Jour 75: Trudeau défend l'éthique de son parti

Le chef libéral Justin Trudeau.... (La Presse Canadienne)

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Le chef libéral Justin Trudeau.

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Lina Dib
La Presse Canadienne

À quatre jours des élections, Justin Trudeau s'est retrouvé, pour une rare fois dans cette campagne, sur la défensive.

Le chef libéral a perdu son coprésident de campagne, Dan Gagnier, mercredi. Jeudi matin, il se montrait dur avec le démissionnaire, déclarant que ses actions étaient «tout à fait inappropriées». Mais ça n'a pas suffi à ses adversaires.

On reproche à M. Gagnier d'avoir conseillé TransCanada, promoteur de l'oléoduc Énergie Est, sur la marche à suivre si, lundi, les Canadiens changeaient de gouvernement. Ses conseils couvraient des scénarios de gouvernements libéral et néo-démocrate.

«C'est que lui, il avait déjà délivré la licence libérale», a tout de même accusé Thomas Mulcair. Il suppose ainsi que M. Trudeau a déjà décidé d'autoriser l'oléoduc controversé.

«C'est faux de la part de M. Trudeau de continuer de prétendre qu'il restait quoi que ce soit à décider là-dedans. Dès le lendemain, si on faisait l'erreur de les élire, ils l'auraient fait», a ajouté le chef néo-démocrate.

«On nous rit en pleine face», a pour sa part lancé Gilles Duceppe, de passage à Mascouche, dans un parc où on manifestait contre l'oléoduc en question il y a quelques jours à peine. Le chef bloquiste a qualifié de «promiscuité malsaine» les relations entre le parti de M. Trudeau et les promoteurs d'Énergie Est.

«Je crois que la culture du Parti libéral n'a pas changé. Cette culture ne va jamais changer», s'est contenté de lâcher le chef conservateur Stephen Harper. Ce concert de reproches n'a pas tari même si M. Trudeau réitérait sa promesse d'améliorer les évaluations environnementales pour tout projet, «pour que ce ne soient pas les gouvernements qui donnent des permis autant que les communautés qui vont donner permission».

Faire campagne chez l'autre

MM. Trudeau, Mulcair, Harper, et bien sûr Duceppe, faisaient tous campagne au Québec jeudi.

Ainsi, le chef libéral passait à Outremont.

«On est dans un pays libre», a réagi M. Mulcair, député d'Outremont, en haussant les épaules, mais en répétant que M. Trudeau devrait s'en prendre à M. Harper plutôt qu'à lui.

M. Mulcair, lui, était à Alma, chez Denis Lebel. Concédant que l'homme est peut-être plus populaire que son parti, il invitait ses militants à ne pas voir M. Lebel quand ils ciblent les conservateurs.

«Si on faisait l'erreur de faire réélire Denis Lebel, ce serait par accident une manière d'aider Stephen Harper et c'est la dernière chose que les gens de la région souhaitent», de l'avis du chef du Nouveau Parti démocratique (NPD).

Stephen Harper avait apporté le bruit de sa caisse enregistreuse à Trois-Rivières.

Dans une salle où une centaine de militants conservateurs s'amusaient ferme, le chef conservateur a invité un ingénieur, père de famille, à déposer des billets de banque sur une table pour démontrer ce qu'il perdrait si le gouvernement conservateur n'était pas réélu.

Parmi ces calculs, le fractionnement du revenu, particulièrement utile à cet ingénieur et son épouse qui a été présentée par M. Harper comme une mère de quatre enfants «qui reste à la maison», ce qui lui a valu des applaudissements nourris et un «bravo».

À chaque dépôt de liasses d'argent sur la table, retentissait un «ke-tching», repris par plusieurs dans la petite foule.

«valeurs québécoises conservatrices»

Contrairement aux trois jours précédents, le chef conservateur ne s'en est pas tenu uniquement à un discours sur l'économie pour accompagner sa démonstration. Il a également repris son thème des «valeurs québécoises conservatrices». Lorsqu'il a fait référence à l'interdiction du niqab aux cérémonies de citoyenneté, cela lui a valu une ovation debout.

Et si le chef conservateur a attaqué ses rivaux libéral et néo-démocrate, il n'a pas dit un mot du Bloc québécois dans cette province où la course se fait pourtant à quatre plutôt qu'à trois.

M. Duceppe, de son côté, continuait de plaider pour un nombre suffisant de députés pour faire face à un gouvernement libéral minoritaire.

«Quand le Parti libéral choisit le Canada au lieu du Québec, le NPD ne s'oppose pas, il applaudit», selon M. Duceppe.

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