Rejets d'eaux usées : des milliers d'heures de déversement

Des déversements d'eaux usées sont survenus à huit... (Photo Alain Dion)

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Des déversements d'eaux usées sont survenus à huit reprises en 2013 à l'usine de traitement des eaux usées de la Ville de Granby. Avant 2013, de tels incidents auraient valu un échec à la Ville de la part du MAMOT.

Photo Alain Dion

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Granby) Les municipalités de la région ont déversé des eaux usées non traitées dans des lacs et rivières durant des milliers d'heures en 2013, et ce, avec l'autorisation des autorités gouvernementales.

Une compilation effectuée par La Voix de l'Est, basée sur le rapport 2013 des ouvrages de surverse du ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT), établit que 13 municipalités répertoriées dans notre région ont rejeté pendant 6104,36 heures des eaux usées provenant de leurs réseaux d'égout (voir tableau).

Les municipalités de Saint-Damase (1616,19 heures), Cowansville (1303,92 heures), Granby (966,8 heures), Bromont (947,5 heures), Saint-Césaire (589,16 heures) et Waterloo (286,37 heures) sont celles dont le bilan est le plus élevé. Le tableau est incomplet puisque sur les 16 autres municipalités de la région, 11 ne sont pas équipées pour comptabiliser le nombre d'heures que durent leurs surverses.

Collectivement, les 29 municipalités sur notre territoire ont connu 2046 surverses d'eaux usées en 2013. Comme lors des dernières années, la Ville de Cowansville en a enregistré le plus avec 558. Elle est suivie de Granby (336), Marieville (186), Saint-Damase (170), Bedford (137), Waterloo (135) et Saint-Césaire (125).

Les volumes d'eaux usées envoyés dans l'environnement via des réseaux municipaux d'égout demeurent inconnus. La raison est que les municipalités n'ont pas de systèmes pour enregistrer de telles données. Les rapports des municipalités démontrent cependant que les surverses surviennent la très grande majorité du temps lors de périodes de pluie, ce qui a pour effet de purger l'ensemble des réseaux d'égout de leur contenu. Quelques municipalités s'affairent à installer des lecteurs sur leurs ouvrages de surverses pour déterminer les volumes d'eaux usées qui sont envoyés dans l'environnement sans traitement.

Lecteurs de débit

La Ville de Granby a commencé en février à installer des lecteurs de débit sur les 20 ouvrages de surverse que compte son réseau d'égout. Ils sont tous en place, confirme Claude Ouimette, coordonnateur à la division du traitement des eaux aux services techniques de la Ville. Les données seront envoyées en temps réel par télémétrie aux responsables, explique Claude Ouimette. «Le système est en rodage. Il faut que chaque appareil fonctionne de manière optimale. On peut dire qu'on est prêt à 90, 95%», a-t-il dit.

Les lecteurs, le logiciel et les autres équipements du système ont coûté 200 000 $, a dit M. Ouimette. Le tout sera opérationnel dès le début de l'année 2016.

Les 336 surverses à Granby en 2013 sont surtout survenues dans les ouvrages des secteurs Laurent et Saint-Urbain, a souligné M. Ouimette. L'usine de traitement des eaux usées a aussi connu huit déversements dans la rivière Yamaska Nord, selon le bilan du MAMOT. Avant 2013, de tels incidents auraient valu un échec à la Ville de la part du Ministère. Aucune surverse n'a affecté le lac Boivin, assure-t-il.

À Cowansville, cinq lecteurs de débit de surverse ont été installés ces derniers mois, a indiqué Sylvain Perreault, surintendant aux infrastructures et aux immobilisations de la Ville. Cinq autres lecteurs seront installés dans les prochains mois et deux autres l'année prochaine, a-t-il dit.

La Ville compte 23 ouvrages de surverse, dont 12 stations de pompage. Elles seront toutes équipées d'un lecteur. L'achat et l'installation des lecteurs de débit coûteront environ 115 000 $ à la Ville, a dit M. Perreault.

Concernant les 558 surverses en 201 - toutes ayant eu lieu dans la rivière Yamaska Sud-Est -, M. Perreault estime que le bilan s'améliorera puisque la Ville a remplacé en 2014 le conduit d'égout de la rue Principale. «C'était un très vieux conduit. Il ne devait pas être étanche», a-t-il dit. Avant ces travaux, des surverses s'étaient déjà produites dans le lac Davignon, a-t-il reconnu.

La Ville de Bromont pourra également bientôt déterminer le volume d'eaux usées qu'elle déverse dans la rivière Yamaska. Elle prévoit équiper ses ouvrages de surverse de lecteurs de débit. Un budget de 20 000 $ est prévu pour acheter les équipements, confirme Catherine Page, responsable des communications à la Ville.

Les équipements devraient être installés dès cette année sur deux ouvrages, a-t-elle dit. Les huit autres ouvrages en seront équipés par la suite.

Les municipalités québécoises ont jusqu'au 1er janvier 2020 pour installer des lecteurs de débit sur leurs ouvrages de surverse.

Dans l'ensemble du Québec en 2013, 4457 surverses se sont produites dans les 811 réseaux d'égout municipaux recensés par le MAMOT.

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