Cri du coeur des producteurs agricoles

Plus d'un millier de producteurs agricoles ont marché... (photo Cynthia Laflamme)

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Plus d'un millier de producteurs agricoles ont marché dans la rue hier, à Saint-Hyacinthe, pour le maintien intégral du système de gestion de l'offre.

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Saint-Hyacinthe) «Moi ça me tente d'avoir des vaches et des chevaux!», lance Ève Swennen, 5 ans, pédalant sur son petit tracteur rose, entourée de centaines de producteurs agricoles. «Ça prend la gestion de l'offre pour ça...», ajoute sa mère, Michelle Soucy, par-dessus son épaule.

Plus d'un millier de producteurs agricoles ont marché dans la rue hier, à Saint-Hyacinthe, pour le maintien intégral du système de gestion de l'offre. Sans quoi l'instabilité s'installera dans les fermes du Québec, préviennent-ils.

«On les voit déjà, les changements, avec les importations de protéines laitières et de lait différé, souligne Mme Soucy, productrice laitière à Saint-Armand. Ça a fait beaucoup baisser notre prix.»

«Ce qui est vraiment l'enjeu, c'est que M. Harper dit qu'il soutient la gestion de l'offre, il le crie sur les toits, mais il n'y aurait pas autant de gens ici s'ils n'étaient pas inquiets. Ce qu'il faut qu'il dise, c'est qu'il ne faut pas qu'il y ait d'ouverture de marché et il faut qu'il arrête ce qui rentre présentement des États-Unis. Il faut que ça cesse.»

Même si les frontières sont légalement étanches, ce n'est pas le cas sur le terrain, soutiennent plusieurs producteurs de lait de la région.

«Il y a beaucoup de lait qui est transformé et qui arrive des États-Unis, qui entre ici et qui nuit à notre marché, explique Pascal Martin, qui a une ferme laitière à Sainte-Cécile-de-Milton. La brèche est déjà ouverte aux frontières.»

Déjà, lui et ses compères remarquent une baisse du prix du lait, mais les consommateurs ne voient rien de tout cela, selon M. Martin. Même constant pour Éric Beauregard, de Roxton Falls, également vice-président du syndical local de la Rivière-Noire, dans la région d'Acton Vale.

«Les grosses multinationales trouvent le moyen de réussir à contourner toutes les barrières tarifaires en changeant les produits. Là, présentement c'est la protéine laitière qui rentre au niveau des douanes et c'est mis dans nos produits laitiers. Ça vient déstabiliser le système et ça vient baisser nos prix. On a eu des baisses de prix du lait de 8 à 10$ l'hectolitre (NDLR: il y a 100 litres dans un hectolitre). Normalement, dans une ferme laitière, on va tourner autour de 75-80$ l'hectolitre. Pour les entreprises, ça met de l'incertitude et il n'y aura pas d'investissements. Pour la relève, c'est dûr de faire un budget.»

Pas consultés

Les producteurs laitiers, de volailles et d'oeufs, par exemple, ne sont pas consultés dans le cadre des négociations du Partenariat transpacifique, dans lequel l'enjeu de la gestion de l'offre est discuté.

Et pourtant, ils jugent avoir quelque chose à dire. C'est pourquoi les producteurs de la Montérégie se sont réunis hier matin, à Saint-Hyacinthe, pour marcher jusqu'au bureau du candidat conservateur de Saint-Hyacinthe-Bagot, Réjean Léveillé.

Si le marché s'ouvre avec les États-Unis, les producteurs de nos voisins du sud voudront écouler leurs surplus au Canada, ce qui obligera les producteurs d'ici à baisser leur prix de vente du lait aux distributeurs.

«On ne demande rien de plus que ce qu'on a, on ne veut pas de meilleures conditions de travail ou d'augmentations du prix. Ce qu'on veut c'est qu'on ne touche pas à la manière que ça fonctionne présentement, parce que ça fonctionne bien, explique Raoul Henchoz, producteur laitier à Farnham. Les consommateurs ont un produit de très bonne qualité. La qualité va être mise en péril comme les revenus des producteurs.»

Les producteurs croient être mis devant les faits accomplis. Mais M. Henchoz pense que le gouvernement devrait consulter les autres partis en période d'élection pour toute grande décision.

«On n'est pas au courant [des négociations], c'est secret. Le jour où ça sera signé, on verra, renchérit Simon Beaudry. Ça nous concerne, mais on n'est pas vraiment surpris de la part du gouvernement conservateur, qui fait à sa tête et qui revire toutes les bonnes choses faites par le passé.»

«Il y a eu une rumeur qu'ils voulaient ouvrir 10% au marché américain. Ça nous tombe dessus, déplore Mme Soucy. C'est comme tuer l'industrie à petit feu.»

«On a l'impression qu'on n'a pas beaucoup de pouvoir décisionnel, ajoute M. Martin. Le producteur laitier ou agricole n'a pas beaucoup de poids.»

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