Retrait des plantes aquatiques : un bateau spécial pour le lac Boivin

La Ville de Granby pourrait acheter un bateau... (photo tirée du site internet de aquamarine.ca)

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La Ville de Granby pourrait acheter un bateau de ce type pour enlever les plantes aquatiques que l'on peut apercevoir à la surface du lac Boivin.

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Michel Laliberté
La Voix de l'Est

(Granby) La Ville de Granby pourrait retirer les plantes aquatiques qui envahissent le lac Boivin en recourant à un bateau spécialement conçu à cette fin.

L'administration municipale étudie les possibilités offertes par une embarcation de type aquatic weed harvester, a appris La Voix de l'Est. Il s'agit d'un bateau utilisé dans quelques lacs en Amérique du Nord, notamment près de marinas. Se procurer un tel bateau et les équipements nécessaires (barges et convoyeur) coûterait près de 250 000$, a indiqué le maire Pascal Bonin qui a eu des discussions avec une entreprise ontarienne.

«Je pense que c'est un outil très intéressant. On pourrait enlever plein de plantes aquatiques qu'on voit à la surface du lac Boivin. On améliorerait l'esthétique du lac, mais aussi on enlèverait des plantes qui se décomposeraient et qui ajouteraient au niveau de phosphore qu'on a déjà dans le lac. C'est une solution simple, écologique et économique», a-t-il dit.

Ce projet s'inscrirait dans le cadre du plan d'action pour l'avenir du lac Boivin. Plusieurs solutions ont été proposées en avril dans le plan pour redonner meilleure mine au lac Bovin. Des investissements de 2,6 millions de dollars sont énumérés pour les 15 prochaines années. Le recours à un bateau pour enlever les plantes aquatiques ne figurait toutefois pas dans les solutions avancées.

Un lac qui devient petità petit un marais

M. Bonin reconnaît d'emblée que cette idée n'émerge pas des consultations publiques menées pour élaborer le plan d'action ni de discussions avec des spécialistes des cours d'eau. Il faut être réaliste, a dit le maire.

«Je ne suis pas un spécialiste, mais je suis un observateur pointilleux. On l'appelle le lac Boivin, mais c'est en fait un lac artificiel. C'est un lac qui est au stade d'eutrophisation et qui devient petit à petit un marais. Même si on investit des millions, on ne l'améliorera pas. On sait qu'il va mourir. On peut seulement ralentir le processus.»

Dans un tel contexte, pense M. Bonin, il serait déraisonnable que la Ville investisse autant d'argent avec si peu de chances de résultats. Il rappelle que seulement 12% du bassin versant du lac Boivin se trouve sur le territoire de la Ville de Granby. Ses interventions sont donc limitées, calcule-t-il.

M. Bonin se dit pragmatique par rapport au recours à une technologie au lieu d'attaquer directement les problèmes d'apport en phosphore dans le lac. «On a beau chialer contre le passé, on a ce qu'on a, c'est-à-dire un lac artificiel plein de phosphore. Il faut se servir de la technologie et surtout du gros bon sens.»

Les mérites du bateau seront discutés au comité d'environnement de la Ville ainsi qu'avec l'ensemble du conseil, a dit le maire. La Ville, selon lui, pourrait amortir les coûts d'acquisition du bateau en le louant à d'autres municipalités qui ont des problèmes semblables avec leur lac.

Chose certaine, le dossier est passablement avancé. Déjà, la Ville a sollicité l'avis du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques sur l'utilisation d'un tel bateau sur le lac Boivin.

Habituellement frileux lorsqu'il est question d'intervenir dans un cours d'eau, l'organisme étatique s'est montré ouvert, a dit M. Bonin. «Ça nous prendrait un certificat d'autorisation pour faire du faucardage. Mais ce n'est pas vraiment du faucardage. On couperait les plantes aquatiques 50 centimètres sous la surface de l'eau», a-t-il précisé.

Autres mesures

En plus du bateau, la Ville pourrait aménager des barrières à sédiments dans les fossés de routes pour réduire le phosphore qui y circule. L'aménagement de bassins et de marais filtrants est aussi envisagé, a dit M. Bonin. Ces trois solutions sont proposées dans le plan d'action pour l'avenir du lac Boivin. «On devrait y aller avec un budget raisonnable et se donner des objectifs tangibles.»

De petits cours d'eau tributaires du lac Boivin devraient être ciblés pour y aménager ces installations. Le ruisseau Bouchard, qui se trouve près du boulevard David-Bouchard, a déjà été identifié comme étant problématique, a reconnu le maire. Sa charge en phosphore est très élevée. Une intervention de la Ville n'est pas écartée.

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