Des Palestiniens incendient un lieu sacré juif

Des heurts violents ont mis aux prises hier... (Associated Press)

Agrandir

Des heurts violents ont mis aux prises hier Palestiniens et soldats israéliens en Cisjordanie occupée, à Bethléem, Ramallah (photo) et dans la poudrière d'Hébron.

Associated Press

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Imad Saada
Agence France-Presse
Naplouse

Des dizaines de Palestiniens ont incendié vendredi le tombeau de Joseph à Naplouse, site sacré du judaïsme dans le nord de la Cisjordanie occupée, au risque de donner une tournure de plus en plus confessionnelle aux violences.

Alors que la flambée de violences qui a débuté le 1er octobre en Cisjordanie occupée et Jérusalem-Est, avant de s'étendre à la bande de Gaza, et qui fait craindre une nouvelle intifada ne semble pas s'apaiser, l'ONU et les États-Unis ont appelé au calme.

Depuis cette date, les violences ont fait 37 morts, dont plusieurs auteurs d'attaques à l'arme blanche, et des centaines de blessés côté palestinien ainsi que sept morts et des dizaines de blessés côté israélien.

Quatre Palestiniens ont été tués vendredi dans les Territoires palestiniens.

L'un a été abattu après avoir poignardé et sérieusement blessé un soldat israélien en Cisjordanie occupée alors qu'il se faisait passer pour un journaliste. Un autre a été atteint par des tirs israéliens lors de heurts près de Naplouse et deux autres ont subi le même sort dans la bande de Gaza alors qu'ils manifestaient avec des centaines d'autres près de la barrière qui isole Israël de l'enclave palestinienne.

Des heurts violents ont par ailleurs mis aux prises Palestiniens et soldats israéliens en Cisjordanie occupée, à Bethléem, Ramallah et dans la poudrière d'Hébron, non loin des lieux de l'agression par le prétendu journaliste.

Toutes les organisations palestiniennes avaient appelé après la grande prière hebdomadaire musulmane à un «vendredi de la révolution» en Cisjordanie et à Gaza, territoires séparés géographiquement par Israël et censés former un futur État palestinien.

«Acte répréhensible»

Avant l'aube, des dizaines de Palestiniens avaient mis le feu au tombeau de Joseph à l'aide de cocktails Molotov, selon la police palestinienne.

Pour les juifs, ce site abrite la dépouille de Joseph, l'un des douze fils de Jacob. Mais il est aussi vénéré par les musulmans, pour lesquels il abrite la tombe d'une figure religieuse locale, et par les samaritains, une secte séparée du judaïsme.

À l'ouverture à New York d'une session du Conseil de sécurité consacrée à la situation en Israël et dans les Territoires palestiniens, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a «fermement condamné» ce qu'il a qualifié d'«acte répréhensible».

À Washington, le président américain Barack Obama s'est dit «très inquiet» par le climat de violences et a condamné «toutes les violences contre des innocents».

«Nous réaffirmons notre conviction qu'Israël a le droit de maintenir l'ordre et la loi et de protéger ses citoyens des attaques au couteau», a ajouté M. Obama lors d'une conférence de presse conjointe avec la présidente sud-coréenne à la Maison-Blanche.

Le président palestinien Mahmoud Abbas, soumis à une pression internationale grandissante, notamment de la part des États-Unis, pour condamner les attentats anti-israéliens, a de son côté qualifié d'acte «irresponsable» l'incendie du tombeau de Joseph.

«Aucune présence internationale»

Le rôle joué dans les tensions par l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, site sacré pour les musulmans et les juifs et situé dans la partie palestinienne de Jérusalem annexée et occupée par Israël, et le fait que nombre des victimes des attentats au couteau soient juives suscite la crainte que la violence actuelle prenne un ton de plus en plus religieux.

Aux Nations Unies, le représentant permanent adjoint israélien a réaffirmé que l'État hébreu n'accepterait «aucune présence internationale sur le Mont du Temple (nom donné par les juifs à l'esplanade des Mosquées)», répondant à des Palestiniens qui y réclament une «protection» via une «force internationale».

Selon David Roet, «une telle présence constituerait un changement dans le statu quo» qui régit les lieux saints à Jérusalem et réglemente l'accès des croyants juifs et musulmans.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté à de nombreuses reprises une modification de ce statu quo, que les Palestiniens le soupçonnent pourtant de vouloir changer.

Alors que le Conseil de sécurité se penchait vendredi sur la question, à l'instigation des pays arabes, il est difficile de discerner quel rôle peut jouer la diplomatie, jusqu'à présent impuissante à contenir le cycle de violences.

Le secrétaire d'État américain John Kerry va rencontrer Benjamin Netanyahu la semaine prochaine en Allemagne, à l'occasion d'une visite à Berlin du premier ministre israélien, a annoncé vendredi l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis sur CNN.

Le département d'État n'a pas immédiatement confirmé cette rencontre, mais le chef de la diplomatie américaine a entamé vendredi une tournée européenne qui l'amènera en Italie, en France et en Espagne et devrait aussi se rendre dans les «prochains jours» au Proche-Orient.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer