L'appel du lac Champlain

La Ville de Bedford puise tous les jours... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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La Ville de Bedford puise tous les jours 3200 mètres cubes d'eau du lac Champlain.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Venise-en-Québec) Le lac Champlain ne sert pas d'habitat qu'aux saumons, truites et perchaudes; des espèces non indigènes y vivent également comme la moule zébrée, la carpe asiatique et le lamproie. Les autorités gouvernementales américaines mènent la lutte à ces indésirables créatures.

Dans le cas des lamproies, la U.S. Fishand Wildlife Service est allée jusqu'à la petite municipalité de Notre-Dame-de-Stanbridge pour y construire à ses frais (1,3 million de dollars canadiens) une barrière particulière, en 2014. Celle-ci est conçue pour empêcher les lamproies de remonter le ruisseau aux Morpions où ils se reproduisent. Les experts estiment que 150 000 larves y naissent tous les ans. Les lamproies représentent une menace pour les saumons et les truites. Elles se collent à eux pour se nourrir, leur causant des blessures. En 2012, 40 % des truites et 25 % des saumons arboraient des blessures de lamproies. Lors de la première saison de «pêche», 134 lamproies adultes ont ainsi été interceptés, a indiqué en entrevue Bradley Young, superviseur du département de biologie marine au U.S. Fishand Wildlife Service. «Nous sommes très satisfaits de la barrière», a dit le biologiste. 

 

Le compromis du deux mètres

La largeur des bandes riveraines à respecter dans la MRC Brome-Missisquoi n'est plus de trois mètres, mais bien de deux mètres. Moins large, la nouvelle norme devrait malgré tout assurer une meilleure protection des berges contre le ruissellement des terres agricoles, pense Francis Dorion, directeur de l'aménagement à la MRC. Au lieu de mesurer à partir de la ligne des hautes eaux, la nouvelle façon de mesurer se fera du haut du talus. «C'est plus simple de la calculer de là qu'à partir de la ligne des hautes eaux. C'est un règlement plus facile d'application», conclut-il. Le conseil des maires devra décider de combien de temps les agriculteurs disposeront pour appliquer la nouvelle règle. Une fois en vigueur, l'application de la règle incombera aux 21 municipalités de la MRC. 

 

Pétition et phosphore

La pétition lancée à la fin du mois d'août par le maire de Venise-en-Québec, Jacques Landry, cartonne. En date d'hier, plus de 4000 signatures ont été recueillies, dit-il. «C'est un beau succès. C'est une prise de conscience des citoyens pour leur lac», a-t-il indiqué. M. Landry entend utiliser la pétition pour faire bouger les choses auprès des gouvernements. «On veut aller voir les Américains, l'UPA. On va voir tout le monde. Assez, c'est assez. Un beau lac, c'est aussi important qu'une autoroute. Pis s'il y a des millions ou des milliards à mettre, vous allez les mettre. Il faut arrêter d'étudier, il faut agir.» Michel Laliberté

En 2014, 134 lamproies adultes ont été capturés à la barrière à Notre-Dame-de-Stanbridge alors qu'ils remontaient le ruisseau aux Morpions pour frayer. Ce poisson parasitaire s'attaque aux saumons et truites du lac Champlain. 

 

Source cruciale

Dans l'ensemble de son immense bassin versant, le lac sert de prise d'eau potable à 34 municipalités, dont Bedford et Saint-Armand (secteur Philipsburg). En tout, 145 000 personnes boivent l'eau du lac. L'usine de filtration de Bedford, construite en 1962 sur les rives du lac Champlain, puise 3200 mètres cubes d'eau tous les jours dans le lac. La Ville a ajouté un 4e filtre en 2013, au coût de 265 000$. Le traitement de l'eau suit quatre étapes: floculation, décantation, filtration et désinfection. L'usine est de plus équipée pour faire face aux toxines libérées par les algues bleues. Un filtre au charbon actif s'en charge. L'eau filtrée, après un traitement en moyenne de 10 heures, est ensuite acheminée 14 kilomètres plus loin, jusqu'au réservoir de la Ville. Elle est ensuite envoyée dans le réseau d'aqueduc de la municipalité. Michel Laliberté

La Ville de Bedford puise tous les jours 3200 mètres cubes d'eau du lac Champlain. Elle la traite puis l'achemine 10 heures plus tard à travers 14 kilomètres de tuyau jusqu'au réservoir municipal.

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