Fini le bénévolat pour les éducateurs physiques

Les éducateurs physiques qui oeuvrent auprès des élèves... (photo Alain Dion)

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Les éducateurs physiques qui oeuvrent auprès des élèves du primaire ne veulent plus faire de bénévolat, dans le contexte actuel de négociation. Résultat: les activités parascolaires écoperont, ont annoncé hier le président du SEHY, Éric Bédard, et Ghislain Simard, éducateur physique à l'école Joseph-Poitevin.

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Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est

(Granby) Mécontents de l'état actuel des négociations avec le gouvernement du Québec, les éducateurs physiques des écoles primaires de la commission scolaire du Val-des-Cerfs ont décidé de limiter leur travail aux 32 heures prévues à leur tâche. Résultat: les activités parascolaires écoperont. À commencer par la ligue de minibasket.

«C'est une décision crève-coeur, prise unanimement par les enseignants. Ils n'organiseront plus d'activités à l'extérieur des heures régulières. Ça représente trois, quatre activités par professeur, par année. Tant qu'il n'y aura pas une entente (avec le gouvernement), il n'y en aura plus», a exposé hier lors d'un point de presse le président du Syndicat de l'enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY), Éric Bédard.

Près d'une dizaine d'enseignants d'éducation physique et sportive (EPS) de Granby, Farnham, Bromont, Waterloo, Sainte-Cécile-de-Milton et Dunham étaient présents, l'air grave.

«C'est un cri d'alarme», a lancé Ghislain Simard, éducateur physique à l'école primaire Joseph-Poitevin, à Granby. Celui-ci s'est fait le porte-parole de ses collègues. La décision a été très difficile à prendre, dit-il, puisqu'ils n'ont jamais compté leurs heures.

«La passion est encore là. Mais il y a une limite. Maintenant, on compte notre temps. Et ça ne balance pas», expose M. Simard.

Situation difficile

Dans les circonstances, les 53 enseignants d'EPS de la commission scolaire ont récemment décidé à l'unanimité - sauf deux abstentions - d'abolir la ligue de minibasket cet automne. Celle-ci regroupait 16 équipes, soit environ 175 élèves de cinquième et sixième année. «Sous la forme d'activités parascolaires, la plupart de ces équipes s'entraînaient à raison d'environ deux à quatre heures par semaine, sous la supervision d'éducateurs physiques, d'enseignants et de parents bénévoles», souligne le SEHY par voie de communiqué.

Le tournoi de minibasket n'aura pas lieu non plus. L'an dernier, l'événement avait connu un succès sans précédent avec plus de 60 équipes inscrites, soit plus de 500 élèves de cinquième et sixième année provenant de 23 écoles primaires de la CSVDC.

Ghislain Simard, qui prendra sa retraite au printemps 2016, affirme qu'il s'agit là d'une des situations les plus difficiles de sa carrière. Il n'a pas encore réussi à le dire à ses élèves. «Plusieurs jeunes attendent de jouer au basket depuis la deuxième et la troisième année. Ils ont vu leur frère faire du minibasket. Et c'est maintenant à leur tour d'être dans une équipe», fait-il valoir.

Le «Mois de l'activité physique», proposé par le Réseau du sport étudiant du Québec, ne sera pas souligné non plus. Plusieurs activités étaient organisées durant les heures de cours, mais l'organisation et la coordination de celles-ci étaient essentiellement réalisées de façon bénévole, dit le SEHY.

Pas réaliste

Dorénavant, les enseignants feront en sorte de respecter la tâche de 32 heures de travail, par solidarité envers leurs collègues titulaires et pour signifier la déception qu'ils ressentent au sujet des propositions du gouvernement, disent-ils.

«Les directions d'école ont toujours le loisir d'organiser des activités, mais elles devront les intégrer dans les tâches des enseignants», dit Éric Bédard. «Ce n'est pas un boycott. Mais c'est assez. On ne fait plus de bénévolat. C'est une décision crève-coeur», réitère le président du SEHY.

«Déjà la tâche n'est pas réaliste. Même si j'ai coupé grandement le nombre d'activités, juste la tâche normale ne rentre pas dans les heures», dénonce Chantal Mercier, éducatrice physique à l'école primaire Saint-André, à Granby. «On veut une entente négociée avec le gouvernement. On a bon espoir que ça va aller dans la bonne direction et que les parents vont nous appuyer», renchérit David Dumas, de l'école Assomption, aussi à Granby.

Signe du ras-le-bol des enseignants, Éric Bédard a par ailleurs souligné hier qu'ils devraient faire preuve de «désobéissance» sur les lignes de piquetage aujourd'hui, alors que la commission scolaire leur a donné pour consigne de ne pas manifester sur le terrain des écoles, en cette journée de grève. «Personne ne va défoncer une école avec de la machinerie lourde, mais on va utiliser le stationnement et le terrain des écoles», laisse-t-il savoir.

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