Les agriculteurs ouverts aux solutions

«On a aménagé beaucoup de bandes riveraines. Elles... (Janick Marois, La Voix de l'Est)

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«On a aménagé beaucoup de bandes riveraines. Elles sont même plus larges que ce qu'on nous conseillait. On a planté beaucoup d'arbustes. On pratique beaucoup de semis directs. On fait vraiment ce qu'on peut», assure Martin Trudeau, un producteur laitier de Pike River.

Janick Marois, La Voix de l'Est

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Pike-River) La mèche est courte dans les terres agricoles lorsqu'il est question du lac Champlain. Les agriculteurs se sentent jugés, montrés du doigt, les boucs émissaires désignés pour expliquer tous les problèmes de santé du lac.

«On parle beaucoup des herbicides et des pesticides, mais on travaille là-dessus», assure Martin Trudeau. Si les activités agricoles ont un impact sur la qualité de l'eau des rivières, des efforts sont faits pour réduire cet état des choses, soutient le jeune producteur laitier de Pike-River.

La ferme de M. Trudeau, qu'il a acheté de son patron en 2010, compte une quarantaine de vaches et 75 hectares consacrés à la culture du maïs. Sa propriété borde la rivière aux Brochets et de petits cours d'eau la traversent. Il se dit conscient de ses responsabilités à leur égard. Aussi, travaille-t-il avec des agronomes du Dura-Club pour réduire l'empreinte écologique de ses activités. «On a aménagé beaucoup de bandes riveraines. Elles sont même plus larges que ce qu'on nous conseillait. On a planté beaucoup d'arbustes. On pratique beaucoup de semis directs [technique qui permet de limiter le labourage et d'améliorer la qualité des sols]. On fait vraiment ce qu'on peut.»

Les perceptions des gens mènent à de fausses conclusions, estime un autre agriculteur de Pike-River qui demande à ne pas être nommé. «On nous dit qu'on utilise trop de pesticides dans nos champs, trop d'engrais, qu'on les arrose trop. Pourquoi ferait-on ça? Ça détruirait nos récoltes. Et au prix qu'on les paie, on en met juste assez. Sinon, ça ne serait pas rentable. Que les gens arrêtent de dire qu'on pollue les lacs et les rivières.»

Le monde agricole n'a pas tous les tords, affirme Urbain Bellefroid. Agriculteur à la retraite, il loue ses 77 hectares (190 acres) à des collègues pour produire du maïs et du soya. Une partie de ses terres est collée sur la rivière aux Brochets. «C'est sûr que l'agriculture a un impact. Mais il y a aussi de la pollution qui vient des villes. On est au bout de la rivière ici, on reçoit tout ce qui arrive de plus haut», dit-il en allusion aux municipalités en amont. «Il y a 10, 20 ans, on avait encore des maisons qui déversaient (leurs eaux usées) directement dans la rivière.»

Panic érigé

À l'instar d'autres producteurs riverains de la rivière aux Brochets, les frères Lanoue de Notre-Dame-de-Stanbridge ont participé en 2009 à un projet-pilote de bandes riveraines. Initié par l'agronome Richard Lauzier du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, il consistait à cultiver du «panic érigé» le long des cours d'eau. Cette plante vivace a une grande capacité d'absorption et s'avère un excellent rempart contre le ruissellement des terres agricoles.

Le projet-pilote a beau être terminé, les frères Lanoue continuent de cultiver le panic érigé qu'ils utilisent comme litière dans leur ferme laitière. Les avantages sont intéressants, indique Robin Lanoue. «Ça fait moins d'éboulement de terre dans la rivière. On n'est pas obligé de travailler le terrain tous les ans. Et ça prend moins d'engrais que le reste des récoltes. Ça pousse tout seul. Ce n'est pas aussi rentable que de cultiver du maïs. Mais pour le bord de l'eau, ça vaut la peine de le faire», explique le jeune homme.

Les moeurs agricoles changent lentement, mais sûrement, soutient Richard Lauzier. Les cours d'eau prendront du mieux, pense-t-il. «J'ai beaucoup d'admiration pour le travail que les agriculteurs ont fait, pour leur ouverture. Je pense que c'est en train de faire tache d'huile. Il reste peut-être, à mon avis, 10% des agriculteurs qui ne veulent absolument rien savoir et qui livrent une bataille d'arrière-garde. Mais les résultats vont venir. Il faut être patient.»

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