Trains de passagers Montréal-Sherbrooke: une étude de faisabilité envisagée

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) L'intérêt pour le projet de train de passagers qui doit relier Montréal-Sherbrooke et, éventuellement, Boston, en passant par la région, prend de l'ampleur. Une étude de faisabilité pourrait être lancée prochainement, a affirmé hier la mairesse de Bromont, Pauline Quinlan.

Preuve de cet intérêt, un train s'est arrêté à Bromont, hier en fin d'avant-midi, avec à son bord des représentants des municipalités de Saint-Jean-sur-Richelieu, Farnham, Brigham, Bromont, Cowansville, Lac-Brome, Sutton, Magog et Sherbrooke. Ceux-ci ont fait le trajet entre Saint-Jean-sur-Richelieu et Sherbrooke en compagnie de gens d'affaires et de François Rebello, de l'entreprise Train-Hôtel, de même que John Giles, président de la compagnie Central Maine&Quebec Railway (CMQ).

«Le rail nous unit aujourd'hui», a lancé d'entrée de jeu, la mairesse de Bromont, à l'occasion d'un point de presse, tenu à deux pas du train.

Le projet n'est pas nouveau. Il est dans l'air depuis 2007, alors que le député de l'époque, le bloquiste Christian Ouellet, avait travaillé à sa réalisation. Mais, cette fois-ci, les planètes semblent vouloir s'aligner. «Il y a une grande différence cette fois-ci. Il y a un propriétaire (du chemin de fer) intéressé à ce que ça se fasse et habitué d'investir», a souligné François Rebello, ex-politicien.

Étude de faisabilité

L'objectif, affirme M. Rebello, «c'est d'avoir un train de passagers qui va à la même vitesse que les voitures et les autobus pour être compétitif». «Sinon, il n'y a pas de marché», lance-t-il.

Pour atteindre cet objectif, des investissements devront toutefois être réalisés pour améliorer l'état des rails. Déjà, quelque 20 millions$ ont été investis par CMQ, propriétaire du chemin de fer depuis 15 mois, pour permettre aux trains de marchandises de circuler à 40 km/h (25 miles à l'heure). Mais les trains de passagers, eux, doivent pouvoir circuler à au moins «50 miles à l'heure», dit M. Rebello.

Si la perspective d'un train se rendant jusqu'à Boston est évoquée, c'est cependant le trajet Montréal-Sherbrooke qui doit, pour l'heure, être étudié, précise François Rebello. CMQ est propriétaire des rails entre Montréal et Sherbrooke, tandis que le trajet entre Sherbrooke et Boston implique deux autres propriétaires.

«On perçoit beaucoup d'intérêt, d'enthousiasme, des élus et des gens d'affaires», assure la mairesse Quinlan. Selon elle, les élus sonderont d'ici un mois leur conseil municipal respectif pour l'adoption d'une résolution d'appui pour la réalisation d'une étude de faisabilité, avec une contribution financière du milieu, conditionnelle à une subvention du Fonds vert de la Fédération canadienne des municipalités.

«Il faut voir s'il y a un marché, si les gens sont prêts à prendre le train, et ce que ça pourrait coûter et rapporter», relève François Rebello.

Proposition

Le président de CMQ, John Giles, a confirmé hier être prêt à discuter avec ceux qui ont un intérêt à investir dans le projet. «Il est ouvert à réinvestir, mais on doit arriver avec une proposition», dit François Rebello.

Côté financement, des fonds d'investissement auraient manifesté leur intérêt par l'entremise de lettres d'intention. Et si l'apport du secteur privé est essentiel, un appui monétaire des gouvernements provincial et fédéral serait également souhaité, ajoute M. Rebello.

Hier, la majorité des candidats aux élections fédérales dans la circonscription de Brome-Missisquoi étaient d'ailleurs présents lors du passage du train à Bromont.

L'ex-député Christian Ouellet aussi était là. Et son enthousiasme est encore aussi grand pour le projet. «Je n'ai jamais laissé tomber le dossier parce que c'est l'avenir. Pour notre région, c'est l'élément de développement numéro un», estime-t-il.

Selon François Rebello, un aller-retour entre Montréal et Boston en train pourrait coûter 300$, et un aller-retour entre Montréal et Sherbrooke, 75$.

Qui sait, les Américains pourront peut-être prendre le train pour assister aux Jeux équestres mondiaux à Bromont en 2018, évoque M. Rebello. Petit train va loin, dit l'expression populaire...

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