Attentat d'Ankara : quatre suspects inculpés

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Des militants brandissent des pancartes où l'on peut lire «Nous connaissons le tueur» alors qu'ils participent à une cérémonie en l'honneur des victimes de l'attentat d'Ankara, à Istanbul, le 17 octobre.

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Agence France-Presse

La justice turque a inculpé et écroué dimanche soir quatre personnes dans le cadre de l'enquête sur le double attentat suicide qui a fait 102 morts le 10 octobre devant la gare centrale d'Ankara, en Turquie, a confirmé lundi le procureur en charge de l'enquête.

Ces quatre suspects, dont l'identité n'a pas été révélée, sont notamment poursuivis pour «fabrication d'engins explosifs dans l'intention de tuer» et «tentative de renversement de l'ordre constitutionnel», a précisé l'agence de presse progouvernementale Anatolie.

Dans un communiqué publié sur son site internet, le bureau du procureur d'Ankara a indiqué avoir deux suspects en liberté et délivré un mandat d'arrêt contre neuf autres personnes soupçonnées d'avoir participé à cette attaque, la plus meurtrière jamais perpétrée sur le territoire de la Turquie.

Cette déclaration a également confirmé que l'un des deux kamikazes avait été formellement identifié comme Yunus Emre Alagöz. «Il a été établi que cette personne était entrée (en Turquie) depuis un pays voisin situé au sud de nos frontières», a-t-elle ajouté sans toutefois explicitement mentionner la Syrie.

«Le second (kamikaze) a été identifié sur des photos et les recherches en vue d'une identification formelle se poursuivent», a poursuivi la déclaration.

Les autorités turques ont présenté le groupe djihadiste État islamique (EI) comme le «suspect numéro 1» de ce double attentat, qui a visé un rassemblement de l'opposition prokurde contre la reprise depuis juillet des hostilités entre les forces de sécurité turques et les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Le bureau du procureur a également révélé lundi que les enquêteurs avaient saisi dans un véhicule des suspects 11 vestes d'explosifs, 6 fusils automatiques Kalachnikov, 22 grenades et des centaines de kilos d'explosifs.

768 gardes à vues

La presse turque avait révélé il y a plusieurs déjà jours le nom de M. Alagöz, ainsi que celui de l'autre kamikaze présumé, Ömer Deniz Dündar, tous deux originaires de la ville d'Adiyaman (sud) et soupçonnés d'avoir combattu dans les rangs de l'EI en Syrie.

Yunus Emre Alagöz est le frère d'Abdurrahman Alagöz, présenté par les autorités comme l'auteur d'une précédente attaque attribuée par Ankara à l'EI, qui avait fait 34 tués en juillet à Suruç, près de la frontière syrienne.

«Nous explorons également les liens entre les attaques de Suruç, d'Ankara et de Diyarbakir. Il y a des investigations dans cette direction», a déclaré lundi le premier ministre Ahmet Davutoglu lors d'un entretien accordé à la chaîne de télévision A Haber.

Le 5 juin, une bombe avait explosé à Diyarbakir (sud-est) lors d'une réunion de campagne du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde), à l'avant-veille des élections législatives, faisant 5 morts. Un homme, proche des milieux jihadistes, a été arrêté par la police en relation avec cet attentat.

«768 personnes ont été placées en garde à vue dans les opérations visant Daech (acronyme arabe de l'EI)» depuis l'attentat de Suruç, a aussi indiqué M. Davutoglu. «Que personne n'en doute: ceux qui sont derrière cette attaque seront identifiés», a-t-il insisté.

La plupart de ces personnes ont depuis été remises en liberté.

Dimanche, la police turque a encore opéré un vaste coup de filet contre les milieux djihadistes à Istanbul, interpellant une cinquantaine de ressortissants étrangers.

La Turquie est le principal point d'entrée en Syrie des recrues de l'EI.

À la veille des élections législatives anticipées du 1er novembre, l'attentat d'Ankara a relancé la colère contre le président Recep Tayyip Erdogan, accusé par l'opposition prokurde d'avoir négligé la sécurité de la manifestation et de complaisance avec l'EI.

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