répéter à Guy Turcotte qu'il a eu un «flash» de s'être retrouvé dans la salle de bain, du sang sur les mains, en train de boire du lave-glace. La télé a été retrouvée allumée par les policiers. Un couteau se trouve à proximité de la télécommande pour la télévision.

Un autre flash de Guy Turcotte est qu'il a aiguisé un couteau dans son étui, alors qu'il se trouvait au bas des escaliers. Il dit l'avoir appuyé sur son thorax, voulant l'enfoncer. Il ne l'a pas fait, se rappelant une anecdote de son ex-conjointe urgentologue - Isabelle Gaston, la mère des enfants - qui lui avait dit un jour avoir traité à l'hôpital un homme qui avait fait cela et l'avoir sauvé. L'accusé a témoigné qu'il avait une cicatrice suite à cela.

Me Verret a aussi fait dire à l'homme qu'il y avait plusieurs couteaux dans un bloc sur le comptoir de cuisine, mais qu'il n'a pas pensé à aller en chercher un ce soir-là pour se tuer.

Me Verret a débuté le contre-interrogatoire de l'accusé mardi. Il a notamment lancé à Guy Turcotte qu'il a une mémoire sélective et qu'il choisit d'oublier certains éléments de la soirée lors de laquelle il a poignardé à mort ses enfants Olivier et Anne-Sophie.

Me Verret a ainsi passé une bonne partie de son contre-interrogatoire à faire dire à l'accusé le menu détail de ce dont il se souvient, notamment ce qu'il a préparé pour souper ce soir-là et les films loués.

L'accusé a rétorqué qu'il a habituellement une excellente mémoire, sauf pour le soir du 20 février et pour le moment où il a tenté de s'enlever la vie par la suite, en novembre 2009.

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