Selon des citoyens: trop de questions demeurent sans réponse

Les Bromontois Jean-Pierre Domec, Éric Troncy, Bertrand Lussier... (photo Alain Dion)

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Les Bromontois Jean-Pierre Domec, Éric Troncy, Bertrand Lussier et Pierre Lizotte ont tenu à lever le voile sur plusieurs faits qu'ils considèrent comme «inquiétants» au sujet des JEM.

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Bromont) Alors que les élus amorcent la dernière ligne droite avant de statuer au sujet du bail emphytéotique, des Bromontois s'inquiètent à propos des Jeux équestres mondiaux (JEM) et du legs pour les générations à venir. Quatre d'entre eux ont rencontré La Voix de l'Est pour lever le voile sur ce qu'ils considèrent comme «un dossier à la transparence aléatoire».

Bertrand Lussier, Pierre Lizotte, Éric Troncy et Jean-Pierre Domec suivent de près tout ce qui entoure les JEM, que doit tenir Bromont en 2018. Selon eux, «trop de questions demeurent sans réponse».

«Pour les Jeux, on est d'accord qu'on a un superbe site ici à Bromont. Mais quand on regarde les villes antérieures, Stockholm (Suède), Jerez (Espagne), Aix-la-Chapelle (Allemagne), Lexington (États-Unis) ou Caen (France), pour connaître le milieu, ce sont tous d'importants centres équestres, fait valoir le vétérinaire Éric Troncy. Il y a du cheval au pied carré. Mais ici, ce n'est pas le cas. C'est loin d'être le sport en vogue et ça ne remplit pas le stade Saputo.»

Selon M. Troncy, le Québec compte 70 vétérinaires oeuvrant dans le domaine des chevaux. Un chiffre qui, dit-il, «a de quoi laisser pantois». «À titre comparatif, la France a près de 1800 vétérinaires équins. Ce n'est pas du tout la même dynamique. Dans ce contexte, accueillir les Jeux, c'est intéressant, mais ça fait aussi peur.»

Clarté

M. Troncy remet également en question le demi-million de spectateurs avancé par les organisateurs des JEM. «En Normandie, 55% des spectateurs viennent de France. Est-ce que 300 000 Québécois seront à Bromont en 2018? Je crois que c'est une donnée qui ne tient pas la route.»

Le Bromontois tient le même discours à propos du budget concernant les infrastructures. «À Lexington, ils ont mis 80 M$ dans les installations. Et nous, on sera capable de boucler tout ça avec moins de 20 M$. Je crois que les JEM, c'est une opportunité, mais il faut aussi être lucide. Et surtout transparent avec la population. C'est d'ailleurs ce qui fait le plus défaut depuis le début ici», déplore M. Troncy.

De son côté, Bertrand Lussier, lui aussi vétérinaire, met en lumière le fait «qu'aucun appui tangible» n'a été démontré jusqu'ici par Canada Hippique.

«On s'apprête à octroyer un bail emphytéotique de 50 ans pour la construction d'un manège sur un site appartenant aux citoyens. Le Comité organisateur [COJEM] et la SACS servent l'argument que c'est une nécessité d'avoir ce genre d'infrastructure pour assurer la pérennité du sport équestre à Bromont. Pourtant, clame-t-il, on ne nous a jamais présenté de lettre d'engagement de Canada Hippique attestant que Bromont deviendrait un centre d'excellence et d'entraînement pour les cavaliers de partout au pays.»

«Quand on lit les propos du président de la SACS, Marcel Bundock, qui dit que le manège n'est visible que huit secondes lorsqu'on circule en auto. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres, poursuit M. Lussier. C'est ce qui fait que je ne me sens pas très respecté dans le dossier des Jeux équestres en tant que Bromontois. Et je suis loin d'être le seul.»

Continuité

De son côté, Pierre Lizotte doute de la pérennité des infrastructures équestres à long terme. «Oui, les Jeux peuvent être bénéfiques à court terme dans la région. Mais ensuite, il ne faut pas se retrouver avec un éléphant blanc. Mon problème, c'est la continuité de la série d'équipements équestres qui seraient construits.»

«Comment fera-t-on pour rentabiliser et entretenir des infrastructures comme ça (manège, pavillon d'accueil)? Si le passé est garant de l'avenir, on a un gros problème, dit l'ex-président du conseil d'administration du Centre national de cyclisme de Bromont. Le centre équestre est en décrépitude depuis plusieurs années. En ce moment, il y a environ 18 chevaux dans le bâtiment, alors qu'il y en a déjà eu une cinquantaine.»

Jean-Pierre Domec abonde dans le même sens. «Avec un bail de 50 ans, que va faire la SACS avec le terrain de la Ville? Eh bien, en ce moment, le site a l'air d'un vrai dépotoir. Pourtant, l'endroit a une vocation environnementale, de conservation. Mais il y a des débris partout sur le bord des chemins, dans les bois. Et qu'on ne vienne pas me dire que c'est là depuis seulement quelques jours. C'est littéralement enterré sous la végétation.»

«On ne peut pas tolérer ça! , lance-t-il. La Ville va devoir surveiller les lieux de façon beaucoup plus serrée. C'est une question de respect du bien collectif après tout!»

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