Abolir les élections scolaires est «sexiste», dit la FCSQ

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La présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard.

Marco Campanozzi, La Presse

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La Presse Canadienne
QUÉBEC

Abolir les élections scolaires est une décision «sexiste», accuse la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard. Car c'est «la seule démocratie à avoir atteint la parité entre les femmes et les hommes».

Parmi les quelque 700 élus scolaires, 51 % sont des femmes. L'Assemblée nationale en compte 27 %.

Le gouvernement Couillard déposera bientôt un projet de loi qui abolit les élections scolaires, une intention à laquelle s'oppose la FCSQ. Plutôt que d'être élus au suffrage universel, les commissaires seraient nommés entre autres par les assemblées générales des parents et les conseils d'établissements, selon des informations circulant depuis plusieurs semaines.

Avec le nouveau mode de nomination, les futurs conseils scolaires pourraient être «des boys clubs», selon Josée Bouchard. Elle signale que les conseils d'administration en général sont le plus souvent dominés par les hommes.

En conférence de presse à Québec hier, Mme Bouchard était entourée de femmes qui sont venues défendre la pertinence des élections scolaires et la représentation féminine au sein des commissions scolaires. «La démocratie, on l'a massacrée dans le milieu de la santé, où les femmes dominent par leur présence et leurs activités professionnelles. On l'a abolie dans les centres locaux de développement, [...] un milieu professionnel en parité. Maintenant, c'est au milieu de l'éducation qu'on s'attaque. Ça fait mal. Parce qu'encore une fois, ce sont encore des femmes qui prédominent par leurs activités professionnelles. La démocratie est en grande souffrance dans ces décisions-là», a soutenu la présidente de Solidarité rurale du Québec, Claire Bolduc.

Pour Lorraine Leduc, du Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec, l'abolition des élections scolaires risque de contribuer à «l'érosion du pouvoir des femmes».

L'exemple du sénat

Selon la sénatrice Céline Hervieux-Payette, ancienne présidente d'une commission scolaire, les élections scolaires sont des tremplins permettant aux femmes de se lancer en politique. Et celles-ci «sont peut-être dédiées une petite coche au-dessus des hommes pour la raison très simple que, pour arriver là, elles ont dû faire beaucoup plus d'efforts». Mme Hervieux-Payette a donné l'exemple de la Chambre haute, où les sénatrices sont très assidues comparativement aux hommes, selon elle. «Les collègues mâles sont dans leurs bureaux» pendant que les femmes «siègent à leur place», a-t-elle dit.

Le ministre de l'Éducation, François Blais, rejette les attaques de la FCSQ. «On reconnaît l'apport des femmes dans l'organisation scolaire. Elles sont déjà très bien représentées dans les différentes instances. Et notre nouveau modèle, on croit qu'il va permettre aussi de bien les représenter», a affirmé son attachée de presse, Julie White.

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